Top menu



Vous êtes ici : historique > 2008 > « Nous ne laisserons pas les intentions de jeu au vestiaire »
  Imprimer cette page






 
Date de publication : 06 Novembre 2008

« Nous ne laisserons pas les intentions de jeu au vestiaire »

A la veille du premier match de la tournée d’automne de l’équipe de France, Marc LIEVREMONT revient sur la semaine d’entraînement et sur l’Argentine, bourreau des tricolores depuis quelques années.
Quel est votre sentiment sur cette première semaine d’entraînement ? 

Marc LIEVREMONT : Nous n’avons pas de certitude sur le match de samedi. En revanche, nous sommes vraiment satisfaits de l’engagement, de l’investissement des joueurs, de leur état de fraîcheur et de la qualité du travail. Nous avons vraiment condensé les séances de travail pour que les joueurs puissent bien récupérer. Nous avons également le sentiment que même si nous nous sommes quittés pendant des mois, il existe tout de même une forme de continuité dans le message. Nous ne sommes pas repartis à zéro et cela facilite le travail. C’est un précieux gain de temps ! 

Ce France -Argentine marque t-il un nouveau départ ? 

Marc LIEVREMONT : Nous avions prévenu que nous ferions, pendant notre première année, une revue d’effectif des potentiels français. Il a fallu reconstruire une équipe avec de nouvelles orientations de jeu. Nous avons toujours annoncé qu’un jour nous allions travailler avec un groupe restreint. Ce match est plutôt le début d’une évolution que d’un changement radical. Concernant l’opposition en elle-même, toute la semaine, nous n’avons pas évoqué le terme de revanche, même si cela peut trotter dans la tête de ceux qui ont joué la Coupe du monde. Nous n’avons pas un discours spécifique là-dessus. C’est un match de plus dans notre parcours qui doit nous amener à la Coupe du monde 2011. Nous restons sur trois défaites conséquentes de plus de 30 points et nous nous devons de mettre un terme à cette spirale mais cela n’a rien à voir avec ce match France – Argentine. 

Pourquoi l’Argentine nous pose toujours autant de problèmes ? 

Marc LIEVREMONT : Il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer ces six défaites en sept matches. Tout d’abord, ils sont tombés sur une génération exceptionnelle avec certains joueurs qui font partie des meilleurs mondiaux. Ils nous connaissent extrêmement bien puisqu’ils jouent dans nos clubs. Le rugby français les a aidés à grandir. Et puis ce sont des joueurs déracinés qui jouent comme une équipe déracinée. Ils sont très fiers de leur maillot, de leur couleur et ces matches internationaux sont le seul moyen pour eux de prouver la valeur rugbystique de l’Argentine. Ils ont même été en guerre contre leurs dirigeants. Tout cela renforce les liens de ces joueurs qui ont l’impression d’être seul contre tous à chaque fois et cela leur donne une rage de vaincre incroyable. Nous avons perdu une culture du combat. La règle permet de faire mal à l’adversaire physiquement et mentalement. Quand je dis faire mal, ce n’est pas de la provocation mais juste une notion qui doit rester dans l’esprit du rugby. Sur une mêlée, un placage réglementaire, une percussion, on peut user l’adversaire, le marquer psychologiquement. Il faut retrouver cette notion de combat et ce respect de nos adversaires. 

Vous attendez-vous à une partie où le jeu au pied sera prépondérant ? 

Marc LIEVREMONT : A moins que les Argentins ne changent radicalement leur façon de jouer, nous savons que c’est une composante importante de leur jeu. Les règles expérimentales ont fait évoluer le jeu avec une plus grande importance du jeu au pied. Face à cette équipe, nous ne pouvons pas contre-attaquer tous les ballons ou assumer l’essentiel du jeu : ils n’attendent que cela pour se nourrir de ballon de relance. Dans tous les cas, cela ne changera en rien notre philosophie. Notre fil rouge est basé sur les intentions de jeu. Nous ne les laisserons pas au vestiaire. Il faudra être lucide sur les ballons que l’on peut relancer et sur ceux que nous ne pouvons pas jouer. C’est ce qui nous a fait défaut pendant le Tournoi des VI Nations. 


Crédit photo : FFR/IPicarel