Le Rugby à 7, c’est ... : Les joueu(ses)rs

Publié le 14/12/15

2016 sera l’année du rugby à 7, zoom sur la préparation, les postes et les qualités nécessaires pour cette pratique.

La préparation et l’entraînement

Préparer un joueur pour une saison de haut niveau à 7 présente des spécificités, aussi bien techniques que physiques. Le jeu réclame des efforts que l’on ne retrouve pas à XV puisque les « septistes » évoluent sur le même terrain en étant deux fois moins nombreux… En compagnie de Frédéric Pomarel et Julien Robineau, entraîneur et préparateur physique de France 7, voici un tour d’horizon.

LES EXIGENCES
Le « septiste » est avant tout un rugbyman ; on retrouve donc dans son travail de nombreuses bases communes avec celle du quinziste. Le 7 peut toutefois être considéré comme de « l’hyper rugby ». Tout y est extrême. Les exigences portent sur trois aspects : puissance, vitesse, répétition de tâches parfois contradictoires (course et combat par exemple) dans un délais réduit et, surtout, à très forte intensité.
Une séance d’entraînement à 7 de haut niveau se présente ainsi :

  • 15 à 20 heures d’entraînement hebdomadaire, réparties sur douze à quatorze séances (pratiques de rugby et de préparation physique cumulées).
  • 25 à 30 kilomètres de course parcourus en majeure partie à haute vitesse. 
  • Des séances énergétiques supplémentaires à réaliser sur un vélo.

LA TECHNIQUE
Le rugby à 7 nécessite une multitude de qualités techniques. Dès l’échauffement, l’accent est mis sur le travail d’appuis et celui de manipulation du ballon. L’idéal étant de composer des exercices où l’on parvient à mêler les deux. Le 7 permet surtout de se livrer à un travail que les quinzistes n’ont guère le temps de réaliser en cours de saison, en proposant des ateliers techniques sur des points précis.
Quatre éléments constituent des priorités : la passe, les attitudes et techniques au contact, le jeu au pied et le domaine aérien.

  • La passe : à travailler sous toutes ses formes et dans toutes les situations avec une spécificité : la passe longue, jusqu’à vingt mètres. Le « septiste » doit donc revoir ses gammes fréquemment et maîtriser sa technique de passe, notamment à longue distance, et cela des deux côtés.
  • Les techniques et attitudes au contact : régulièrement travaillées, d’autant que l’arbitrage ne supporte aucune approximation, sous peine de sanction. Tout le répertoire du jeu au contact et le travail technique sur les attitudes idoines sont donc au menu de l’entraînement.
  • Le jeu au pied : un travail régulier et d’une précision d’orfèvre. Si le jeu au pied d’occupation n’existe quasiment pas, les buteurs doivent être précis et les renvois sont d’une grande importance. Tout le jeu au pied se réalise en drop et chaque exercice nécessite un timing parfait entre botteur et sauteur, aussi bien sur la longueur du coup de pied que sur son timing, la durée de suspension étant chronométrée au dixième de seconde.
  • Le jeu aérien : travail de saut et de réception à partir d’un bloc unique, l’aérien est devenue une priorité. « Nous souffrons de notre tradition de lancement de jeu, qui s’effectue sur le mode terrien. Les Fidjiens, eux, lancent leur jeu à base d’entre-deux et ce sont eux les plus forts sur ce jeu aérien », souligne Frédéric Pomarel.

Tout ce travail technique peut aussi s’effectuer en fin de séance, donc en état de fatigue, afin de simuler les situations rencontrées en cours de match.

