Trophée Jean Prat : Le lion mange le taureau

Publié le 10/06/17

Les Lions de Rouen sont venus à bout des Taureaux de Mâcon sur la pelouse de Charles-Mathon pour s'emparer de l'édition 2017 du Trophée Jean Prat.

Si les trois cars de supporters dépêchés par l'encadrement rouennais pour rallier le Haut-Bugey et soutenir les hommes de Richard Hill dans cette finale du trophée Jean Prat ont semble-t-il fait la différence dans les tribunes, ce sont les coéquipiers de Fabien Vincent, le capitaine et Flanker normand, qui ont su s'imposer sur la pelouse, grâce notamment à deux essais de fort belle facture marqués par les deux ailiers rouennais, Meyer et Villière.

Dès la 6e minute, Zack Henry ouvre le score pour les Rouennais. Il tente une pénalité de 55 mètres face aux poteaux. L'ouvreur gaucher trouve la mire avec facilité (0-3, 7e). Très portés sur les cocottes en ce début de match, le pack mâconnais enclenche la marche avant sur un maul dès la mi-terrain. L'action aboutit sur une offensive en bout de ligne, qui est stoppée illicitement par un défenseur rouennais à 5 mètres de sa ligne, et de la ligne de touche. Debrach transforme (3-3, 14e). Sur le renvoi, les Normands obtiennent une nouvelle pénalité, excentrée, à 30 mètres à droite des poteaux. Rien de bien difficile pour Henry, qui transforme (3-6, 16e). Les Bourguignons multiplient les temps de jeu sur le renvoi, pour aboutir à 15 mètres face aux poteaux adverses. L'endroit choisi par la défense rouennaise pour être prise enfaute (le plaqueur ne relâche pas). Debrach transforme (6-6, 18e). Sur une mêlée à 38 mètres à gauche des poteaux normands, le pilier gauche de Rouen est sanctionné par l'arbitre Jonathan Dufort pour avoir tiré son vis-à-vis vers le bas. La pénalité est transformée par Debrach (9-6, 25e).

Un Villière fidjien !

Les rouages de la machine offensive mâconnaise semblent bien mieux huilés que ceux de la machine rouennaise. Ces derniers tombent trop souvent les ballons alors que le décalage semble être fait. Une tendance qui paraît s'inverser dès la 30e minute. Une attaque rouennaise sur plusieurs temps de jeu aboutit par deux fois à 5 mètres de la ligne bourguignonne. Les Mâconnais réussissent à chaque fois à se dégager. Ils arrivent même à transpercer la ligne de défense adverse par leur demi de mêlée Guilon. Ce dernier s'affale dans les 22 mètres adverses sur une glissade alors qu'il ne restait plus que l'ailier Gabin Villière entre la ligne et lui. Ce dernier récupère instantanément le ballon dans les mains de son adversaire chancelant et lance la contre-attaque dans une défense mâconnaise totalement désorganisée. Un boulevard s'offre à lui, ce dont il profite en tapant loin devant et en récupérant le ballon sans qu'aucun adversaire ne puisse le rattraper et l'empêcher d'aplatir le premier essai de la rencontre. Henry Transforme (9-13, 36e).

Quatre minutes plus tard, une merveille de double sautée sur une attaque en première main rouennaise est vouée à l'en-but par la grâce d'un trois contre un en bout de ligne. Hélas, un en-avant involontaire du dernier défenseur mâconnais sur son placage aboutit à une mêlée, puis une pénalité. Que transforme Zack Henry (9-16, 43e de la première période).

Les mâconnais reviennent du vestiaire avec des intentions, concrétisées par leur ouvreur et capitaine, Debrach (12-16, 42e). Mais sur une succession de temps de jeu lancés par les Rouennais, le ballon aboutit en bout de ligne dans les mains de Meyer, bien servi par un Villière en feu sur un « offload » façon fidjienne. Henry transforme en coin (12-23, 44e). Les esprits, passablement échauffés, finissent par se calmer. Le coaching effectué par Roger Ripol, l'entraîneur bourguignon n'y fera rien. Les Rouennais peuvent exulter et saluer leurs supporters, interdits de pelouse, mais pas de bouclier.

FICHE TECHNIQUE

Samedi 10 juin 2017 à Oyonnax (Stade Charles-Mathon), Stade Rouennais Rugby bat AS Maconnaise 29-15 (mi-temps : 16-9)

Arbitre : Jonathan Dufort (Côte Basque Landes).

Spectateurs : 3.300 environ

AS Maconnaise : 5 pénalités Debrach (13, 18, 25, 42, 50).

Stade Rouennais Rugby : 2 essais Villière (36), Meyer (46), 5 pénalités Henry (6, 16, 40+3, 55, 63), 2 transformations Henry (36, 46).

Carton Jaune : Gidlow (49) pour Rouen

AS MACONNAISE : Achahbar (Paquelet, 67) – Pees, Grimaud (Mathuriau, 67), Omar, Alary – (o) Debrach (cap), (m) Guilon – Masson, Dufour, Aguilar (Ravulo, 73) – Charlon (Pommerel, 46), Briembaut (Salellas, 64) – Kavtidze (Toke, 46), Maisuradze (Carmona, 59), Cobilas (Combier, 46).

