Top menu



Vous êtes ici : historique > 2009 > « Un esprit de groupe sans faille »
  Imprimer cette page





Date de publication : 20 Février 2009

« Un esprit de groupe sans faille »

Frédéric POMAREL, entraîneur de l’équipe de France féminine à 7, revient sur le Tournoi de Malaga, préparatoire à la Coupe du monde et sur les objectifs des tricolores pour la 1ère compétition internationale qui se déroulera à Dubaï, les 5 et 6 mars 2009.
Quel bilan tirez-vous du Tournoi de Malaga, préparatoire à la Coupe du monde ? 

Frédéric POMAREL (entraîneur de l’équipe de France à 7) : Premièrement, c’est très positif dans l’état d’esprit puisque nous continuons sur la logique de Saint Mandrier avec beaucoup de réactivité de la part des filles, de l’implication, de la concentration avec un esprit de groupe sans faille. Deuxièmement, le bilan est positif sur le jeu puisque de nouvelles choses apparaissent encore. J’en suis content parce que cela veut dire que les joueuses travaillent et que cela paie en compétition. Troisièmement, sur le plan des résultats, c’est un peu plus mitigé même si c’est très positif face à la Hollande qui sera dans notre poule de Coupe du monde. Nous avons fait notre plus gros match face au Pays-Bas. C’est très intéressant parce que nous avons marqué des points lors de cette confrontation. Maintenant, la seule déception vient de notre défaite en finale. Nous étions venus pour la gagne et au final, nous butons sur les Espagnoles (12-19) qui méritent la victoire parce qu’elles maîtrisent les deux moments clés du match. Pour notre défense, je sais que nous avons fait une grosse préparation physique et les filles étaient fatiguées. Nous sommes aussi tombés dans le contexte défavorable d’une formation qui évolue à domicile. C’est de bonne guerre, les filles étaient averties et elles ont très bien réagi par rapport à cela. Je suis très content que cela se soit passé comme ça parce que c’est un apprentissage. Il faut savoir surmonter des injustices parce que si on ne le fait pas, on perd ! 

Ce Tournoi a-t-il réévalué vos objectifs sur la Coupe du monde ? 

Frédéric POMAREL : Ce que j’ai appris de Malaga, c’est qu’il n’y a plus de petites équipes. La Coupe du monde sera très serrée et il y aura des surprises si on reste collé sur le classement traditionnel du rugby à 15. La hiérarchie sera différente parce que la Hollande peut venir nous embêter ce qui n’est pas le cas à 15. On sait que les USA ont accroché les Anglaises. L’Espagne possède une grosse équipe. Concernant les objectifs, franchement, c’est très difficile d’avoir une idée d’ensemble parce que nous n’avons pas vu tout le monde. Nous pourrons faire un classement après Dubaï puisque nous aurons vu toutes les équipes. Aujourd’hui, je n’ai pas d’images de la Chine, peu d’informations des USA et du Canada. Nous n’avons pas de recul et nous ne pouvons pas définir un objectif quand nous ne savons pas le niveau réel des autres équipes. C’est d’ailleurs le cas pour tout le monde. La Coupe du monde féminine sera l’an zéro du rugby à 7. Le travail commencera à partir de cette compétition. Nous aurons une échelle de valeur et une vraie répartition des forces. 

Cela veut-il dire que l’on peut imaginer un circuit mondial féminin ? 

Frédéric POMAREL : J’en rêve ! Je crois que la Coupe du monde va faire accélérer tout le monde sur les structures nécessaires, sur les compétitions à créer et sur les filières d’accès au 7. Il y a tout à faire ! Ce premier point de départ à Dubaï va déclencher des choses et effectivement, un circuit mondial est un rêve mais il ne peut devenir réalité que si la Coupe du monde est à la hauteur. D’ailleurs, je pense que la France a un rôle à jouer dans l’accueil d’une grande compétition mondiale et dans le développement du rugby à 7 

D’autant plus que chez les filles, les contraintes avec les clubs sont moins importantes que chez les garçons ? 

Frédéric POMAREL : C’est certain que je n’ai pas les soucis de Thierry Janeczek. Nous avons une très bonne entente avec l’équipe de France à 15 qui a accepté de jouer le jeu des priorités. Si nous voulons être compétitifs à terme, il faudra arrêter ce jeu des priorités et travailler sur une vraie filière d’accès féminine au haut niveau qui utilise le 7 et le 15 sur un plan d’égalité et que l’on arrête de dire que le 7 est un exercice d’apprentissage pour le 15. Le rugby à 7 est un jeu, le 15 en est un autre avec des passerelles et une aide respective. 

Comment se passe la vie de groupe dans une équipe à 7 ? 

Frédéric POMAREL : Je découvre et j’apprends en faisant. Je commence à avoir un peu de recul mais ce n’est pas encore suffisant. Les filles sont très complexes ! Ce qui est agréable, c’est qu’elles sont réceptives, à l’écoute, très concentrées. Tout ce qui est pénible chez les garçons, les manques aux règles de vie, les retards à l’entraînement, le manque de concentration … n’existent pas chez les filles. Elles ont un engagement, un enthousiasme et une précision dans les choses qui rendent la vie d’un entraîneur très facile. Le côté plus difficile, c’est la régulation et l’évaluation qui demande une énergie folle et une précision diabolique qu’il ne faut pas avoir chez les garçons. Il faut faire attention à ce que l’on dit sans en dire trop ! Les filles ont besoin d’être évaluées et rassurées en permanence.