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Date de publication : 20 Novembre 2008

« Le joueur est au centre des préoccupations »

La formation française est à l’affiche du week-end du 21 au 23 novembre 2008 comme nous le confirme Jean-Claude SKRELA, Directeur Technique National, avec les Centres Elite U18/U19, l’équipe de France des moins de 18 ans et le stage de sélection des équipes de France féminine.
Ne constatez vous pas un saut de qualité de la formation française depuis quelques temps ? 

Jean-Claude SKRELA (Directeur Technique National) : Cela fait plusieurs années que nous avons des jeunes joueurs qui évoluent dans les groupes professionnels, dans le Top 14 ou la Pro D2. Je pense notamment à la génération des David, Parra, Bastareaud, Maestri. C’est aussi l’effet du Pôle France qui commence à se faire sentir. Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup avec les Centres de formation, avec les Pôles Espoirs. Le travail que nous effectuons sur les Centres Elite va être mutualisé avec ces structures pour être plus performant. 

Il y a beaucoup de joueurs de moins de 20 ans qui sont dans les groupes professionnels … 

Jean-Claude SKRELA : Ils sont intégrés plus rapidement que les générations précédentes, mais heureusement, c’est le but du jeu et ce pourquoi nous nous battons. C’est un des effets de notre travail avec les cadres techniques, les entraîneurs, les éducateurs. Aujourd’hui, le fait que les entraîneurs du Top 14 et de Pro D2 viennent se former aux nouveaux diplômes DES-JEPS et que l’on travaille sur des modules de formation, apporte un partage des compétences dans le seul but de faire progresser le joueur. Depuis quelques temps, nous tirons tous dans le même sens. Les entraîneurs professionnels viennent en formation. Les préparateurs physiques sont venus. Les directeurs et techniciens de Centre de formation ont été réunis. Tous les professeurs de Pôles Espoir ont été rassemblés. La ligne directrice de travail est la même pour tout le monde avec le joueur au centre des objectifs. Ca me parait très intéressant de constater que toutes ces relations vont dans le bon sens. 

Pourquoi avez-vous décidé de créér des Centres Elite pour les moins de 18 et 19 ans ? 

Jean-Claude SKRELA : Aujourd’hui, nous n’avons que 26 joueurs de moins de 19 ans au Pôle France et une dizaine de joueurs par Pôle pour les moins de 18 ans. Il reste énormément d’autres joueurs de qualité sur le reste du territoire. Dans la détection, nous voulons voir beaucoup plus de monde. Ce Centre Elite U18/U19 va s’appuyer sur des contenus de travail qui vont être distribués aux joueurs. Nous avons mis le joueur au centre des préoccupations pour pouvoir tirer des bilans plus pointus et élaborer des contenus plus qualitatifs. Nous voulons suivre le joueur plus en amont sur tous les facteurs clés de la performance. Il faut essayer de les rendre plus performants, surtout pour ceux qui ne sont pas dans nos structures. » 

Qu’attendez-vous du match de l’équipe de France des moins de 18 ans contre son homologue anglaise ?

Jean-Claude SKRELA : Le résultat est intéressant parce qu’il faut tenter de gagner chaque match que nous jouons mais le contenu est aussi important. C’est surtout la façon dont nous allons nous comporter qui m’importe. Aujourd’hui, nous nous apercevons que dans ces tranches d’âge, nous avons des difficultés. Nous sommes champions d’Europe mais c’est toujours limite. Ce match sert à évaluer la façon dont on va jouer le match et ce que l’on va mettre pour le gagner. Mais gagner pour gagner n’est pas le facteur premier.

Pouvez-vous mesurer, avec le recul, les bénéfices de l’absence de Coupe du monde chez les moins de 19 ans ? 

Jean-Claude SKRELA : En termes de travail et d’entraînement, c’est très positif parce que cela permet de travailler sur une vraie année avec moins de fatigue, plus de qualitatif. Ce serait bien d’avoir une compétition en juin. Je trouve qu’une compétition internationale comme une Coupe du monde est indispensable pour cette catégorie. Elle est formatrice parce que c’est du très haut niveau avec le résultat d’une année de travail. Cela permet de vivre une aventure humaine pendant trois semaines, de jouer les nations de l’hémisphère sud. Les joueurs avaient plus de maturité quand ils revenaient d’un championnat du monde. C’est une formidable expérience à vivre pour ces jeunes joueurs. Maintenant, c’est comme ça, nous nous adaptons. 

Cette volonté de s’adapter s’applique-t-elle aussi au Pôle France ? 

Jean-Claude SKRELA : Aujourd’hui, il faut que l’on s’adapte en fonction de la complémentarité avec les Centres Elite. Pour le Pôle France, il faut travailler sur un plan de succession en sachant que nous ne laisserons pas de grand joueur à la maison. L’équipe de France des moins de 19 ans devra être créée à partir des Centres Elite de moins de 18 et 19 ans. C’est notre fil conducteur pour les années à venir. Nous ne prendrons jamais 20 premières lignes mais par contre, nous ne nous interdirons pas d’en prendre les cinq ou six meilleurs. Par exemple, l’année dernière, nous avons pris cinq secondes lignes ! Nous ne prendrons pas six troisièmes lignes parce que nous n’avons pas de manque sur ce poste. Nous devons trouver un équilibre entre le recrutement des meilleurs joueurs et les manques sur des postes dans les équipes de France. 









Crédit photo : FFR/IPicarel