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Date de publication : 25 Juin 2008

« Une opportunité de me montrer »

Après trois ans au Stade français, Benjamin KAYSER a traversé la Manche. Remplaçant pour le premier test face à l’Australie, le talonneur de Leicester fait le point sur sa saison et ses ambitions
Quel bilan tirez-vous de cette première année anglaise ? 

Benjamin KAYSER : Pendant la Coupe du monde, j’ai tout joué puisque George Chutter était dans le groupe anglais. J’étais titulaire à chaque match et cela s’est très bien passé. Cela m’a permis de m’intégrer facilement et je n’ai vraiment pas à me plaindre car au bout de deux semaines, je me suis senti en totale confiance. Ensuite, les internationaux sont revenus et nous avons tourné sur un roulement tout à fait normal pour un club de ce niveau. J’ai joué 31 matches en débutant 18 fois. J’ai joué deux fois plus que l’année dernière. Au final, je suis très content de mon temps de jeu même si j’aurai préféré commencer la finale. 

Sur le plan personnel qu’est-ce que ça vous a apporté ? 

Benjamin KAYSER : J’ai le sentiment d’avoir progressé, d’avoir franchi un cap comme lors de mes trois premières années au Stade français. La première année, tu débutes dans un groupe professionnel, c’est toujours compliqué de trouver sa place même si le Stade français est une famille. La deuxième année est une année de transition avant la troisième où j’ai vraiment fait mes preuves et mes meilleurs matches, notamment avec la finale du Top 14. Avec mon départ en Angleterre, j’ai l’impression de franchir un nouveau palier, en m’imposant dans un autre club, avec une autre culture. Je pense avoir progressé mais surtout mûri. Je me régale à Londres même si tous mes amis sont en France, je fais un petit sacrifice de vie mais largement compensé par ma situation sportive. 

Quel est votre regard extérieur sur cette nouvelle équipe de France, ses ambitions, son projet de jeu ? 

Benjamin KAYSER : C’est un projet audacieux, exigeant ! C’est un rugby que tout le monde rêve de voir gagner. Tout le monde me parlait d’un jeu porté exclusivement vers l’offensive mais ce que j’ai aimé, c’est cette recherche de l’équilibre entre esprit d’initiative mais avec des bases solides. Les deux sont compatibles et les entraîneurs ont insufflé dès le début une dynamique et une motivation qui me plaisent énormément. Les joueurs se lâchent, se débrident et je pense que nous avons de l’avenir à pratiquer ce style de jeu. 

Est-ce un discours que vous entendiez en équipe de France des moins de 21 ans ou des moins de 19 ans ? 

Benjamin KAYSER : Chez les jeunes, nous avons toujours été confrontés à ce genre de discours. Marc Lièvremont a été mon entraîneur en moins de 21 ans et Didier Retière en moins de 19 ans. C’est aussi plus facile de tenir ce discours là parce que nous jouons un Tournoi des VI Nations où une défaite ne remet pas tout en cause. Les résultats du parcours de la filière du haut niveau jeune n’ont pas d’impact direct sur la réussite au plus haut niveau. On peut perdre un match sans que cela ait des conséquences comme pour le XV de France. C’est un projet de jeu plus facile à mettre en place chez les jeunes qu’au plus haut niveau. 



Avez-vous une relation particulière avec Didier Retière ? 

Benjamin KAYSER : Ca fait longtemps qu’il me suit ! Quand on joue en première ligne et que l’entraîneur des avants fait partie de la même « caste », il y a toujours une relation particulière. Didier Retière connaît parfaitement tous les aspects du jeu d’avant et de la mêlée. J’ai toujours adoré ce genre de relation. J’ai eu la chance d’être entraîné par Didier Retière en moins de 19 ans, par Fabrice Landreau au Stade français et par Richard Cockrill à Leicester. Sincèrement, je pense que j’aurai du mal à accepter un entraîneur des avants qui n’a jamais joué devant. A notre niveau, on progresse sur des petits détails, comme ceux que m’ont prodigué ces trois entraîneurs, Sylvain Marconnet, Pieter De Villiers ou Matthieu Blin. Ces petits détails sont impalpables et inconcevables par quelqu’un qui n’a jamais joué en première ligne. Ils ont tous une crédibilité béton ! 

D’un point de vue personnel, qu’attendez-vous de cette tournée ? 

Benjamin KAYSER : Je ne vais pas me plaindre de pouvoir défendre le maillot de mon pays. Des tournées périlleuses, j’en fais tous les ans, même trois fois par an. J’ai été appelé pour représenter mon pays, c’est le top du top. Alors oui, la tournée est dangereuse, tronquée, sans les demi-finalistes, les quarts de finalistes, les « je ne sais pas qui », mais c’est tellement motivant de porter ce maillot et de défendre ses couleurs à l’autre bout de la planète. C’est une opportunité magistrale de me montrer et de m’installer dans les esprits des sélectionneurs. A moi de saisir cette chance que l’on veut bien me donner. Je suis hyper enthousiaste, positif, optimiste, tous les adjectifs possible et j’ai surtout hâte d’y être. 


Crédit photo : gettyimages