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Date de publication : 20 Décembre 2008

« S’engager, c’est être responsable »

Elu avec plus des 94% des voix, Pierre CAMOU présidera à la destinée du rugby français pendant les quatre prochaines années.
Quel est votre premier sentiment à l’issue du vote unanime de l’Assemblée Générale ? 

Pierre CAMOU : Ce qui compte le plus pour moi ce sont les clubs et à travers cette élection, c’est la décision des clubs français de m’élire à la tête de la Fédération Française de Rugby. J’ai voulu que le vote se fasse à bulletin secret parce que je suis respectueux de la démocratie et de l’expression dans sa diversité la plus absolue, qu’elle soit en ma faveur ou en ma défaveur. C’est comme cela que l’on grandit et que l’on avance ! 

Dans votre allocution finale, vous avez tenu à prévenir le monde du rugby des années difficiles à venir ? 

Pierre CAMOU : Je l’ai toujours dit et mon métier me sert. N’oubliez pas que j’ai été banquier pendant plus de 30 ans et que je ne me fais pas d’illusions. Je préfère dire les choses en face pour que nous sachions ce qu’il risque d’arriver. Quand on voit la réalité en face, il ne faut s’en cacher mais se préparer à l’affronter. 

Premier signe fort de votre élection, vous avez annoncé que votre bureau serait au Centre National de Rugby ? 

Pierre CAMOU : Ce n’est pas un symbole mais depuis six ans, lors de mes interventions au Comité Directeur, j’ai toujours demandé à ce que le siège de la Fédération soit au Centre National de Rugby de Linas-Marcoussis, au plus près de la vie du rugby français. Comme il faut donner l’exemple pour faire bouger les hommes dans leur tempérament, je le fais et les différents services fédéraux suivront. Il ne s’agit pas de faire les cartons dans l’instant mais progressivement. Suivant la vie et les difficultés des uns et des autres, cela s’inclut dans un plan qui prendra deux ou trois ans. 

Vous avez aussi beaucoup insisté sur la décentralisation ? 

Pierre CAMOU : Je suis Président du Comité Côte Basque Landes et j’ai toujours lutté contre le dictat de l’état centralisateur. Je ne me suis jamais considéré comme un préfet mais comme un élu de mes clubs. J’aimerais que tout le monde vive en responsabilité parce que s’engager, c’est être responsable devant ses clubs tout en étant proche d’eux. Je ne veux pas que Paris s’occupe de tout ! Les comités territoriaux auront la liberté d’entreprendre tout en restant dans le cadre des contrats d’objectifs. Maintenant, qui dit liberté, dit responsabilité, il ne faut pas oublier les deux axes. Je veux que l’on arrête de réclamer la liberté à tout va et dès qu’il y a un souci, entendre que c’est de la faute de Paris. Il faut que chacun assume ses actes et ses décisions devant ses clubs. Il faudra définir des projets en commun parce que celui de la Côte Basque Landes ne peut pas être celui de la Bretagne ou des Pays de la Loire. Les réalités ne sont pas les mêmes, il faudra regarder comment arriver à la réalisation d’un objectif commun. On ne peut pas être simplement porteur d’argent ou porteur de subventions, il faut construire autour de projets qui doivent être portés par le terrain. 

Vous avez rappelé aussi le rôle prépondérant de l’équipe de France … 

Pierre CAMOU : Le club a sa fonction mais l’équipe de France en a une ultime, c’est la représentation de la France et il ne faut l’oublier. L’addition d’intérêts particuliers ne fait pas forcément l’addition d’intérêt général. L’’équipe de France est notre joyau et l’intérêt général de la France dans tous les sports. Je comprends les difficultés des uns et des autres mais je ne veux pas que l’on mélange les genres. 

Peut-on parler à votre propos d’homme des valeurs ? 

Pierre CAMOU : Il faut regarder la réalité en face ! J’arrive du monde financier, du virtuel absolu et il faut que la réalité reprenne l’espace et parce que nous avons eu tendance à construire des clubs sur des utopies. Il faut revenir sur terre et notre réalité, ce sont les hommes qui composent notre rugby français. Je suis conservateur sur les principes et sur les valeurs mais je suis un homme pragmatique conscient des réalités de notre monde. 

Allez-vous poursuivre à la tête du Comité Côte-Basque-Landes ? 

Pierre CAMOU : Non ! Les textes m’interdisent de cumuler les deux mandats et lors du prochain comité directeur, je céderai ma place mais j’en resterai membre.