Cohésion sociale : Le bonheur est dans le pré

Publié le 09/01/17

Comment un petit club isérois, l’US Jarrie-Champ, en grande difficulté il y a une dizaine d’année, s’est redonné une âme, un sourire et une vie florissante en se lançant dans une activité à caractère sociétal : public handicapé, milieu scolaire, population féminine et jeunes en voie d’insertion. Notre récit en périphérie de Grenoble.

C’est quand le bonheur ? Ou plutôt, c’est quoi ? C’est peut-être, et même sûrement, cette myriade de sourires qui caractérisent le moindre acteur du rugby alpin de l’Union Sportive Jarrie-Champ. Du minot de l’école de rugby au président, en passant par l’éducateur, le dirigeant, le service civique ou le joueur. Homme ou femme, bénévole ou salarié, graviter dans la sphère ovale de l’USJC suffit visiblement à vous gratifier d’un sourire congénital. C’est beau le bonheur. C’est aussi et surtout à la portée de tous, même des plus démunis.

Il y a moins de dix ans, le rugby de ces deux communes proches de Grenoble (Jarrie et Champ sur Drac, séparés par la rivière Romanche pour 7.500 habitants cumulés) souffrait en silence et périclitait. Effectif en berne, projet de club en sommeil avec une interrogation récurrente : « Qu’est-ce qu’on va devenir ? » « Nous devions définir nos objectifs, nous donner une vision de notre avenir, assurer la pérennité du club, ne plus vivre au jour le jour », argumente le président, Lionel Baldasso. Vaste ambition que cette recherche de sens et de quête du bonheur, initiée de manière impromptue et sans stratégie. « Ma femme étant psychomotricienne, on a commencé par proposer des séances de rugby à des patients », raconte le président. La thérapie via le ballon ovale, suffisant pour révéler la voie du club isérois : le rugby citoyen.

Depuis lors, méthodiquement, l’USJC tisse sa toile et développe, au fil des années, une multitude d’actions à caractère sociétal. Au cœur de la démarche, le sport adapté, le club organisant depuis 2010 des séances d’initiation en direction d’un public victime de handicap. Des collaborations menées avec divers réseaux (ANAIS, l’ARIST, l’AFIPAIEM, le CDSA 38), soit une cinquantaine de séances dispensées, chaque année, à plusieurs dizaines de personnes découvrant l’activité ovale et les valeurs qu’elle véhicule. Sans oublier l’intégration de quatre autistes à l’école de rugby ces dernières années « car nous n’excluons personne », insiste le président.

Le projet de club se décline en priorités hiérarchisées : les actions sociétales d’abord mais aussi l’autonomie de l’école de rugby, érigée en règle d’or. Les résultats de l’équipe première viennent en dernier, le club évoluant toujours en Honneur mais privilégiant la présence sur le terrain des jeunes pousses formées au club.

Deuxième axe majeur, le milieu scolaire. Depuis six ans, le club organise des cycles d’apprentissage du rugby, rayonnant aujourd’hui sur six communes, soit dix-sept classes de primaire et près de 450 enfants, la saison se finissant par un tournoi rassemblant l’ensemble des participants. Depuis 2013, le club intervient également au collège du Clos-Jouvin de Jarrie, via la relance d’une AS rugby dans deux catégories d’âge (moins de 13 et moins de 15 ans).
Troisième axe de développement auprès des féminines, avec une offensive menée dès le collège et la naissance, en 2014, d’une section de rugby à 5, qui regroupe déjà 34 licenciées. Une activité tous azimuts qui se poursuit encore depuis le début de saison. Le club alpin ouvre ainsi, chaque mercredi, son « foyer », c’est-à-dire l’accueil de ses jeunes licenciés, entre 11h30 et 17h30, avec la possibilité offerte de conjuguer activités ludiques et aide au devoir. Sans oublier le partenariat passé avec un organisme de réinsertion de jeunes déscolarisés.

Autant d’actions qui ne pourraient être menées sans un dispositif humain assumé entièrement par le club, la vocation de cohésion sociale ayant permis de créer trois emplois à plein temps (éducateurs sportifs oeuvrant aussi bien sur les actions sociétales qu’à l’école de rugby ou même à l’entraînement de l’équipe première, concernant Benjamin Perrier et Régis Haettel), sans oublier quatre services civiques fédéraux.

Un dispositif « tentaculaire » pour incarner le projet d’un club qui obtient la reconnaissance de collectivités diverses et d’un éventail de partenaires. Un rayonnement qui contribue à alimenter le budget (290.000 euros) d’un club aux priorités hiérarchisées : les actions sociétales d’abord mais aussi l’autonomie érigée en règle d’or de l’école de rugby. Le club compte ainsi 320 licenciés et près de trente éducateurs contre une centaine de licenciés et huit éducateurs à la veille du virage « citoyen » décrété par l’USJC. Les résultats de l’équipe première viennent en dernier dans l’ordre des priorités, le club évoluant toujours en honneur mais privilégiant la présence sur le terrain des pousses formées au club. Et vu l’époque actuelle, qu’il s’agisse de professionnels ou d’amateurs, c’est aussi, un acte ovale citoyen…

C’est quand et quoi, le bonheur ? Peut être le chemin emprunté au quotidien par l’USJC. A la portée de beaucoup d’autres clubs de l’Hexagone en mal d’identité.

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