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Date de publication : 19 Décembre 2008

« Terminer dans les quatre premiers »

Fréderic POMAREL, entraîneur de l’équipe de France féminine de rugby à 7, nous explique ses objectifs pour la saison 2008-2009 qui sera marquée par la première Coupe du monde de la spécialité.

Quel sont vos objectifs sur cette saison 2008-2009 ?

Fréderic POMAREL : Le rugby à 7 n’est pas vieux chez les féminines puisque nous n’avons une équipe de France féminine engagée dans des compétitions que depuis deux ans. Sachant que les filles qui jouent en 1ère Division, la base de notre détection, ne pratiquent pas de rugby à 7 puisqu’il n’y a pas de compétition domestique. Mon objectif, depuis deux ans, est un travail de formation et d’apprentissage du 7. Au début, 70% des filles découvraient un nouveau jeu. Nous en sommes encore aujourd’hui, à une soixantaine de jours de la Coupe du monde, à travailler sur des principes de jeu, des apprentissages fondamentaux. Les filles sont jeunes dans le rugby à 7 et nous ne pouvons avoir que des objectifs de formation.

Contrairement aux hommes, vous pouvez vous appuyer sur des joueuses internationales à 15, est-ce un avantage ?

Fréderic POMAREL : Non pas forcément ! Je n’ai pas les problèmes de Thierry Janeczek avec des contraintes de professionnalisme. Les filles adhèrent au rugby à 7 et elles le connaissent toutes plus ou moins puisqu’elles viennent de l’université. Maintenant, mon premier souci quand je reçois les filles, c’est de lutter contre les acquis du 15. Ce ne sont pas des principes contraires mais les fondamentaux sont différents. A chaque stage avec de nouvelles joueuses, je dois combattre les principes du 15. J’ai tout modifié, mes principes pédagogiques, le contenu, ma relation, ma communication, malgré tout la première séance reste toujours médiocre. Il faut un temps d’adaptation, certes de plus en plus court mais qui existe encore.

Quels sont les forces en présence au plan mondial ?

Fréderic POMAREL : Nous n’avons qu’une vague idée puisque nous allons participer à la première Coupe du monde de la spécialité. La donne va être différente entre le 15 et le 7. Il n’y a pas de petites nations à 7 ! Aujourd’hui, je ne sais pas ce que valent les Brésiliennes mais elles sont sorties premières de leur qualification. Au tournoi de Hong Kong, nous avons dû affronter les USA et les Canadiennes et nous avons chuté contre les Américaines. Les Néo-Zélandaises, les Australiennes et les Anglaises sont au dessus du lot. Ces dernières ont réussi à creuser un écart impressionnant en deux ans. Nous les avions battues deux fois sur la même compétition à Lunel en 2006 et nous avons pris plus de trente points l’année dernière à Limoges. Les Russes nous ont battues à Limoges, elles ont monté une structure quasi-professionnelle avec une Académie du 7. Les Espagnoles et les Italiennes sont très compétitives… 



Et les Françaises ?


Fréderic POMAREL : Je pense que nous nous en sortirons honorablement ! De toute façon, quand on s’engage dans une compétition, c’est pour la gagner. Maintenant, nous devons faire avec des inconnues. Nous allons prendre match après match et tenter de nous adapter aux situations. Dans tous les cas, ce que je sais, c’est que par rapport aux moyens donnés, nous avons fait le maximum. La préparation physique a été de qualité, les filles sont en train de bosser techniquement. Je suis très content de l’investissement des joueuses. Je ne sais pas ce que sera la compétition, nous pouvons nous planter ou avoir une bonne surprise mais nous avons fait ce qu’il fallait pour figurer dans les nations majeures. Ce qui pour moi signifie être dans les quatre premiers et jouer la Cup. Maintenant, nous risquons d’avoir une poule très difficile dès le départ avec directement un des cadors. C’est compliqué de pouvoir faire un pronostic mais nous serons prêts et nous aurons fait le maximum. Reste les impondérables du haut niveau, comme les blessures. L’absence de Delphine Plantet est un coup dur. Elle va nous manquer cruellement parce que c’est une des meilleures joueuses du monde à 15 ou à 7. Aurélie Groiseleau, la nouvelle Delphine Plantet, se retrouve dans la même situation. 



Crédit photo : FFR/IPicarel