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Date de publication : 20 Mai 2008

« Nous rapprocher le plus possible des clubs »

Didier RETIERE, Responsable de l’Académie des 1ères lignes, fait le point à l’issue de la réunion de l’Académie Nationale qui s’est déroulée les 15 et 16 mai 2008 au Centre National de Rugby.
Un an après le lancement de l’Académie des 1ères lignes, où en êtes-vous ? 

Didier RETIERE : Au départ, nous ne savions pas trop où nous allions parce que c’était un chantier tellement énorme même si nous avions une idée générale. Dans un premier temps, l’objectif était qu’il y est une prise de conscience, nous avons énormément communiqué et les medias ont relayé l’information. Il n’y a pas eu d’effet de mode avec le Tournoi ou la Coupe du monde. On en a parlé toute la saison dans la presse régionale ou nationale. La vague a aussi pris tout le monde, des grands aux petits clubs. Nous avons la chance d’avoir avec nous des personnages emblématiques comme Louis Armary ou Jean-Pierre Garuet. 

Peut-être aussi parce que la 1ère ligne est un poste chargé de valeurs ? 

Didier RETIERE : C’est vrai aussi parce que ce qui est extraordinaire, c’est que tous ceux qui travaillent sur ce projet sont bénévoles. Personne n’a rechigné sur les contraintes que nous avons imposées. Nous avons été même obligés de faire une sélection. 

Quelles sont les objectifs pour la saison prochaine ? 

Didier RETIERE : Nous avons des référents dans chaque Comité Territorial. Nous avons commencé à travailler avec eux. Nous avons organisé un stage au CNR en novembre où chaque comité, en fonction de sa taille, était représenté ce qui faisait environ 60 personnes. La saison prochaine, nous avons un objectif ambitieux puisque nous voulons que chaque club de France ait eu une intervention d’un référent de l’Académie, peu importe le niveau ou la situation géographique. Nous devons aider les Conseillers Techniques et les référents à recruter d’autres personnes avec eux pour élargir le socle de la pyramide pour pouvoir se rapprocher le plus possible des clubs. 

Vous travaillez actuellement sur l’élaboration d’un contenu de formation … 

Didier RETIERE : Nous sommes en train de travailler sur trois axes d’interventions : les entraîneurs-éducateurs, les joueurs et les arbitres. L’Académie Nationale est représentative de ses trois composantes avec des arbitres de haut niveau, des anciens joueurs, des entraîneurs, des chercheurs, un blessé du rugby ou des féminines, .... C’est de ce travail en commun que sortent des idées novatrices et notamment un DVD qui sera un support général, accessible à l’ensemble des entraîneurs et aux arbitres, pour donner un panel d’exercices ou de démarches pour la formation au jeu en sécurité et au perfectionnement de la mêlée. En 2011, nous avons pour but d’avoir un référent reconnu dans chaque club ! 

Ce qu’a déjà fait le club du Canton du Pradet dans le Comité Côte d’Azur … 

Didier RETIERE : Ils ont été plus vite que ce que nous attendions. C’est génial et nous souhaitons, avec la Fédération, valoriser les initiatives de ce genre. Ce n’est pas l’apanage des grands clubs puisque c’est un club de série. C’est fabuleux ! Ils ont mis en place un projet qui change la dynamique du club parce qu’il y a la compétition mais aussi l’accompagnement des gamins, c’est un vrai projet citoyen. 

N’est-ce pas aussi le but de l’Académie des 1ères lignes ? 

Didier RETIERE : Absolument ! Nous avons un projet sur la sécurité en générale. C'est-à-dire qu’à un moment donné, il faut pouvoir vivre de sa passion du jeu sans mettre en péril sa santé, tout en acquérant des choses pour s’intégrer au mieux dans la société. 

Au niveau de la recherche, vous explorez de nombreuses pistes, est-ce que ce travail a déjà été fait à l’étranger ? 

Didier RETIERE : La Nouvelle Zélande a déjà travaillé dessus mais sur du haut niveau. De notre côté, ce qui fait la richesse de notre projet, c’est qu’il existe une dynamique générale intéressante puisqu’il y a un travail sur le haut niveau, sur le développement, sur le suivi du joueur. Nous avons une vision globale des choses et tout s’enrichit. Nous allons très loin dans la recherche, comme une camera embarquée sur le joueur au moment de l’entrée en mêlée, pour travailler sur le ressenti. Cela aura des effets sur comment enseigne-t-on la mêlée. Nous l’enseignons sur notre expérience, c’est un peu comme une coutume que l’on se transmet de génération en génération. C’est très riche, mais nous avons besoin de le théoriser pour faire évoluer les habitudes. Cela va permettre de garantir le maintien d’une identité à travers l’excellence et la performance. 

Justement, quel impact cela peut-il avoir sur le haut niveau ? 

Didier RETIERE : Si tout le monde travaille dans le même sens, cela va avoir un effet boule de neige, nous allons mieux former nos joueurs et forcément, nous aurons des résultats en haut de la pyramide avec les équipes de France. Ce que je constate aussi, c’est qu’il y a des effets qui dépassent la mêlée. On voit revenir au rugby des joueurs de première ligne qui avaient arrêté. Ils avaient l’impression qu’ils ne pouvaient plus rien apporter à un jeu qui évoluait considérablement. Les différentes évolutions du haut niveau avaient mis la mêlée sur le banc. Inconsciemment, tout le monde s’est dit que la mêlée n’était plus qu’une remise en jeu. On assiste à un retour en arrière et notre projet s’inscrit dans cette démarche de remettre la mêlée au cœur du combat et des valeurs que l’on attribue au jeu. Le haut niveau a tendance à normaliser les joueurs et ce joueur hors-norme qu’est le pilier ou le talonneur perdait peu à peu sa place.