LE PHYSIQUE

La différence majeure avec les quinzistes se situe au niveau de la dimension lactique de l’entraînement des joueurs de 7. Alors que la distance parcourue à haute intensité au cours d’un match représente de 5 à 15% du temps de jeu à XV, cette moyenne grimpe à 30 à 40% à 7. Là où les sprints courts (inférieurs à 20 m) sont très nombreux à XV, les plus longs excédant rarement 40 mètres, le 7 offre de nombreux sprints longs (de 40 à 100 m). Conséquence lors des entraînements, des répétitions de 200 à 400 mètres au programme, avec quatre à huit efforts à réaliser à forte intensité et un minimum de récupération (de deux à quatre mn).
Autre exemple du niveau lactique des exercices : alors que les quinzistes effectuent un effort intense toutes les 60 à 80 secondes, les « septistes » en fournissent un (sprint, plaquage, poussée, saut) toutes les vingt secondes ! Conséquence, un circuit de tâches à réaliser à forte intensité, au cours duquel il faut pouvoir enchaîner et mener à bien l’ensemble de ces tâches en un temps réduit.
Selon Julien Robineau, le préparateur physique de France 7 : « Pour répondre à l’exigence d’un tournoi à 7 de haut niveau, un quinziste devra effectuer une préparation spécifique de six à huit semaines s’il veut être performant. »

France 7

Les postes et les numéros

Le jeu au poste à 7 se retrouve essentiellement sur les phases statiques. En compagnie de Frédéric Pomarel, entraîneur de l’équipe de France masculine, nous présentons les différents postes dévolus au sein de chaque équipe, avec le numéro correspondant.

N°1 : LE PILIER GAUCHE (J. Laugel ou S. Valleau)
Comme au XV, il occupe le côté gauche de la mêlée, la tête dehors. Chargé d’assurer la conquête du ballon sur ces mêlées. On réserve le poste à un joueur plutôt grand, doté d’un potentiel force et détente. Le plus souvent, il officie aussi comme sauteur, aussi bien sur les touches que sur les renvois. A XV, il présenterait le profil d’un « deuxième ligne » ou « troisième ligne centre » aérien.

N°2 : LE TALONNEUR (D. Cler, M. Dall’Igna, A. Gracbling, P.G. Lakafia, S. Valleau)
Joueur très complet et capable de s’adapter à toutes les tâches. Exemple : sur les mêlées fermées où il doit être capable de passer en une fraction de seconde de son rôle de talonneur à celui de demi d’ouverture lorsqu’il se replie ! Puissant, c’est un pilier droit qui cavale beaucoup plus. Lifteur sur tout le jeu aérien. A XV, il présenterait le profil du talonneur, pilier ou troisième ligne coureur.

N°3 : LE PILIER DROIT (D. Cler, M. Dall’Igna, A. Gracbling, P.G. Lakafia, J.B. Mazoué)
Plus massif que son homologue à gauche. La dominante force qui le caractérise le conduit à produire des efforts plus importants en mêlée fermée. Souvent utilisé comme lifteur sur les phases aériennes. Compétent sur les tâches ingrates du combat au sol. Utilisé en pénétration dans le jeu, sur des courses rentrantes ou axiales. A XV, il présenterait le profil du pilier ou troisième ligne gratteur.

N°4 : LE DEMI DE MELEE (T. Bouhraoua, J. Candelon, V. Inigo, S. Parez)
Il introduit le ballon en mêlée et assume la charge du lancer en touche. Relayeur sur toutes les phases statiques, il est au départ de tous les lancements des actions à partir des mêlées, touches ou renvois. Assume également le rôle du libéro qui assure la couverture profonde du terrain. A XV, il présenterait le profil du demi de mêlée.

N°5 : L’OUVREUR (J. Aicardi, V. Inigo, S. Parez)
Premier attaquant de ligne des trois-quarts. Il est chargé d’impulser la dynamique du mouvement à l’issue des phases statiques. Egalement responsable, en général, du jeu au pied, non pas d’occupation du terrain comme le plus souvent à XV, mais de récupération à partir des renvois. A XV, il présenterait le profil du demi d’ouverture ou premier centre.