STADE ROUENNAIS RUGBY : Milhorat – Meyer (Richardot, 73), Drauniniu, Gidlow (Cozens, 59), Villière – (o) Henry, (m) Nicolas (Bolt, 59) – Dastugue, Vincent (cap), Ellyatt (Takai, 67) – Lointier (Markham, 41), Spencer – Hounkpatin (Boyadjis, 59), Becquet (Seymour, 63), Guion (Clamy Edroux, 73).

RÉACTIONS

Fabien Vincent (capitaine et Flanker du Stade Rouennais Rugby) : « C'est un grand sentiment de fierté pour tout le groupe, qui travaille depuis le mois de juillet dernier, avec une belle victoire au bout. Mâcon est la plus belle équipe qu'on ait rencontré, avec une belle ligne de trois-quarts. Mais il faut que je tire un grand coup de chapeau à notre défense, qui nous a parfois fait défaut durant la saison, mais qui ce soir a été excellente. »

Richard Hill (Manager du Stade Rouennais Rugby et ancien demi de mêlée du XV d'Angleterre) : « On travaille depuis quatre ans que je suis ici, et au total, ça fait huit ans que ce club travaille comme un fou pour développer le rugby dans le nord de la France, particulièrement en Normandie. Cette victoire va faire un bien fou. Surtout pour tous les jeunes qui s'identifient à nos joueurs, car il y en a énormément à Rouen et dans toute la Normandie. Ce n'est pas encore le Top14, mais cela va booster le rugby dans la région. On tente de fédérer les 52 clubs Normands pour s'assurer d'avoir du rugby de haut niveau dans cette magnifique région, dont Gabin Villière est l'exemple type, né, formé et poli en Normandie. Pour ce qui est de cette finale, les Mâconnais nous ont mis beaucoup de pression en première période, mais nous avons su y répondre. Malgré des problèmes de timing dans les passes, on a réussi à marquer ce premier essai, grâce à Gabin, d'ailleurs. Maintenant, l'objectif est de réussir notre mission pour la ProD2, dès la saison prochaine. Douze joueurs de ce groupe vont nous quitter. Un cycle se termine, mais un autre commence. On va recruter 15 nouveaux joueurs, dont treize sont déjà avec nous. Le travail ne fait que commencer.

Jean-Louis Louvel (Président du Stade Rouennais Rugby) : « On a eu un très bon match, avec une très bonne équipe en face. On n'était pas sûr de gagner. Quelques minutes avant le match, j'ai demandé à Richard Hill de dire quelques mots aux joueurs. Pas pour leur mettre la pression, non, au contraire, pour leur en enlever. Je leur ai dit que le contrat de nous emmener en finale avait été rempli. Je les ai remercié. Et je leur ai dit que le match leur appartenait. Qu'ils avaient parfaitement le droit d'échouer, si en contrepartie ils donnaient tout. Le but était qu'ils évacuent la pression. Apparemment, ça a bien marché (rires). Je suis fier que le petit Gabin (Villière) ait brillé comme ça. Vous savez, des clubs du Top14 ont tenté de nous l'arracher, mais il nous est resté fidèle. Cela montre qu'il a confiance dans le projet. Cela marque l'engagement total des joueurs pour ce club. Je voulais qu'il n'y ait pas d'ambiguïté dans la victoire. Le contrat est rempli. L'objectif dorénavant est de se concentrer sur le recrutement pour la saison prochaine, où on va jouer la montée en ProD2. On aura 35 joueurs sous contrat au lieu de 28. Et je pense qu'on peut le faire en une année. Vous savez, le rugby français est originaire de Normandie. Il est normal qu'on veuille le mettre en valeur chez nous. Je crois qu'on y est bien arrivé aujourd'hui. Ce n'est que le début ! (rires). »

Ioan Debrach (Capitaine de l'AS Mâconnaise) : « Un peu de regrets, forcément, parce qu'on est compétiteurs. On a fait face à une belle équipe de Rouen, qui a fait ce qu'il fallait pour gagner. Le contre qu'ils nous mettent sur le premier essai nous a tué. Car on était sur une bonne dynamique, pendant un moment important, où on est en train de prendre un tout petit peu le dessus. Malgré tout, on tourne à la mi-temps pas si loin que cela. On revient après la pause et on marque les premiers, mais il faut dire que nos petites erreurs nous ont beaucoup coûté. Des erreurs qu'on ne fait pas d'habitude, dues peut-être à la pression. Ma réussite au pied (il a transformé les 5 pénalités qu'il a tentées) n'y a rien fait. Ce qu'il nous a manqué, c'est de franchir leur rideau défensif compact. Ils ont fait un gros boulot en défense, et en attaque, ils se sont nourris de nos erreurs. Tant pis. Maintenant, on va décompresser avec quelques bières, prendre des vacances. Puis l'entraînement reprend le 10 juillet ! »

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