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Date de publication : 29 Janvier 2008

« Un rêve qui se réalise »

Des premiers entraînements à la découverte du CNR, Julien BRUGNAUT revient sur ses trois premiers jours au sein de l’équipe de France.

Comment se passe votre découverte de l’équipe de France ?

Julien BRUGNAUT : C’est un rêve qui se réalise parce que jusqu’à présent, l’équipe de France, je la regardais à la télévision. Je connaissais déjà pas mal de monde parce qu’on se croise sur les terrains ou alors des joueurs avec qui j’ai évolué comme Thierry Dusautoir à Bègles-Bordeaux, François Trinh-Duc et Fulgence Ouedraogo avec les Espoirs de Montpellier.

Comment abordez-vous votre nouveau statut ?

Julien BRUGNAUT : Beaucoup de gens étaient contents pour moi mais après je me suis concentré sur le match de Montauban parce qu’avec Dax, nous jouons notre survie à chaque rencontre. J’ai eu le temps de penser à l’équipe de France après ce match d’autant que les coups de fil des journalistes ne m’ont pas aidé à l’oublier (sourire) … j’ai coupé mon portable la journée de l’annonce, il faut prendre en compte ce changement de statut mais je ne m’en suis pas mal sorti parce que ma prestation à Montauban n’a pas été trop mauvaise. Après le match, dimanche, l’anxiété est montée d’un cran parce que je me suis posé plein de questions, est-ce que je vais avoir le niveau ? Tout le monde m’a rassuré et les deux premiers jours avec l’équipe m’ont conforté.

Vous avez un parcours atypique puisque vous avez commencé le rugby à Lille …

Julien BRUGNAUT : J’ai commencé le rugby à Lille mais ce sont uniquement mes premières sensations parce que j’ai vraiment découvert le rugby à Libourne. Mes parents ont déménagé à Libourne alors que j’étais au Collège c’est là que j’ai découvert les valeurs de ce sport et que je m’y suis accroché. Ensuite, je suis passé par Bègles-Bordeaux avant de partir jouer deux ans à Montpellier puis à Dax depuis 2006.

Votre présence montre qu’il existe des piliers en France à l’heure où l’on parle de pénurie ?

Julien BRUGNAUT : Il existe beaucoup de bons piliers en Pro D2 parce que les mêlées sont très disputées au contraire du Top 14. Nous ne manquons pas de piliers en France, il y en a beaucoup qui jouent tous les week-end en Pro D2 et qui tournent bien.

Qu’appréhendez-vous le plus lors de votre première sélection ?

Julien BRUGNAUT : Ma seule crainte concerne le contexte, il ne faut pas que je me fasse manger par le stade, l’avant match, les hymnes …je ne dois pas me laisser déborder par les émotions mais je fais confiance aux anciens pour me donner des conseils. Je dois me focaliser sur mon pilier adverse, sur ma première mêlée qui calque souvent ma performance sur le reste du jeu parce que j’aurai l’esprit libéré. Après, il faut que je remplisse mon rôle de pilier avant de penser à jouer. On demande beaucoup de choses à un pilier mais il doit faire avant tout son métier de base. 


Crédit photo : FFR / I.Picarel