Formation : Le CEL, ça peut rapporter gros…

Publié le 10/01/17

Dans la famille « sport-études », découvrez le Centre d’entraînement labellisé, un type de structure qui compte actuellement 31 unités sur le territoire national. Visite au CEL de Niort, en Poitou-Charentes, qui prépare des joueurs aussi bien pour les clubs pro, via leurs centres de formation, les équipes de France jeunes et même le Pôle France... Tout en assurant le cursus scolaire.

Flashback sur une journée de compétition Taddéi, il y a une dizaine d’années. Deux « Béarnais » viennent saluer les copains de Poitou-Charentes, leur terre d’origine. Deux exilés ovales parmi tant d’autres auparavant. « Ce jour-là, je me suis dit qu’il faudrait mettre en place un centre de formation régional afin de ne plus retrouver nos jeunes espoirs dans les sélections adverses », se souvient Bernard Rebeyrol, actuel président du comité territorial.
L’idée a rapidement fait son chemin car le rugby français investissait alors sur le CEL, c’est à dire le Centre d’entraînement labellisé. Illustration avec le pôle picto-charentais, ouvert en 2009 au sein du lycée Paul Guérin de Niort. « La structure est pérenne et vit bien car une relation de confiance s’est installée entre les différents acteurs. Nous ne dédaignons pas non plus notre association avec un sport comme le rugby qui correspond à nos valeurs », explique le proviseur du lycée, Gérard Grether.

Les résultats, sportifs mais aussi scolaires, sont tellement bons que plus de 92% des pensionnaires du centre ont obtenu leur bac, atteignant même les 100% sur deux des trois dernières années. Le CEL de Niort (ou PER pour Pôle d’entraînement régional) accueille une trentaine de jeunes, sélection opérée à partir des U15 et réalisée en trois temps, avec une journée de détection dont le succès ne se dément pas, la mise en situation lors du tournoi Lloza du Grand Ouest, avant l’examen final de la commission scolaire. Les heureux élus rejoignent alors l’internat du lycée niortais, lequel offre toute possibilité d’orientation scolaire (filière générale, professionnelle ou technologique) et une structure sportive opérationnelle comprenant le terrain en gazon situé au cœur de l’établissement, un gymnase mitoyen équipé d’une salle de musculation, des vestiaires attenants et un local en forme de QG avec vue sur l’aire de jeu.

Au menu hebdomadaire des pensionnaires, quatre entraînements par semaine (du lundi au jeudi), soit de huit à dix heures de rugby, avec une formation individualisée pour chaque joueur. « Notre mission consiste à élargir le panel des compétences. On renforce les points forts et on corrige les points faibles de chacun », souligne Sébastien Peyrot, cadre technique régional et responsable sportif du CEL niortais, épaulé dans sa tâche par deux autres techniciens (Olivier Lièvremont et Willy Talbot), un préparateur physique (Benjamin Blot), une équipe médicale, sans oublier le coordonnateur scolaire et prof d’EPS, Hervé Botté.

Un dispositif qui a fait ses preuves, optimisant le potentiel de ces talents appelés à irriguer les clubs du comité, quand il ne s’agit pas, pour certains, de performer au-delà des prévisions. Trois joueurs évoluent en effet à l’échelon professionnel (Top 14 ou Pro D2), autant ont été sélectionnés en équipes de France de jeunes, un pensionnaire a même rejoint le Pôle France (Yohan Le Bourhis), sans oublier ceux qui ont intégré un centre de formation professionnel, notamment celui du club phare territorial, le Stade Rochelais. Joli tour de force que d’avoir convaincu tous les clubs du comité du bien-fondé de la structure, des pros (La Rochelle ou Soyaux-Angoulême) aux amateurs, via les équipes de fédérales.

« Notre structure permet d’améliorer la qualité de la formation », avance Stéphane Peyrot, ravi de voir le Stade Rochelais jouer le jeu et envoyer ses jeunes pousses passer un cap à Niort. Pour les clubs amateurs, Bernard Rebeyrol souligne « la disparition du pillage des petits par les grands ». Fin du recrutement sauvage et « mise en place d’une charte de détection », précise le président du comité territorial. En cours de formation, selon l’évolution sportive de chaque joueur, mutation possible vers un club du comité conforme à son niveau de compétition. « Grâce à notre pôle, nous fidélisons davantage qu’avant, nous inculquons aussi à nos jeunes la culture du rugby en Poitou-Charentes, mais surtout, nous nous attachons à faire d’eux des rugbymen citoyens », insiste de son côté Bernard Delage, élu en charge du CEL. « Si notre approche se veut scolaire et sportive, elle est aussi sociétale. Nos attentes portent donc sur le comportement, le respect et la tolérance », ajoute-t-il.

Le CEL s’enrichit enfin d’une « coquetterie » dont il peut s’enorgueillir, avec une antenne de formation réservée à de jeunes arbitres. Un élément d’avenir par génération intègre ainsi le pôle où il suit une formation pointue et personnalisée, sous la responsabilité d’un référent fédéral du cru, Antoine Leroy. « Une initiative qui permet de considérer le directeur de jeu comme un partenaire et non comme un décideur », souligne Bernard Delage. La formule du CEL a fait ses preuves et ne demande qu’à se renforcer, le président du comité souhaitant apporter toujours plus de compétences à ses pensionnaires. « En invitant, par exemple, un panel d’entraîneurs ou de joueurs de référence, actuels ou passés, à l’image de l’ancien international Gérald Merceron, transmettre leurs compétences. »

Une preuve ultime que l’investissement du rugby français dans un CEL peut finalement rapporter gros.

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