N°6 : LE CENTRE (J. Aicardi, S. Barry, V. Inigo)
Deuxième attaquant de la ligne de trois-quarts. Aussi perforateur qu’il doit être passeur. Chargé de déplacer le ballon, il doit prendre beaucoup de décisions. Toujours au milieu de la ligne, il est la clé de voûte du système défensif. Génère beaucoup de duels, défensif comme offensif, autour de lui. A XV, il présenterait le profil du centre.

N°7 : L’AILIER (J. Candelon, P.G. Lakafia, V. Vakatawa)
Troisième attaquant parmi les trois-quarts, c’est le joueur qui évolue en bout de ligne. Ne la quitte pas, notamment sur les phases statiques comme les mêlées fermées ou les touches. Finisseur dans l’âme, il doit aussi être capable d’assumer le rôle dit du libéro et pouvoir assurer la couverture arrière sur certaines phases de jeu. A XV, il présenterait le profil de l’ailier-arrière.

Les rôles et les qualités spécifiques au 7

Le 7 est d’abord un jeu d’hyper polyvalence. Le joueur idéal est celui capable d’assumer toutes les tâches, mais le joueur de rugby à 7 doit répondre à trois qualités incontournables : la vitesse, la capacité à enchaîner des tâches aussi différentes que courses et combats, enfin la capacité à répéter des efforts lactiques et fractionnés.
Chaque profil défini ici par Frédéric Pomarel, l’entraîneur de l’équipe de France masculine, ne correspond pas nécessairement à un poste spécifique. Ces sept profils-types, définis par des qualificatifs choisis à dessein, constituent les membres d’une équipe idéale à 7. Nous indiquons néanmoins les postes où ils évoluent le plus souvent.

L’AERIEN
On a toujours besoin d’un joueur grand, longiligne, très coordonné sur les luttes aériennes. Ce joueur doit également être en mesure d’enchaîner courses et sauts. C’est l’aérien que l’on retrouve le plus régulièrement dans le rôle du pilier gauche.

L’INSATIABLE
Gros cavaleur, capable de courir vite et longtemps. Il a du coffre car il doit en permanence coller au ballon. Très réactif sur les phases statiques, très actif partout ailleurs. C’est en général le talonneur idéal pour une équipe de 7.

LA POUTRE
Appelé à caler la mêlée fermée, c’est le puissant par excellence de l’équipe. Terrien, car fort sur le jeu au sol, il sera efficace sur les étayages. Point d’ancrage, il dénotera par sa force de rein. Lifteur à répétition aussi. Même à lui, il sera demandé d’être rapide, condition sine qua non pour jouer à 7 où la lenteur est un défaut quasi rédhibitoire. Plutôt le pilier droit de l’équipe.

LE MAGICIEN
L’électron libre. C’est en quelque sorte le fou du roi sur un terrain de 7. Il se multiplie à plusieurs endroits du terrain, crée du désordre, tout en étant performant au duel. Il apporte donc la folie et bénéficie d’une grande liberté dans ses choix de jeu. Très fort aussi sur les appuis et capable d’apporter le soutien le cas échéant. C’est souvent le demi de mêlée.

LE CHEF D’ORCHESTRE
Animateur de jeu, c’est avant tout un stratège. Régulateur, c’est lui qui donne le tempo au match. Doit être lucide, intelligent et doté de solides qualités techniques. Très bon passeur à la main exigé, mais au pied tout autant. C’est souvent l’ouvreur de l’équipe.

LE PREDATEUR
Un joueur qui se doit d’être à la fois instinctif et rapide. Un mental qui le rend capable de prendre des décisions importantes dans le courant du match, tout en sachant se montrer féroce en défense. Un « killer », capable de tuer beaucoup d’actions, aussi de franchir les lignes en situation offensive grâce à beaucoup de vitesse. Plutôt au centre.

LA FLECHE
Le finisseur à la base, avec un potentiel de joueur rapide, à la vitesse extrême. Capable de finir les coups mais pas seulement. Il doit aussi pouvoir répéter les sprints longs.

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