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Date de publication : 02 Avril 2010

« Nous devons être plus exigeants »

Mathieu ACEBES, capitaine de l’équipe de France à 7, revient sur les étapes de Hong Kong et Adélaïde et sur les difficultés tricolores à franchir un palier.
Quel bilan tirez-vous de ces deux étapes ? 

Mathieu ACEBES : Le bilan n’est pas positif parce qu’au niveau comptable, nous ne ramenons aucun point. Depuis le début de l’année, nous échouons de peu comme à Hong Kong où nous manquons le passage en Cup pour 14 points face à Taïwan que nous battons en marquant 63 points. Si nous ne prenons pas ces deux essais face à eux, nous passons dans les huit meilleurs et la tournée est réussie. Au bout du compte, nous nous faisons mal à la tête et nous tombons face au Portugal, qui n’avait qu’un tournoi dans les jambes. Physiquement, cela a été très compliqué et nous avons manqué de fraîcheur sur cette dernière rencontre. 

Ce qui est rageant, c’est que votre manque de réussite se joue sur des détails … 

Mathieu ACEBES : Complètement ! A chaque fois, nous sommes bien dans les matches. Nous avons l’impression que nous pouvons rivaliser et gagner ces rencontres mais à chaque fois quelqu’un sort du cadre ce qui permet à l’adversaire de marquer. Ce sont des détails mais qui sont dus aussi à notre manque de maturité. La plupart des joueurs aspirent à être professionnel mais nous devons être plus exigeants envers nous-mêmes, moi y compris. 

Qu’est-ce qui vous manque pour franchir ce palier ? 

Mathieu ACEBES : Incontestablement, il nous manque des entraînements et des tournois ensemble. Il nous manque encore de la rigueur de la part des joueurs. A 7. On ne peut pas se permettre deux secondes de relâchement ou de déconcentration. C’est un sport de haut niveau et la moindre petite erreur ne pardonne pas. Nous souffrons d’un déficit par rapport aux autres équipes. Ils sont professionnels, évoluent toute l’année ensemble. Ils se connaissent parfaitement. Nous découvrons des situations en match alors que nos adversaires ont eu le temps de les découvrir à l’entraînement ou dans l’année. Pour avoir fait deux années, je vois toujours les mêmes groupes et les mêmes joueurs, alors forcément, la cohésion est plus importante. C’est compliqué pour les entraîneurs parce qu’ils n’ont jamais le même groupe. A court terme, il faut avoir le renfort de joueurs importants pour pouvoir marquer des points. C’est impératif ! Je ne dis pas que notre groupe n’est pas méritant mais il faut à tout prix marquer des points au classement. Pour les années à venir, il faut une spécialisation du 7 pour quelques joueurs et pour pouvoir former une ossature solide pouvant rivaliser avec les autres équipes. Le rugby français reste une référence au niveau mondial. 

L’entrée du rugby à 7 aux Jeux Olympiques ne va-t-elle pas donner un coup de projecteur sur cette pratique en France ? 

Mathieu ACEBES : Les gens ne se rendent pas compte de la popularité du rugby à 7 dans le monde. J’ai fait toutes les tournées mondiales et j’ai toujours vu des stades pleins, une ferveur incroyable. Je ne comprends pas pourquoi cela ne prend pas en France. J’espère que les JO vont nous pousser dans la reconnaissance de cette pratique. Le problème, c’est que l’on ne voit quasiment jamais de 7 chez nous. Les gens ne peuvent pas se rendre compte du côté spectaculaire et très franchement, pour le moment, nous n’y sommes pas aux JO ! Il va falloir faire des efforts pour y aller. J’espère que tout le monde va y mettre du sien, que ce soit la Fédération, les clubs, les joueurs ou l’encadrement parce que 2016, mine de rien, c’est demain ! 


Crédit photo : FFR/Gettyimgages