Direction Sportive : La Science au soutien

Publié le 18/04/18

La technologie est au quotidien au service du rugby dans ce département de Recherche et Développement de la FFR qui profite autant aux équipes de France qu’au rugby amateur.

C’est une cellule à laquelle on ne peut plus échapper. Elle est composée de capteurs, de GPS, d’écrans, de simulateurs et d’une dizaine de collaborateurs et analystes 3.0.

Le rugby fédéral a entamé sa mue technologique à son arrivée à Marcoussis, en 2002, avec la création de ce département. À sa tête depuis une décennie, Julien Piscione, bientôt 40 ans : « Notre rôle est d’accompagnerles équipes de France et les structuresde la filière de formation sur l’optimisationde la performance. On doit répondreà des problématiques précisessoulevées par les entraîneurs. Il fautêtre innovant, mais aussi essayer dedevancer la concurrence, d’anticiper,d’être en veille permanente sur lesdernières avancées technologiques ouméthodologiques. »

Didier Retière, Directeur technique national, est, lui, à l’origine du projet. « À l’époque,des chercheurs nous proposaientleurs études, mais leur intérêt étaitlimité. Nous avons donc inverséles choses ; nous sommes partisde nos besoins pour pouvoir réinvestirles résultats sur le terrain. »

La première mission du département a concerné les blessures cervicales graves, fléau du rugby, notamment au niveau amateur. « Preuvesscientifiques à l’appui, on a préconiséun impact réduit lors de l’entrée enmêlée. L’effet a été significatif etinstantané ; les blessures cervicalesont baissé et la règle a changé », se satisfait Julien Piscione, qui a écrit sa thèse de doctorat sur le sujet. Il ne disposait alors pas encore du simulateur de mêlée, sa fierté, une pièce unique au monde qui fait souffrir tous les pensionnaires du CNR depuis 2010.

Celle qui héberge le caisson de cryothérapie est également redoutée par de nombreux joueurs. Ses -110°, qui font râler les plus frileux, sont idéaux pour la récupération. « Certains ont du mal, d’autresl’ont intégré. Les bénéfices apportésnotamment sur la capacité d’endormissementne sont pas contestables », valide le directeur du département.

Sciences au soutien 1

Si Julien Piscione a la bosse des maths et des sciences, les joueurs ont en une dans le dos. Depuis une bonne décennie maintenant, pas une sortie de vestiaire ne se fait sans un système GPS sous le maillot. « Ça s’est énormémentdémocratisé. Il y a dix ans, le challengeétait d’avoir des données sur le terrain.Aujourd’hui, c’est d’exploiterles données recueillies de la façon la plus rapide et pertinente. » L’équipe de Julien, qui dispose d’une vue plongeante sur le terrain synthétique couvert du CNR, suit les entraînements du XV de France le regard vissé sur un ordinateur, les données défilant en direct : distance totale parcourue, relative et par seuil de vitesse, rythme cardiaque… « On peut savoir s’ils ontatteint les objectifs de laséance, collectivement etindividuellement », précise le Responsable recherche de la FFR.

La finalité de ce travail ? Aider celui des staffs de toutes les équipes de France. Après avoir synthétisé les données recueillies, Julien Piscione les livre aux entraîneurs sur une plateforme commune. « Onveut apporter la bonne technologie,les bonnes grilles d’analyse. Si unentraîneur a besoin de trancher entre deux joueurs, nos données peuventêtre un des faisceaux de sa prisede décision. »

Avant chaque match international, l’équipe recherche et développement définit la régulation de la semaine précédente, de la charge de travail aux objectifs définis sur chaque séance. Une simple prise de sang permet d’évaluer le niveau de fatigue des joueurs dès le lendemain, afin d’améliorer les protocoles de récupération.

L’éventail des interventions du département ne se cantonne pas aux seules équipes de France. De nombreuses études sont menées sur les écoles de rugby et le rugby amateur autour des sources de motivation, du phénomène d’abandon de la discipline, des différentes formes de jeu, y compris celles émergentes du 5 en tant que Sport-Santé. La prévention des blessures et les protocoles de retour à la compétition sont également au menu de Julien Piscione et de son équipe. Il espère que la prochaine étape impliquera la réalité virtuelle, pour mieux appréhender l’approche émotionnelle du joueur. Preuve que la science n’est pas que physique.

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