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Date de publication : 02 Juin 2008

« J’ai progressé sur la confiance »

Champion de France de Pro D2 avec Toulon, aux côtés de Victor Matfield et compagnie, Yoann MAESTRI réalise une saison magnifique. Le vice-capitaine de l’équipe de France des moins de 20 ans sera un des fers de lance des Tricolores dans la conquête de la Coupe du monde.
Quel bilan tirez-vous de votre saison ? 

Yoann MAESTRI : Je ne m’attendais pas du tout à effectuer une telle saison avec du temps de jeu. Quand tu vois débarquer Matfield, Oliver, Merthens ou Gregan, tu es déjà content de pouvoir t’entrainer avec eux pour apprendre à leur côté. J’ai eu la chance de jouer 21 matches de Pro D2, la plupart du temps avec Victor Matfield et en plus de décrocher le titre de champion de France. Je suis un pur produit toulonnais, j’y suis né et j’y ai grandi alors ça a vraiment une saveur spécial. C’est une grande fierté, un grand honneur de participer à cette aventure. Pour le moment, je ne réalise pas vraiment ce qui m’arrive mais j’aurai le temps de faire la fête avec mes coéquipiers à mon retour de la Coupe du monde. 

Sentez-vous une évolution personnelle entre le début et la fin de saison ? 

Yoann MAESTRI : Là où j’ai le plus progressé, c’est certainement sur la confiance. J’ai évolué aux côtés de joueurs internationaux, qui ont été ou sont champions du monde. J’ai dû me responsabiliser, m’endurcir, parce que je fais partie d’un groupe professionnel. Ensuite, physiquement, j’ai vraiment progressé parce que j’ai travaillé dur et puis j’ai joué pour ma première saison face à des adultes, des joueurs de 30 ans qui sont au top physiquement alors que moi, du haut de mes 19 ans, j’ai encore tout à faire. Il ne faut pas rester sur ses acquis et se remettre en question à tout moment, c’est comme cela que nous devrons aborder individuellement et collectivement la Coupe du monde. 

Une Coupe du monde qui sera la dernière grande compétition chez les jeunes pour votre génération … 

Yoann MAESTRI : Nous nous entendons vraiment bien et je pense que nous avons vraiment un truc à faire lors de cette compétition. C’est le dernier rendez-vous chez les jeunes pour nous. Nous pouvons vivre un quelque chose d’énorme. Nous nous sommes dit entre nous que c’est la dernière fois que l’on porte le maillot de l’équipe de France ensemble. Nous nous retrouverons peut être dans la grande mais ce sera compliqué et ça ne sera plus pareil. Là, nous vivons une aventure commune depuis plusieurs années avec notre génération. Nous évoluons tous rapidement avec certains qui sont titulaires en Top 14 ou en Pro D2 et nous devons nous recadrer sur nos cinq derniers matches ensemble. Chaque fois que l’on rentre sur le terrain, il faudra s’envoyer à fond comme si c’était notre dernière rencontre. Ensuite, il ne nous restera que les souvenirs à partager. 

Que pensez-vous de vos oppositions sur ce premier tour ? 

Yoann MAESTRI : Nous ne partons pas dans l’inconnu face à l’Italie et au Pays de Galles mais nous sommes loin d’avoir fait une belle saison avec les moins de 20 ans. Nous avons perdu deux matches dans le Tournoi et deux en matches amicaux. Nous n’avons pas un beau parcours et nous ne sommes vraiment pas les favoris de cette Coupe du monde. Nous ne connaissons pas le Japon et rien ne garantit que ce sera facile. L’Italie nous a posé de problèmes lors du Tournoi avec une formation accrocheuse et le Pays de Galles évoluera à domicile dans un contexte très positif. Même si nous avons de très bons résultats et que nous arrivons en demi-finales, nous serons toujours les outsiders. 



D’autant que vous allez jouer le Pays de Galles à domicile alors que vous vous êtes inclinés là bas pendant le Tournoi ? 

Yoann MAESTRI : Franchement, je vais vous surprendre mais je trouve ça énorme et je suis content de prendre le pays de Galles. On les joue chez eux, ils ont la pression et nous n’avons rien à perdre. Nous allons être dans un contexte difficile, nous allons nous faire siffler et moi j’aime évoluer dans ces conditions, ça me motive ! C’est paradoxal mais je pense que nous sommes plus à l’aise à l’extérieur, dans la dureté avec un gros challenge. 

Pourtant vous pourriez faire figure de favori avec cette prometteuse génération ? 

Yoann MAESTRI : Nous étions favoris lors du Tournoi parce que nous recevions l’Angleterre et deux autres pays. Nous n’avons pas du tout répondu aux attentes avec des mauvais, voir de très mauvais résultats. Il faut avoir la tête sur les épaules et tout reste à faire. Ce sera un défi permanent et nous devrons jouer chaque match comme une élimination directe. 

Avec la perspective de jouer une nation de l’hémisphère sud en cas de qualification pour les demi-finales ? 

Yoann MAESTRI : La Nouvelle Zélande est tenante du titre chez les moins de 19 ans alors que nous avons terminé 5ème dans la même compétition. Désormais, nous sommes tous en moins de 20 ans mais c’est pareil, le même contexte, ils seront favoris dans tous les cas de figure même si nous faisons des gros matches en poule. Reste qu’il faudra nous battre parce que nous nous sommes promis de ne rien lâcher et d’aller jusqu’au bout. 

Crédit photo : FFR/IPicarel