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Date de publication : 17 Décembre 2009

« Gagner en constance »

Thierry JANECZEK, entraîneur de l’équipe de France de rugby à 7, revient sur les deux premières étapes du circuit mondial IRB et sur le devenir du groupe France.
Quel bilan tirez-vous de deux premières étapes du circuit mondial ?

Thierry JANECZEK : Aujourd’hui, le circuit IRB est un verdict et je savais qu’en partant avec un groupe inexpérimenté, nous aurions des soucis. Malheureusement, quand on n’a pas d’expérience, on apprend souvent dans la douleur et dans la défaite. Ce n’est pas valorisant pour les joueurs et l’on se rend compte que le niveau IRB est reconnu. Il n’y a plus de tournoi d’observation et dès les premiers matches, toutes les équipes jouent le haut du tableau. Nous sommes partis pour apprendre au milieu de tout ça. Le groupe a vu et découvert ce qu’était le rugby à 7 de haut niveau. Nous avons devant nous un challenge très intéressant pour faire progresser ces jeunes qui je l’espère seront disponibles pour le reste de la saison.

Avec le recul, l’écart n’est pas si grand mais chaque faute est sanctionnée par un essai …

Thierry JANECZEK : L’exemple flagrant reste le match contre la Nouvelle Zélande à Dubaï. Nous faisons 56 passes alors que les Blacks en font 16. Le score final est de 33-10. La possession de balle est une chose mais c’est surtout l’utilisation du ballon et la capacité à jouer sur les fautes des autres qui font la différence. Ils ont joué sur notre crédulité comme tous nos adversaires. C’est une question d’éducation, nos joueurs sont encore trop marqués par le rugby à 15. A 7, la réaction doit être immédiate, on doit imposer son action alors que nous sommes dans une position attentiste. Les joueurs attendent que la décision se fasse par le partenaire. A 15, le soutien est souvent très proche alors qu’à 7, il arrive souvent que les soutiens soient à 5 mètres. Je pense que cette équipe va progresser parce qu’ils ont des capacités d’analyse et de compréhension. Ils ne sont pas plus mauvais que les autres mais il faut se faire à cette discipline vraiment particulière. Nous avons aussi joué de concours de circonstance avec la suspension de Paul Albaladejo, un véritable exemple sur le terrain. Nous avons notre capitaine, Pierre Cabot qui se blesse au pied et Matthieu Besson, notre demi de mêlée qui se blesse également. Nous avons perdu nos trois moteurs et c’est difficile de pouvoir s’en sortir. Ensuite, tout se joue sur des détails mais c’est la caractéristique du rugby à 7.

Allez-vous continuer avec le même groupe sur les deux prochaines étapes ?

Thierry JANECZEK : Je ne veux pas tirer de conclusion trop hâtive. La priorité est de continuer avec ce groupe en l’étoffant avec d’autres jeunes qui se sont mis en évidence au championnat de France de Pantin. Nous devons continuer de travailler avec groupe en faisant vraiment des progrès sur la défense parce que c’est le moteur du rugby à 7. Nous avons vraiment des lacunes dans la gestion des un contre un.

Combien faut-il de tournois pour acquérir l’expérience d’un bon joueur de rugby à 7 ?

Thierry JANECZEK : Quand un joueur a vraiment un gros potentiel, il faut environ quatre tournois. Maintenant, je pense qu’il faut une dizaine de tournois pour vraiment acquérir toutes les bases de ce jeu. Par exemple, on voit la différence entre Paul Albaladejo et ces huit tournois et les autres novices. On sent qu’il apporte un plus à chaque fois qu’il est dans l’équipe. C’est un élément moteur du groupe et je compte m’appuyer sur lui dans l’ossature de ce groupe. C’est aussi pour cela que je veux revoir les joueurs sur deux nouvelles étapes. Cela fera quatre tournois pour les joueurs et je pense que l’on pourra tirer les premiers enseignements. La difficulté pour un groupe en formation est de répéter les bonnes phases dans un match. Nous arrivons à construire de belles actions mais nous n’arrivons à la constance nécessaire pour les reproduire. Par exemple, contre les Russes, nous sommes menés 0-21 et d’un coup, nous accélérons, les actions passent et nous gagnons 22-21 face aux Champions d’Europe en titre, face à des joueurs qui jouent depuis 5 ans ensemble. Sur les deux premières étapes, les matches se sont joués en première mi-temps, face à l’Afrique du Sud, nous sommes menés 33-0 à la pause et nous gagnons la deuxième mi-temps 14-5. Cela veut dire que nous avons quand même du potentiel mais la difficulté réside dans la répétition de ces performances. Le jour où nous y arriverons sur un match et sur une répétition de rencontres, nous serons une grande équipe. Nous passons par des étapes incontournables avant de maîtriser complètement le rugby à 7.

D’où l’importance de pouvoir fonctionner avec le même groupe de joueur ?

Thierry JANECZEK : L’an dernier, nous avions fonctionné comme ça. Nous avions pris des jeunes joueurs disponibles dans les clubs. A la fin de la saison, ils ont été récupérés par les clubs pro. Combezou, Acébès ou Andreu ont signé des contrats pro. C’est une forme de reconnaissance pour le rugby à 7 mais j’aimerais que le 15 ne soit pas réticent à nous lâcher les espoirs. Nous formons les joueurs à travers le circuit mondial et nous les bonifions. Chacun doit pouvoir tirer profit de l’autre !