Du neuf pour les Académies

Publié le 06/02/18

Les 14 Pôles Espoirs actuels céderont bientôt la place à 25 Académies pour un maillage beaucoup plus serré et efficace de la formation des jeunes de haut niveau.

Mi-janvier, Philippe Rougé-Thomas, Directeur de la Formation, a bouclé son baluchon et débuté un grand tour de France des futures Académies qui remplaceront à terme les Pôles Espoirs. Pour quels changements en profondeur ? Le nombre, déjà. Elles seront vingt-cinq, contre quatorze aujourd’hui. « Il y a tout un maillage à reconstruire, du petit au gros club. Comme dans tout chantier, la rénovation est plus compliquée que la construction. C’est une simple mutation des Pôles, pour plus de proximité. Si le principe du contrôle du haut niveau sera le même, le joueur pourra dorénavant s’entraîner avec son équipe de club », appuie l’ancien demi d’ouverture du Stade toulousain.

Il image la nécessité de ce changement par un exemple concret : « Un joueur du Pôle de Tours qui joue à Vannes pouvait, le week-end, descendre jouer jusqu’à Biarritz le samedi pour revenir à Tours le dimanche soir. Ce n’était plus possible. » Un changement primordial pour le Directeur technique national, Didier Retière : « Les clubs avaient la sensation que les joueurs de Pôle Espoirs ne s’entraînaient jamais avec eux. La Fédé avait, elle, l’impression que les clubs n’intégraient pas les joueurs dans leur dynamique. Et le joueur était entre les deux et ne savait pas quoi faire ! Plutôt que de créer une synergie, ce fut le contraire. C’était perdant-perdant. Cette page est tournée. On a tous intérêt à regarder ce qui nous rassemble, plutôt que ce qui nous sépare. »

La proximité avec les clubs est le nouveau mot-clé, encore et toujours au cœur de la grande réforme du rugby français... Celle de la formation du haut niveau n’y échappe pas. Didier Retière synthétise l’objectif final de cette action : « On a la volonté de remettre en œuvre une formation française, LA formation française. Un projet commun partagé entre la Fédération et les clubs. » La première étape, à savoir la décentralisation des Pôles France dans les clubs, est déjà engagée. La seconde phase sera, elle, lancée en septembre avec l’ouverture d’une quinzaine d’Académies. « Le reste se fera en cours d’année. Aucun chiffre n’est arrêté. On ne se met pas de limites, on verra au gré des clubs, de ce qu’on va trouver sur les territoires. S’il en faut cinq de plus, on le fera, au coup par coup », révèle Philippe Rougé-Thomas.

L’autre grande nouveauté sera la mixité de toutes les Académies, une vraie rareté dans les Pôles Espoirs actuels, trop souvent exclusivement unisexes. Réservées à une catégorie d’âge qui aborde le dernier virage avant le bac et les études supérieures, les Académies seront à l’écoute des desiderata de l’Éducation nationale. « La structure d’entraînement sera implantée en milieu scolaire, avec aménagements des horaires, pour porter, au mieux le double, voire le triple projet de chaque élève (scolaire, personnel et sportif) », décrypte Didier Retière.

Quel sera l’agenda des futurs membres de cette Académie ? Quels seront les changements de fonctionnement par rapport aux Pôles Espoirs ? Didier Retière précise. « Ils s’entraîneront individuellement à l’Académie, pour se préparer au haut niveau sur le long terme. S’ils pourront toujours s’entraîner normalement en club avec leurs copains, ce qu’ils vont y faire doit être intégré dans le cadre de leur formation. Pour qu’il y ait synergie, il faut que le jeu produit dans les clubs corresponde à ce qui est attendu dans la formation des joueurs de haut niveau. On veut créer ce terreau commun. »

Et chaque bassin possède ses problématiques propres. « On a besoin de plus d’uniformisation pour le haut niveau que dans le développement des clubs, qui se gère davantage au cas par cas », précise Philippe Rougé-Thomas. Son premier déplacement l’a emmené à La Rochelle et à Vannes, deux clubs qui accueilleront une de ces Académies, mais qui ne possèdent pas les mêmes particularités. « À La Rochelle, il y a un centre exceptionnel de perfectionnement, tout beau tout neuf. À Vannes, il y a moins de moyens, mais autant de passion. Les collectivités locales sont à l’appui », souligne le Directeur de la Formation. Pendant deux mois, il va sillonner le pays pour rencontrer toutes les nouvelles Ligues et faire un audit général de la situation. « L’enjeu, insiste Didier Retière, est de recréer une formation à la française. On a été au bout de l’individualisme, du régionalisme. Il faut désormais retrouver l’état d’esprit du jeu à la française, dur et engagé, mais également conçu sur des prises d’initiative. Ça se met en place. C’est une nouvelle philosophie qui sera gagnant-gagnant pour tout le monde, joueurs, clubs et Fédération. »

Tous attendent avec impatience l’ouverture officielle des portes des premières Académies, dès septembre. Il faudra patienter un peu plus pour récolter le niveau de performance accru de toutes les équipes de France, fruit le plus savoureux de cette mesure.

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