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Date de publication : 26 Novembre 2009

« La mêlée est l’école de l’humilité »

Sylvain MARCONNET connaîtra sa 79ème sélection face aux Blacks. Après avoir dominé l’Afrique du Sud, la mêlée française passera à nouveau un test important.
Comment avez-vous vécu votre titularisation ?

Sylvain MARCONNET : Marc n’a pas commenté la composition à la presse et il ne l’a pas fait non plus aux joueurs. C’est la dernière échéance de la tournée et les entraîneurs avaient annoncé qu’ils feraient la synthèse des deux premiers matches. Si je dois parler du poste de pilier droit, Nicolas Mas peut nourrir quelques regrets maintenant, c’est le choix des entraîneurs même si je pense que nous nous partagerons le match. L’essentiel, c’est que l’équipe de France continue à être performante quelque soit la composition. Au sein du groupe, la concurrence est très saine et jusqu’à présent, elle a fait partie de la performance collective.

Quelles sont les forces de la mêlée black ?

Sylvain MARCONNET : Chaque nation du sud a ses caractéristiques. Par expérience, j’ai de très bons souvenirs face aux Blacks mais aussi de très mauvais.
Quand on regarde la mêlée néo-zélandaise, on sent qu’ils respectent un cahier des charges. Tout est millimétré avec un timing quasi-parfait. Ils ont une caractéristique spécifique, c’est qu’ils poussent dès l’entrée. Ils veulent gagner le combat avant l’introduction du ballon. Nous avions trouvé les clés en juin et on espère les retrouver samedi. Nous n’avons pas révolutionné notre mêlée, nous rentrerons aux commandements de l’arbitre, nous nous présenterons à huit en short et chaussettes … (rires) … Plus sérieusement, le combat se fera à l’impact mais nous devons nous focaliser sur notre jeu et pas forcément sur celui de l’adversaire. Nous avons montré certaines forces dans des secteurs de jeu précis mais il faut être aussi performant que lors des dernières sorties.

Après plusieurs mois de tâtonnement, la France a-t-elle trouvé sa mêlée ?

Sylvain MARCONNET : Nous devons nous inscrire dans le temps. Une mêlée ne se monte pas comme ça. Si nous avons eu des mêlées performantes dans le temps, c’est que nous avions fait un gros travail. J’en parle en connaissance de cause parce qu’avec Pieter De Villiers, nous avons longtemps formé la première ligne de l’équipe de France. C’est un travail de longue haleine. Nous jouions ensemble en club, nous nous connaissions sur le bout des doigts. Quand le nouveau staff est arrivé, ils ont cherché à construire une mêlée avec leurs hommes. Il faut du temps, en plus, les joueurs qui évoluent en équipe de France, ne jouent pas ensemble en club. Il faut du temps pour prendre des automatismes et des réglages. Nous devons écrire notre histoire en dehors du terrain et nous commençons à nous connaître de mieux en mieux. La mêlée, c’est l’école de l’humilité et de la remise en question. Nous sommes conscients de l’héritage que nous avons, de Garuet, Paparemborde, en passant par tous ces piliers qui ont fait l’histoire du rugby français. Maintenant, il faut rester concentré parce que nous avons une nouvelle opposition, samedi et que tout repart de zéro.

Comment s’inscrit ce match dans la construction du groupe ?

Sylvain MARCONNET : On fait souvent un évènement de la Nouvelle Zélande parce que c’est un adversaire mythique. Nous avons beaucoup de respect pour ce peuple et cette nation. Aujourd’hui, le contexte est différent, nous voulons prouver que nous pouvons exister sur la longueur. Nous avons réussi à gagner là bas en juin et nous avons envie de gagner une nouvelle fois. Plus que de faire tomber un mythe, nous avons envie d’exister ! 


Crédit photo : FFR/IPicarel