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Date de publication : 02 Juin 2010

« Les joueurs se sont investis »

Fréderic POMAREL, entraîneur de l’équipe de France à 7, revient sur la performance tricolore lors des Tournois de Londres et Edimbourg, ultimes étapes du circuit mondial de rugby à 7.

Quel bilan tirez-vous de ces dernières étapes ?

Fréderic POMAREL : Nous avions deux objectifs très clairs : nous voulions ramener des points et nous ne l’avons pas fait. Nous ne passons vraiment pas loin à Edimbourg mais dans l’ensemble, c’est décevant. Nous voulions également montrer un état d’esprit différent. Jusqu’au dernier match face aux Gallois, nous l’avons atteint. Nous avons été centrés sur le jeu, capables de rester constants psychologiquement.

Est-ce que ce manque de discipline au dernier match ne vient pas de la frustration de cette dernière étape ?

Fréderic POMAREL : Nous subissons une loi des séries dont nous n’avons pas besoin mais la chance se provoque par des attitudes positives et du travail. Nous ne sommes pas encore prêts. Nous devons nous habituer à vivre des frustrations ou des injustices. Les joueurs doivent être capables de passer par-dessus pour devenir plus fort. Je ne veux pas être complètement pessimiste parce que je suis vraiment content du progrès rugbystique et de l’investissement sur le plan physique et mental. Le débordement final est lié à un hyper investissement des joueurs. Nous sommes partis dans un contexte compliqué. Nous avons construit le groupe à Londres dans une poule hors norme. Nous allons en finale de notre niveau et nous perdons à la dernière minute face au Kenya. Nous avons fait une grosse semaine de préparation avant d’arriver à Edimbourg. Nous voulions marquer le premier jour du Tournoi et nous battons l’Argentine en pratiquant un bon rugby à 7. Face aux Samoans, nous avons réussi à les embêter même s’ils sont meilleurs que nous. Ensuite, nous terminons par la revanche face aux Kenya. Nous avons fait le match qu’il fallait en les étouffant complètement. Comme cela se passe dans 99% des cas, nous pensions être qualifiés d’autant que l’Argentine ne devait pas gagner face au Samoa de plus de 13 points. La logique voulait que l’on passe. Nous manquons la Cup de 4 points au final ! Nous n’avalons pas notre frustration et le lendemain, nous jouons un très mauvais match face à l’Italie même si nous l’emportons. C’est rassurant parce que nous avons acquis une certaine régularité face à ce genre de nation. Le match face aux Gallois a été celui de trop, nous avons tenu le ballon pendant 2 minutes 40 secondes. Nous marquons un essai refusé après un placage haut gallois. Nous nous faisons justice et au lieu de nous retrouver avec 7 points d’avance et un joueur de plus, nous nous retrouvons avec un jaune de chaque côté et 0-0. Au rugby à 7, on ne se relève pas de ce genre de désagrément !

Est-ce que ce dernier Tournoi peut être fondateur pour la saison prochaine ?

Fréderic POMAREL : Effectivement, il faudra tout donner la prochaine saison IRB pour arriver régulièrement au niveau de la Cup. Sincèrement, il y a 5 ou 6 nations qui sont largement devant. Je voudrais que très rapidement on talonne ces nations et que l’on pose des problèmes à tous les pays. Nous avons dans notre groupe de niveau une très forte concurrence parce que les USA, le Canada ou le Kenya ont des effectifs très aboutis. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour pouvoir exister au niveau international.

Avez-vous réussi à mettre en place votre protocole de recherche médical ?

Fréderic POMAREL : Le protocole a été mis en place sur le Tournoi de Londres même s’il nous manque les références sur des professionnels. C’était une des raisons de leurs venues. Nous allons pouvoir sortir des résultats et nous avons déjà été aiguillés notamment sur nos entraînements ou nos échauffements. Ce travail en collaboration avec la cellule recherche de la FFR va être efficace et va modifier nos habitudes de travail. Nous sommes dans une analyse de la tâche de ce qu’est le rugby à 7 de haut niveau. Nous allons travailler autour du projet olympique. Nous sommes déçus de cette saison mais nous revenons plus forts de toutes ces expériences. Quand je vois l’investissement des joueurs et les qualités de notre formation, je ne vois pas pourquoi nous n’y arriverions pas.