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Date de publication : 11 Mars 2009

« Il reste des regrets »

Julie PUJOL, capitaine de l’équipe de France féminine à 7, revient sur la 1ère édition de la Coupe du monde, sur le parcours de la France et sur son avenir.

Que reste-t-il de la Coupe du monde ?

Julie PUJOL (capitaine de l’équipe de France féminine à 7) : Sur le plan humain, nous avons vécu une très belle aventure avec un groupe solide. Nous sommes à peine rentrées et nous nous appelons tous les jours. D’un point de vue sportif, quand on voit la finale et la victoire des Australiennes alors que nous sommes la seule nation à les avoir battues, il reste un côté frustrant. Nous aurions peut être pu faire mieux mais nous avions l’objectif de terminer dans les huit premières, ce que nous avons réalisé. Nous avons joué face à des nations qui ont plus l’habitude que nous de se rencontrer et de jouer des matches de haut niveau.

Vous avez vécu une première journée très paradoxale …

Julie PUJOL : Cette compétition se joue à rien puisque sur un match, on peut passer de la première à la dernière place. Nous avions une poule très homogène avec des Australiennes favorites. Nous avons réalisé un exploit face à elle mais je pense que nous l’avons fait à cause de notre défaite lors du premier match. Nous sommes passées à côté parce que la pression était trop forte. Nous avons voulu trop bien faire et nous n’avons pas réussi à concrétiser nos actions. Cela ne se joue à rien puisque nous avons pris une pénalité dans les arrêts de jeu qui nous a empêchées de faire match nul. L’entrée en compétition était difficile mais elle a été le déclencheur d’une belle journée. A la fin du match face aux Hollandaises, Fred Pomarel nous a laissées cinq minutes pour nous poser toutes les questions que nous avions en tête et puis il nous a fait basculer sur la rencontre suivante. Comme toutes les équipes françaises, nous sommes capables de décrocher des étoiles quand nous sommes au pied du mur. Je ne suis pas certaine que nous aurions gagné contre l’Australie si nous nous étions imposées face à la Hollande.

Vous terminez cette première journée par une belle victoire face à la Chine …

Julie PUJOL : C’est un match décisif puisque nous pouvions terminer première ou quatrième en fonction des résultats. La Chine avait fait une mauvaise entrée dans le tournoi en s’inclinant lourdement face aux Australiennes. Par contre, elles venaient de battre les Pays-Bas avec une très grosse prestation. Nous nous sommes faites surprendre sur la première action par des joueuses possédant des qualités d’appuis impressionnants. Après le sursaut d’orgueil a fait le reste et nous nous sommes reprises. Ce n’était pas un match facile malgré le résultat final.

Dans quel état d’esprit êtes-vous après cette première journée ?

Julie PUJOL : Très franchement, je ne peux pas répondre parce que je suis restée au test anti-dopage de 17h30 à 22h30 … (rires) … La journée a été assez folle en perdant le match que nous devions gagner et en gagnant celui que nous devions perdre. Nous nous sommes dit que ce qui viendrait ne serait que du bonus. Une deuxième journée à 7 ne ressemble jamais à la première. Nous étions soulagées parce que nous avions rempli notre objectif.

Cette deuxième journée laisse-t-elle des regrets ?

Julie PUJOL : Nous avions perdu de très peu contre les USA au Tournoi de Hong Kong. Le score est lourd parce qu’il ne reflète pas la physionomie de la rencontre. Nous sommes revenues dans notre pêché en ne concrétisant pas nos moments forts. Nous avons fait tomber un ballon sur la ligne après un gros temps fort et nous nous sommes faites crucifier par Watkins, une des joueuses les plus rapides du Tournoi. C’est dommage parce que nous avions les moyens de proposer autre chose.

Après cette défaite, êtes-vous encore mentalement dans la compétition face au Canada ?

Julie PUJOL : Le quart de final nous a fait mal au moral mais nous pouvions aller chercher une cinquième place. C’est l’objectif que nous avons essayé de nous redonner. Inconsciemment, nous avons relâché mais cette place de 5ème était pour nous et il fallait aller la chercher. Nous pouvions décrocher une Coupe avec la Plate ! Nous nous tenons avec le Canada puisque nous menons à la mi-temps (12-5) et nous prenons un essai à la fin du match (12-19). Cette dernière journée est très frustrante parce que nous avons perdu deux matches à notre portée. Nous n’avons pas été capables d’enchaîner les bonnes performances au très haut niveau. C’est une question importante à se poser. Notre préparation a été plus minime que celles des autres nations. Si nous voulons un jour atteindre le carré final, il faudra aller jouer ces nations dans l’année. Il faut jouer à San Diego ou à Hong Kong !

Où en êtes-vous personnellement sur les suites de votre carrière ?

Julie PUJOL : J’ai eu un déclic en vivant cette aventure avec ce groupe qui m’a offert une belle surprise avec une vidéo sur tout mon parcours. La seule chose que j’ai trouvé à dire, c’est qu’en aucun cas, j’ai envie d’arrêter. J’étais très émue au dernier match parce que je me voyais jouer ma dernière rencontre sous le maillot bleu. J’ai encore envie de me donner les moyens de vivre une aventure en bleu tout en me disant que ma priorité reste au club et à ma vie personnelle ou professionnelle. L’an prochain, ma situation géographique déterminera mon avenir. Même si je me donne tous les moyens de réintégrer l’équipe de France à 15, je ne suis pas prête à mettre de côté ma vie privée. Fred Pomarel n’arrête pas de me dire que ce ne sera pas mon dernier maillot tricolore et il a souvent eu raison.

Physiquement, vous pensez que vous pouvez encore jouer à ce niveau ?

Julie PUJOL : Après mes gros soucis l’an dernier, je suis revenue et je suis capable de jouer à ce niveau. Si l’équipe de France a besoin d’une joueuse comme moi, je me tiens prête. Pourquoi pas ? J’ai eu la sensation que l’on m’avait fermée la porte au niveau médical. Maintenant, je pense avoir montré à travers le 7 que mon épaule tenait et je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas jouer à 15 si les sélectionneurs font appel à moi … Au fond de moi, je n’ai pas envie que ça s’arrête !