Courteix : « La déception est immense »

Publié le 11/08/16

Quelques heures après la fin du Tournoi olympique féminin, l’entraîneur de France 7 féminines revient avec franchise et honnêteté sur les performances de ses joueuses.

Avec un peu plus de recul, quel bilan tirez-vous de ces Jeux Olympiques ?

David COURTEIX : La déception est immense, je ne vais pas prendre de pincettes comme à l’accoutumée. En terminant 6ème, je pense que nous sommes à notre place sur ce tournoi mais, sur que je sais des filles et sur ce qu’elles ont réalisé, nous pouvons faire beaucoup mieux. Nous avons très peu et trop peu joué à notre niveau. Nous n’avons pas été conformes à ce que j’avais vu aux entraînements et à ce que nous pouvions faire.

Quel est le match qui vous laisse le plus de regret ?

David COURTEIX : Si on prend les choses dans l’ordre, le premier match contre l’Espagne est plutôt abouti même si nous avions à régler des détails sur la simplicité et l’utilisation de l’espace. Le match du Kenya m’a amené à me poser des questions, parce que même si le score était là et qu’il faut respecter l’adversaire et ses qualités, nous étions déjà en dehors du projet de jeu. Paradoxalement, c’est notre deuxième mi-temps contre la Nouvelle Zélande qui pouvait laisser espérer beaucoup de choses. En jouant un petit plus juste et en levant les yeux, nous avions moyen de faire beaucoup mieux. Et enfin, la rencontre contre le Canada nous laissera des regrets parce que j’ai le sentiment qu’à un moment ou un autre, nous pouvions mettre la main sur le ballon. Maintenant, nous les avons rarement mis hors de position. Nous sommes une équipe qui a besoin d’espaces, de mouvements, d’appels autour du ballon, de replacements offensifs, nous avons choisi un jeu particulier avec des petits gabarits. Mais nous n’avons jamais réussi à mettre de la vitesse, du mouvement ou de l’intensité.

Revivez la 2ème journée du tournoi féminin

D’où vient cette inconstance ?

David COURTEIX : Physiquement, nous n’avons pas souffert parce que les GPS nous ont montré que l’intensité était bien en dessous de ce que nous avons l’habitude de rencontrer sur le circuit mondial. Nous n’avons jamais été capables d’imposer l’intensité que nous mettons d’habitude et c’est une des clés du problème. C’est vrai que nous avons un souci de constance et de maturité qui est récurrent. La maturité n’est pas forcément une question d’âge, nous avions une équipe jeune avec des joueuses qui peuvent prétendre à la prochaine olympiade. Quand je parle de maturité, je parle de capacité à s’approprier l’évènement et à prendre conscience de l’importance qu’il peut avoir. Les Jeux Olympiques ne se préparent pas dans les têtes au dernier moment. C’est un groupe dont je ne remets pas en cause l’enthousiasme, l’engagement, ni l‘envie de bien faire mais en revanche, c’est un groupe qui n’a pas réussi à prendre conscience des messages qui passaient. C’est aussi mon échec parce que j’ai échoué à faire arriver les messages dans toutes les têtes. J’ai trop écouté les avis extérieurs, qui me disaient de faire de ces Jeux une compétition comme une autre, mais j’aurais dû écouter mon instinct parce que ce n’est pas une compétition comme une autre et je m’en veux beaucoup d’avoir commis cette erreur. C’est la plus importante compétition au monde et la plus charismatique pour le rugby dans son ensemble. A présenter ça comme une compétition lambda sous prétexte de ne pas se mettre de pression, nous avons terminé 6ème alors qu’objectivement le talent et le potentiel des filles méritaient beaucoup mieux.

Que va-t-il se passer maintenant ?

David COURTEIX : Il n’y a pas de catastrophisme à faire. Il s’est passé beaucoup de choses dans le 7 féminin depuis les dernières années. N’oublions pas qu’il y a deux ans, nous n’étions même pas sur le circuit mondial, que nous nous avons arraché notre qualification olympique dans des conditions dantesques. Ce groupe a un avenir et un énorme potentiel. Il faudra que les filles se posent des questions sur le haut niveau, maintenant qu’elles en connaissent réellement les exigences ! Est-ce qu’elles sont prêtes à repartir dans de nouvelles aventures en connaissant les sacrifices à faire pour exister. Quand on se jette dans un projet olympique, c’est pour aller chercher une médaille et pas pour jouer les utilités ou faire acte de présence. Pour dire les choses clairement, je suis déterminé à poursuivre le travail. Je ne cache pas qu’après la qualification olympique, j’ai eu envie de passer la main mais je suis tellement déçu et frustré que j’ai envie de continuer. La décision ne m’appartient pas, je ne suis qu’un soldat de la fédération.

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