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Date de publication : 18 Février 2010

« Des progrès dans le jeu »

Fréderic POMAREL, entraîneur de l’équipe de France féminine de rugby à 7, fait le point après le Tournoi de Las Vegas où les Tricolores ont terminé à la 3ème place.
Après la victoire à Dubaï, quel bilan tirez-vous de cette 3ème place à Las Vegas ? 

Fréderic POMAREL : Sur le plan sportif, c’est un bon bilan. Paradoxalement, je pense que le résultat est meilleur que celui de Dubaï parce que le Tournoi était bien plus relevé. D’autant plus qu’une accumulation de péripéties nous a conduits à jouer le Tournoi avec neuf joueuses. Sur le plan de l’état d’esprit, nous avons pu vérifier que les filles étaient vraiment présentes. Cela nous a permis de constater des progrès dans le jeu, notamment offensif. A Dubaï, nous gagnons le Tournoi essentiellement sur l’agressivité défensive. A Las Vegas, nous y avons ajouté des ingrédients offensifs très intéressants. Nous avions aussi l’ambition de nous mesurer à l’Allemagne, qui a terminé 4ème et devant nous au Championnat d’Europe et nous avons pris notre revanche. (NDLR : victoire de la France 29-0). Aujourd’hui, j’y vois bien plus clair dans le potentiel de mes joueuses. Le groupe s’affirme de plus en plus et trouve ses marques. Compte tenu du contexte, je suis plus satisfait de Las Vegas que de Dubaï ! 

L’expérience à 7 vient en jouant, constatez-vous des progrès entre les deux tournois ? 

Fréderic POMAREL : Nous avons franchi un vrai pas ! Nous n’avons peut être pas été au même niveau défensif mais entre les deux tournois, les filles ont compris des choses offensivement. Je sens les filles plus matures et le fait d’avoir déjà un tournoi donne de l’expérience aux joueuses et on sait bien que pour progresser en rugby à 7, il faut pratiquer. Nous avons encore des lacunes à combler et certainement que d’autres filles viendront combler ces manques et augmenter le niveau global. 

La victoire de la Chine est-elle une surprise ? 

Fréderic POMAREL : Pour moi, non ! Je l’avais signalé après le tournoi de Hong Kong en 2007. Depuis que le rugby est olympique, la Chine a changé de vitesse. Elles pratiquent un très bon jeu à 7. En demi-finale, il n’y a rien à dire sur notre défaite face à elle. On ne peut que s’incliner et dire bravo. Elles pratiquent un 7 vers lequel nous voulons aller. Contrairement à la Coupe du monde où nous perdons face à des équipes plus physiques que joueuses, les Chinoises jouent vraiment très bien. Elles ont affiché les ambitions de ce pays en arrivant au Tournoi de Las Vegas avec un survêtement aux couleurs olympiques, avec les anneaux. Elles annoncent la couleur d’autant plus qu’elles s’imposent en finale face aux USA. 

Après ces deux tournois, avez-vous dégagé un groupe pour les années à venir ? 

Fréderic POMAREL : C’est compliqué ! Aujourd’hui, l’équipe de France à 7 est composée des joueuses qui ont participé aux deux tournois et non pas celles qui ont disputé la Coupe du monde. Elles ne font pas de l’intérim en attendant que les autres reviennent. Comme je l’ai dit, j’y vois plus clair, des joueuses s’imposent, d’autres grandissent et encore besoin de temps. J’attends impatiemment le moment où je pourrais réintégrer les quatre ou cinq qui sont avec l’équipe de France à 15 pour faire un mixe de ces deux générations. En attendant, les filles prennent de l’expérience, de l’assurance et des repères en rugby en général. Pauline Biscarat s’approche du niveau d’une Anaïs Lagougine. A Las Vegas, elle a marqué 5 essais et 39 points marqués. Laura Di Muzio a été une machine de guerre aux USA. Je suis heureux du retour d’Alex Pertus qui retrouve petit à petit son meilleur niveau. La Bayonnaise Dionni Aguerre a fait un tournoi excellent. Ce sont des joueuses sur lesquels je vais pouvoir m’appuyer en sachant que nous avons laissé à la maison, Audrey Amiel et Camille Grassineau, deux gros espoirs pour les années à venir. Il y a encore beaucoup de travail mais j’ai vraiment le sourire. 

Comment se passent les relations avec les garçons, eux aussi, engagés sur le Tournoi de Las Vegas ? 

Fréderic POMAREL : Nous avons passé beaucoup de temps ensemble dans les tribunes et pendant le Tournoi. Les garçons sont venus nous voir pour nous remonter le moral pendant nos matches. C’est vraiment un groupe France 7, il n’y a pas de distinction entre les garçons et les filles. Dans le même temps, nous échangeons beaucoup avec Thierry Janeczek (NDLR : entraîneur de l’équipe de France à 7), nous essayons de nous encourager parce que nous sommes souvent en terrain hostile. A ce propos, je voudrais vraiment soutenir l’équipe de France masculine. Les résultats ne montrent pas les progrès mais ils ont été quasiment les seuls à mettre en danger la Nouvelle Zélande. Ils ne sont vraiment pas loin de faire de bons résultats et je suis certain que ceux-ci viendront dans les prochaines étapes.