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Date de publication : 05 Février 2008

« Adapter notre défense à nos envies d’attaque »

David ELLIS, spécialiste de la défense dans l’encadrement tricolore revient sur la performance défensive du XV de France face à l’Ecosse

Comment avez-vous trouvé la performance de la défense française face à l’Ecosse ?

David ELLIS : La performance française est globalement positive compte tenu du peu de temps que nous avions pour travailler. Nous sommes encore loin du compte mais pour une première sortie avec à peine une semaine de travail, il y a de quoi être satisfait. L’intégration des nouveaux joueurs n’est pas simple, il faut assimiler un nouveau système notamment dans l’organisation défensive. C’est toujours compliqué, même avec une équipe expérimentée, de se rassembler, de mettre de côté les habitudes de club, pour entrer dans un système propre au XV de France. Si en plus, vous ajoutez cinq ou six nouveaux … Franchement, je suis content de notre performance défensive face à l’Ecosse.

D’autant que l’ambitieux projet de jeu de l’encadrement tricolore rend votre tâche de spécialiste de la défense encore plus compliquée ?

David ELLIS : C’est plus compliqué ! Avec l’ancien système, nous savions que la défense était le point central de notre jeu et le dispositif défensif était plus simple à mettre en place. Nous n’avions pas de souci pour passer de la défense à l’attaque. Ce nouveau projet de jeu avec du mouvement dans tous les coins du terrain rend la défense plus ardue puisque les joueurs ne sont plus répartis sur le terrain de façon schématique. Face à l’Ecosse, je suis content de l’implication de chaque joueur parce qu’en jouant ce jeu d’attaque, il faut des joueurs qui font tous fait des efforts dans le replacement défensif. Personnellement, je trouve que c’est un nouveau challenge très intéressant parce que nous devons adapter notre défense à nos envies d’attaque.

Comment appréhendez-vous le match face à l’Irlande ?

David ELLIS : Ils ont de très bons joueurs de relance avec Dempsey, Murphy ou O’Driscoll qui peuvent contre-attaquer à chaque coin du terrain. Je garde en référence le match de 2006 où nous menions 29-3 à la mi-temps et finalement, nous ne l’emportons que 43-31 après une deuxième période cauchemardesque. Dès que nous avons relâché notre pression défensive, ils ont pris des risques, fait des relances dans leur 22 mètres. C’est difficile d’organiser une défense face à une équipe imprévisible justement parce que vous ne savez jamais d’où les coups vont partir. Il faudra que nous soyons très vigilants notamment avec notre jeu au pied. Il faudra impérativement ne pas donner des ballons de relance à cette équipe irlandaise. Il ne faut pas les laisser jouer parce que vous savez, les Irlandais sont tous passés par le football gaëlique, un sport fait de passe et de jeu au pied. Ils sont à l’aise avec un ballon !

La blessure de D’Arcy change-t-elle la donne dans votre organisation ?

David ELLIS : Ca change surtout quelque chose pour eux ! Son remplaçant Trimble est un ailier de formation très rapide mais surtout plus grand. Il possède moins d’appuis que D’Arcy et défie le centre du terrain avec son physique en passant les bras pour O’Driscoll. D’Arcy est plus un chercheur d’intervalle et d’espace.

Sur le plan des individualités, avez-vous trouvé un successeur à Serge Betsen ?

David ELLIS : Thierry Dusautoir a pris la relève. Comme on dit en anglais « A king is dead, long live the king » (NDRL : Un roi est mort, vive le roi). Je suis en train de découvrir aussi Fulgence Ouedraogo. C’est un joueur très intéressant avec le même bagage technique que Serge Betsen mais beaucoup plus rapide. Il couvre beaucoup de terrain et se trouve souvent en soutien sur les extérieurs. Il arrive très vite sur les rucks et il est capable de gratter des ballons. Il me fait penser à Richie McCaw. Dans tous les cas, face à l’Ecosse, son comportement sur le terrain a été très intéressant. Il est le numéro un au nombre de placage puisqu’il a effectué 17 placages dans ce match mais pour moi, ce qui est important, c’est que le nombre de placage est équilibré dans toutes les lignes. Par exemple, Elvis Vermeulen en a fait sept et son remplaçant Julien Bonnaire en totalise huit, ce qui donne 15 placages pour les numéros huit, quasiment le même chiffre que Ouedraogo ou Dusautoir. En cumulant les titulaires avec les remplaçants, nous avons quasiment le même nombre de placage entre les premières lignes ou les centres. Cela veut dire que la redistribution des joueurs dans la zone a été efficace.