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Date de publication : 10 Mars 2009

« Une aventure exceptionnelle »

Frederic POMAREL, entraîneur de l’équipe de France féminine de rugby à 7, revient sur la 1ère Coupe du monde de la spécialité et sur la parcours des tricolores.
Quel bilan tirez-vous de la 1ère édition de la Coupe du monde féminine ? 

Frederic POMAREL : Sur le plan humain, c’était une aventure exceptionnelle avec un groupe qui possède de vraies valeurs et des filles qui sont allées au bout d’elles-mêmes. Elles ont vraiment défendu le maillot de l’équipe de France. Sur le plan sportif, nous atteignons notre premier objectif avec la qualification pour les quarts de finale de la Cup avec en plus une victoire sur l’Australie, les futures championnes du monde. C’est la caractéristique de mon groupe, capable d’aller chercher des choses difficiles mais capable aussi de faire des erreurs qui coûtent très cher dans le haut niveau. 

D’autant que malgré une défaite face à la Hollande, vous terminez quand même à la première place de la poule … 

Frederic POMAREL : C’était un premier jour très étrange ! J’ai discuté avec l’entraîneur hollandais qui était persuadé de faire un gros coup en nous battant d’entrée sauf qu’il a terminé 4ème de la poule. Nous nous sommes mis sur le mauvais chemin lors de ce premier match. Les joueuses étaient très crispées : elles se retrouvaient dans un contexte un peu particulier notamment avec beaucoup d’émotions dans le couloir. C’était compliqué à gérer d’autant que nous n’avions pas vraiment de chance sur cette rencontre. Finalement, c’est peut être un mal pour un bien avec le recul parce que je ne pense pas que nous serions allés chercher un exploit face à l’Australie. Cela prouve vraiment les valeurs morales de ce groupe. Face aux Américaines, nous pouvons nourrir des regrets parce qu’il n’y a pas 19 points d’écart entre les deux équipes. A la mi-temps, nous sommes à 0-0 en faisant tomber un ballon sur la ligne alors que nous les avons prises à la gorge pendant les quatre premières minutes. Derrière, nous prenons un essai dans la foulée et une faute qui nous enterrent définitivement. Sur un plan général, cela confirme ce que nous disions avant la compétition, il y a cinq nations majeures dans le rugby à 7 féminin (NDLR : Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, Angleterre, USA). Ensuite, il y a un deuxième groupe avec la France, l’Espagne et le Canada. Il y a très peu d’écart entre les deux niveaux ! Je suis certain que nous pouvons aller chercher n’importe qui, n’importe quand même si nous avons encore beaucoup de travail. Cette Coupe du monde nous a montré tout le chemin qui nous reste à parcourir. Il nous faut des filles plus solides physiquement si nous voulons rivaliser avec le haut du panier. 

Comment s’est passée l’entente avec les garçons ? 

Frederic POMAREL : Nous avons assisté à la naissance du club France puisque les garçons et les filles ont fonctionné ensemble pendant huit jours dans une entente cordiale et fusionnelle au sens noble du terme. Ils ont appris les uns des autres et l’identité France était très forte. Les garçons sont venus supporter les filles, ils étaient dans le couloir avant les matches, et vice versa. Il y a avait toujours des mots gentils pour se supporter. C’est dans la volonté fédérale de créer le club France et cela c’est produit pour la première fois à Dubaï. 

Cette Coupe du monde est-elle finalement une belle promotion du rugby à 7 ? 

Frederic POMAREL : Oui complètement ! C’est une très grande compétition, spectaculaire qui n’a rien à voir avec le 15. C’est vraiment magique et je pense que c’est le jeu de demain. Nous sommes loin d’être ridicules sur cette compétition même si nous rêvions de mieux. Nous allons nous remettre au travail très vite parce que l’enthousiasme est intact avec Nathalie Janvier et Estelle Sartini. Je vais d’abord tenter d’aider mes camarades du 15 s’ils ont besoin de moi. Ils m’ont aidé et c’est normal que je leur rende en retour. Ensuite, je vais aller voir beaucoup de matches pour pouvoir commencer un véritable travail de détection et de sélection.