Lina Guérin ou la nuit au Musée

Publié le 11/07/16

Loin du pré où elle rêve de conquérir une médaille olympique, Lina Guérin cultive une autre passion, pour les grands maîtres de la peinture. Son préféré, le Catalan Joan Miro qu’elle chérit pour « l’explosion des couleurs ». Son rêve, passer une nuit au Louvre, en tête à tête avec la Joconde, ou au musée d’Orsay avec les Impressionnistes. Au retour de Rio…

Quand le copain de Lina Guérin veut lui plaire, il passe en scooter devant le Louvre. Le Louvre… « J’aimerais y passer la nuit », avoue Lina, plus pétillante que jamais. Ne serait-ce que pour admirer « La Joconde », tranquillement. « Je ne l’ai vue qu’une fois, sinon il y a trop de monde », regrette-t-elle.

Vous l’aurez compris, la joueuse de 7 s’échappe parfois du pré, l’art et notamment la peinture occupant une place importante dans sa vie. Même si cette année « avec les Jeux, les voyages, je n’ai plus le temps d’aller au musée et je ne me suis même pas inscrite en fac », avoue-t-elle, penaude. Titulaire d’une licence de droit, elle poursuit ses études et envisage de reprendre sa licence en histoire de l’art, à la Sorbonne, la saison prochaine. « Le droit me plaisait, l’art me passionne ; autant conjuguer les deux, en espérant devenir commissaire-priseur », annonce Lina avec envie.

Cet amour des arts, elle le tient de ses parents et d’une éducation. « Petite, à la maison, j’avais un mur où je pouvais m’exprimer », se souvient-elle. Elle n’y dessinait pas de ballons ovales. En revanche, sa mère a commencé à lui faire visiter les églises, les musées. « Elle me racontait l’histoire des tableaux », rappelle Lina avec tendresse.

Baignant dans une atmosphère artistique, elle s’y est immergée, quitte à sécher des cours pour une expo ou un musée. Jusqu’à Madrid, où elle a passé six mois après le bac, avec deux points de chute incontournables, les musées du Prado et Thyssen-Bornemisza. L’Espagne, pays d’origine de son peintre fétiche, le Catalan Joan Miro, qu’elle décrit ainsi : « Un artiste à la portée de tout le monde. Il faut voir ses œuvres puis les revoir pour mieux comprendre. Ce qui me plait avec lui, c’est l’explosion des couleurs. »

Explosion de couleurs et d’émotions

Son visage s’illumine à l’évocation de ses artistes favoris. Elle fait la moue en évoquant les natures mortes ou le réalisme sombre des Flandriens « mais les peintres classiques sont les plus intéressants à étudier. Le tableau qui m’a le plus marqué, c’est Les Epoux de Van Eyck*. Il y a tellement de choses à savoir, à comprendre, à expliquer ; c’est génial. » Elle pourrait parler pendant des heures de peinture, du Louvre, d’Orsay et de sa collection d’impressionnistes, « mon musée préféré » avoue Lina, qui vit près de ces deux galeries.

On est loin du rugby qu’elle a commencé pour s’amuser avec les copines et partager les troisièmes mi-temps en chantant. L’autre versant de cette surprenante experte d’art, aux goûts éclectiques. « J’aime aussi beaucoup les expos, ça va de Man Ray à une histoire des cheveux dans les sociétés à travers le monde… »
Pour l’instant, sa soif de culture se trouve mise à la diète forcée, à trois minutes picorées parfois à la télévision avec l’émission « D’art, d’art », « c’est tout public et super intéressant », reconnait-elle. Pour ne pas perdre le fil, elle peut compter sur ses parents qui lui ont offert pour son anniversaire une toile de Pierre-Yves Russo, illuminant son regard. Car la vie de Lina Guérin, c’est comme une œuvre de Miro : une explosion de couleurs et d’émotions.

* Peintre primitif flamand du XVème siècle.

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