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Date de publication : 29 Octobre 2009

« La dynamique de groupe s’installe »

Didier RETIERE, entraîneur de l’équipe de France, dresse une revue d’effectifs des 17 avants retenus pour la tournée de novembre.
Pourquoi avez-vous conservé une relative stabilité pour les postes de la première ligne ? 

Didier RETIERE : Nous avons plus de certitudes à ces postes. Il y a un an et demi, certains passaient pour de l’expérimentation douteuse mais aujourd’hui, ils sont installés. Je pense à Fabien Barcella ou Thomas Domingo. Nous avons désormais des certitudes sur leurs performances mais il est logique de continuer à élargir nos possibilités et Luc Ducalcon s’inscrit parfaitement dans ce registre. C’est un joueur en constant progrès depuis la saison dernière. Il est très souvent titulaire à Castres dans un groupe relevé sur le poste de pilier droit où il est en concurrence avec le pilier sud-africain Saayman. 

Quelle est la place de Sylvain Marconnet ? 

Didier RETIERE : Sylvain est un cadre de l'équipe de France avec une grande maturité, il a une expérience du niveau international mais surtout une grande capacité de déplacement. Il peut jouer également des deux côtés. Il possède beaucoup d’atouts et il a toujours réalisé de grandes performances avec l’équipe de France surtout lors de la dernière tournée de juin. 

La relative stabilité au niveau des avants est-elle un avantage ? 

Didier RETIERE : Bien entendu, cela permet d’avancer plus vite ! Nous pouvons aller plus en profondeur à chaque fois et le groupe sort plus renforcé à chaque compétition. Nous avons une grande chance de pouvoir nous appuyer sur une ossature assez stable. Nous allons retrouver Lionel Nallet et Imanol Harinordoquy pour cette tournée de novembre. C’est important d’avoir de la concurrence mais c’est aussi primordial d’avoir de la stabilité pour que la dynamique de groupe s’installe. 

Parlez-nous d’Alexandre Lapandry ? 

Didier RETIERE : Alexandre s’inscrit tout à fait dans la complémentarité de la 3ème ligne. Il possède un grand rayon d’action, il est redoutable en touche et très bons sur les situations de récupération de ballon dans les phases plaqueur/plaquer. Il est dans le même profil que Fulgence Ouedraogo, c’est un vrai 3ème ligne de rupture. Il réalise de bonnes performances avec Clermont et s’est imposé dans un groupe où la concurrence est vive à son poste. Il possède tout le potentiel pour s’exprimer au plus haut niveau. Humainement, c’est un très bon garçon, il était le capitaine de l’équipe de France des moins de 20 ans. Il a tout ce qu’il faut pour être un joueur de haut niveau et il nous semble intéressant de le mettre dans le grand bain. 

Et Antoine Burban ? 

Didier RETIERE : C’est un joueur arrivé sur le tard au rugby. Il jouait au basket avant de rejoindre la section rugby du PUC. Il a joué en équipe de France des moins de 21 ans. C’est un joueur très dur physiquement. Pour sa première saison avec le Stade français, il a joué plus de 12 matches en tant que titulaire alors qu’il venait de Fédérale 2 et de Balandrade. C’est un joueur vraiment très intéressant et intelligent ! Il revient d’une grave blessure au dos et il a payé douloureusement son passage au professionnalisme. Il est resté allongé trois mois avec un corset, il n’a pas pu jouer pendant plus d’un an. Nous étions en relation avec lui pour prendre de ses nouvelles. Mentalement, il est extrêmement déterminé, c’est une arme de plus dans son potentiel. 

Est-ce surprenant qu’Antoine Burban et Luc Ducalcon aientt échappé à la filière fédérale ? 

Didier RETIERE : La filière fédérale est en place pour amener des joueurs au plus haut niveau mais comme toute détection, parfois, nous passons à côté de certains joueurs. Dans le cas de ces deux joueurs, nous n’avons pas pu les détecter plus tôt parce qu’ils sont venus tard au rugby, Luc Ducalcon a commencé à 18 ans et Antoine Burban à 15 ans. Ce sont deux joueurs avec un mental impressionnant et des physiques hors-normes. 

Comment envisagez-vous cette tournée ? 

Didier RETIERE : Nous sommes comme au départ d’une étape de haute montagne dans le Tour de France, nous avons devant nous un col hors catégorie. Nous nous entraînons pour ça mais nous ne sommes pas à l’abri de passer à travers mais si nous arrivons en tête au sommet, cela peut être une référence dans une carrière. Battre l’Afrique du Sud ne sera pas anodin, ce serait une vraie performance. 

Le XV de France peut-il être au même niveau d’agressivité des Springboks ? 

Didier RETIERE : Dans tous les grands rendez-vous, l’équipe de France a toujours été à la hauteur. Ce qui est plus problématique, c’est d’être agressif tout en gardant la lucidité, la capacité de décider ou de gérer le jeu. Nous avons la sensation que l’équipe sera au rendez-vous physique mais il faudra mettre tous les ingrédients pour que cela marche bien. 

Entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle Zélande, se présente les Samoa … 

Didier RETIERE : Ce n’est pas un petit col ! Nous avons eu un avant goût l’an passé contre les Pacific Islanders. Nous les avons vus à l’œuvre lors des Coupes du monde, ils posent des problèmes à toutes les équipes parce qu’ils jouent beaucoup et qu’ils imposent un gros engagement physique. Au niveau engagement physique, ce sera une belle tournée !