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Date de publication : 07 Novembre 2008

« Il n’y a pas d’esprit de revanche »

Louis PICAMOLES s’est imposé au centre de la 3ème ligne depuis l’arrivée des nouveaux entraîneurs du XV de France. Avant d’affronter l’Argentine pour la première fois, le numéro 8 des Bleus fait le point sur ce premier match un peu particulier de la tournée d’automne.

Comment voyez-vous ce match face à l’Argentine ? 

Louis PICAMOLES : Il n’y a pas d’esprit de revanche parce que beaucoup de joueurs, à commencer par moi, n’étions pas présents lors de cette rencontre. Maintenant, nous connaissons la valeur des Argentins. Nous devrons répondre présents sur tous les secteurs qui font leur force, sans jamais tomber dans l’écueil de l’envie de revanche de 2007. C’est comme ça que nous perdrons nos moyens et que nous tomberons dans la provocation. Nous devons casser la spirale négative face à l’Argentine, qui reste notre bête noire. Nous avons toujours eu des soucis face à eux parce qu’ils nous connaissent bien, qu’ils jouent quasiment tous dans notre championnat. A nous de changer cela samedi à Marseille, histoire de faire oublier qu’ils sont les seuls à avoir gagné au Stade Vélodrome et retrouver le respect de la part de nos adversaires. 

Pensez-vous que la France ne fasse plus peur ? 

Louis PICAMOLES : Au classement mondial, nous sommes 7ème ! Sincèrement, ce n’est pas la place de l’équipe de France. Nous avons tous à cœur de nous sortir de cette place, de retrouver cette forme de respect. Nous devons être craints par nos adversaires, ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui. Nous devons retrouver notre agressivité, notre cohésion d’équipe pour être redouté. Ca serait exagéré de dire que nous sommes sous-estimés par nos adversaires mais en Australie, on a entendu parler d’une équipe bis. Ce n’est pas très agréable pour les joueurs qui étaient là-bas ! Nous avons été atteints dans notre fierté parce que nous avions à cœur de relever le challenge. Ce sont tous ces messages qui font que nous devons retrouver la force qui faisait craindre aux adversaires d’affronter l’équipe de France. 

Avez-vous une façon différente de vous préparer pour ce genre de match ? 

Louis PICAMOLES : Les Argentins sont très agressifs, parfois à la limite de la règle mais cela ne changera pas forcément de certaines équipes du Top 14 qui se reposent beaucoup sur cet aspect. Il n’y a pas 50 façons de préparer cette rencontre, il faudra surtout rester vigilant pour ne pas répondre. Si nous sommes lucides alors nous pourrons imposer notre jeu. Les Argentins aiment se nourrir des fautes de l’adversaire et nous devrons leur donner le moins de munition possible. 

Quelle est l’influence des règles expérimentales sur la mêlée ? 

Louis PICAMOLES : Pour les troisièmes lignes centre, la règle concernant la mêlée n’est que bénéfique. Nous avons plus de possibilités derrière la mêlée. On peut porter le ballon avec plus de champ pour se lancer. La communication avec le 9 est plus simple puisque la défense à reculer de 5 mètres. Nous sommes agressés moins rapidement ce qui facilite la transmission de la balle. La mêlée est redevenue une rampe de lancement offensive, peut être plus intéressante que la touche. L’adaptation a été très simple et cela permet de fluidifier le jeu. 

Quels sont les secteurs où vous devez encore progresser ? 

Louis PICAMOLES : Je dois encore être plus régulier sur toute la durée d’une rencontre. J’ai encore du mal à conserver un niveau de jeu constant sur les 80 minutes de la rencontre. Je dois encore apprendre à gérer les temps faibles et les temps forts. Je dois aussi m’améliorer sur l’agressivité en défense. J’ai cette faculté en attaque mais il faut que j’arrive à l’avoir sur les placages. 




Crédit photo : FFR/IPicarel