Top menu



Vous êtes ici : historique > 2008 > « Nous serons intransigeants »
  Imprimer cette page






 
Date de publication : 18 Avril 2008

« Nous serons intransigeants »

Alain DOUCET, Secrétaire Général de la FFR, revient sur les décisions de la FFR relatives à la prévention de tout incident lors des matchs de rugby 
 
Qu’est-ce qui a poussé la FFR à prendre les décisions relatives à la prévention de tout incident lors des matchs de rugby ?

Alain DOUCET : Il s’avère que depuis peu de temps, je suis obligé de prendre position sur des évènements nauséabonds qui voient le jour sur des terrains où l’on a tendance à pratiquer du racisme basique sur des joueurs de nos clubs. Bien entendu, nous n’en sommes pas encore à des excès d’autres sports mais nous ne pouvons pas laisser ce genre de réflexions prendre racine dans nos stades. Les quolibets, les agressions verbales, les bassesses ne sont pas tolérables. Nous ne pouvons pas défendre avant, pendant et après la Coupe du monde, les valeurs de notre rugby, tolérance, respect et amitié, si nous acceptons la moindre petite tâche à la moralité qui doit être la nôtre. Le rugby est un sport de combat, il se gagne par le combat et le jeu et non pas par l’irrespect des règles.
Je crois que les faits relevant des joueurs existent mais ne sont pas la majorité, la majorité de nos problèmes vient du public, qui bien retranché à l’abri d’une tribune ou d’une main-courante, se permet de faire n’importe quoi. Il faut que ces gens comprennent que nous ne laisserons plus rien passer. Tous nos officiels de match ont pour consigne, en cas de troubles, d’arrêter la rencontre. Tant que le Président ou les services d’ordre du club organisateur n’auront pas expulsé du stade, le match ne pourra pas reprendre. Si cela traîne trop, le match sera définitivement arrêté avec toutes les conséquences que cela entraîne pour le club organisateur.

Vous serez intransigeant …

Alain DOUCET : J’y veillerai moi-même et nous serons effectivement intransigeants ! Je compte bien faire figurer ces principes dans les règlements généraux de la FFR, que nous voterons au Congrès de Vannes, en juillet.

Est-ce que les incidents de Pro D2 ont accéléré votre décision ?

Alain DOUCET : Ce ne sont pas des incidents à caractère racistes ou xénophobes. Ils sont du fait de bagarre que l’on rencontre depuis que le rugby existe et que malheureusement, nous ne pourrons pas jamais endiguer. Ce que nous voulons stigmatiser, c’est l’attitude du public. Si un arbitre est témoin de parole raciste, humiliante sur le terrain, il lui appartient d’exclure le joueur qui sera lourdement sanctionné. Par contre, la difficulté que nous rencontrons vient des tribunes. L’arbitre a la tête dans le match et ne peut pas forcément se rendre compte de ce qui se passe dans les tribunes. Au-delà de la phase de répression et de sanction de nos officiels, nous voulons une prise de conscience des dirigeants de club. Cela dépasse le simple cadre sportif, c’est de l’ordre de la citoyenneté, de l’humanité, du savoir être. Il n’y a rien de plus vil et de plus abject que de se mettre à l’abri d’une tribune pour vilipender un joueur qui n’a comme différence que ses origines. C’est d’une bassesse incommensurable.

Peut-on quantifier ce genre de débordements ?

Alain DOUCET : Là où nous comptions deux ou trois débordements les saisons précédentes, nous sommes à une dizaine cette année. Comme toutes les choses, plus on en parle, plus on en découvre. Les petits malins des villages, nous n’en voulons pas chez nous ! Nous serons très attentifs à ce genre de comportements parce que cela n’a rien à faire dans le rugby.