« Une pression positive »
De la hausse du nombre de licenciés à l’engouement autour du Trophée Jean Prat, Alain DOUCET, Secrétaire Général de la FFR, tire le bilan de la saison 2006/2007
Quel bilan tirez-vous de la saison sportive qui va s’achever ce week-end avec les finales féminines ?
Alain DOUCET : C’est une saison classique qui se termine avec, pour notre grand bonheur, la compétition du Jean Prat qui monte en puissance d’année en année, malgré les nostalgiques qui veulent changer le format de nos compétitions tous les quatre matins. Globalement, nous sommes satisfaits même si dans l’avenir, il faudra que nous nous penchions sur la réforme profonde des compétitions cadets et juniors. Je reste persuadé que si nous voulons développer le rugby aux quatre coins de notre pays, il faut que les compétitions de jeunes soient adaptées aux zones géographiques avec des matches de proximité. Il faudra un jour perdre de vue le classement des équipes de jeunes par référence à celui de l’équipe première. Strasbourg, Nantes ou Lille ne doivent pas limiter leur formation chez les jeunes à cause du niveau de leur équipe senior.
Vous semblez plus préoccupé par l’extra sportif ?
Alain DOUCET : C’est vrai, nous sommes de plus en plus inquiets sur le dépassement des masses salariales, sur le fait que de nombreux clubs amateurs ne comprennent pas les signaux d’alarme que nous tirons depuis quelques temps. Il y a peu, la DNACG était confrontée à un ou deux clubs en difficulté. Aujourd’hui, nous avons à étudier beaucoup plus de dossiers notamment dans la partie nord de la France. Cela nous interpelle parce que ces clubs, pour se mettre à la hauteur des compétitions, prennent trop de risques. Ils confondent formation et armement artificiel à coup de transferts onéreux. Il faut poser un club dans la continuité et non pas chercher à percer absolument par tous les moyens possibles. Le retour de bâton n’en est que plus violent.
Est-ce dans cette optique que vous avez modifié le règlement des mutations ?
Alain DOUCET : J’attends beaucoup de cette réforme des mutations et j’en profite pour remercier le Comité Directeur de la FFR qui a accepté toutes nos propositions. Fin septembre, tous les clubs devront avoir bâti leurs équipes pour la saison et elles ne pourront plus prendre des joueurs en cours de championnat. Dans le même ordre d’idée, l’indemnité de formation pour les joueurs étrangers rétablira la discrimination dans le recrutement des joueurs espoirs.
La Coupe du monde arrive à grands pas et les Comités Territoriaux foisonnent de projets, vous attendiez-vous à un tel engouement ?
Alain DOUCET : Des milliers d’animations voient le jour à travers le pays, je pense notamment au Béarn, à la Côte d’Azur, au Centre ou à la Franche-Comté qui foisonnent de projets. Cela fait quatre ans que le Président Lapasset met une pression positive énorme sur le rugby français pour que nous puissions nous impliquer complètement dans la Coupe du monde, à travers notre équipe nationale, le Comité d’organisation et les personnes qui composent notre famille. Bernard Lapasset tire les fruits de son investissement quand il a porté la bonne parole dans tout le territoire. La mise en place des CLC et des emplois STAPS a amené une véritable dynamique dans nos régions surtout aux endroits où il n’y a pas de matches de la Coupe du monde. Nous sommes prêts à accueillir de nouveaux licenciés mais nous ne sommes pas dans une quête permanente. Si on peut sensibiliser le plus grand nombre à notre sport, c’est déjà énorme. Les gens ont compris que nous voulons partager cet évènement avec des amateurs de rugby mais aussi avec des personnes qui ne nous connaissent pas mais veulent partager des émotions ou faire la fête.
Vous attendez-vous à des difficultés la saison prochaine avec le départ tardif des compétitions après la Coupe du monde ?
Alain DOUCET : Nous ne serons pas dans une configuration classique, mais nos techniciens ont élaboré un calendrier solide qui ne devrait pas poser de soucis sauf si nous avons deux mois de neige et que nous devons faire face aux caprices de la météo. Nous ne pouvions pas faire autrement parce que les matches de la Coupe du monde ont lieu le samedi et le dimanche et il était inconcevable d’organiser nos matches de rugby amateur en même temps que ceux du Mondial. C’est notre Coupe du monde et nous pouvons nous payer le luxe d’une saison décalée quitte à ce que nous soyons confrontés à des problèmes d’organisation.
Cette organisation de la saison décalée est-elle pérenne ou est-ce juste à cause de la Coupe du monde ?
Alain DOUCET : Nous avons beaucoup de demandes pour décaler les saisons. Il y a trente ans, les championnats territoriaux commençaient en octobre. L’évolution de la société, de la pratique sportive, font que les clubs reprennent de plus en plus tôt. Les joueurs ont du plaisir à se retrouver et à pratiquer leur activité. Nous tirerons les conclusions à l’issue de cette saison mais nous ne sommes fermés sur aucune proposition.
Une nouvelle fois, la saison se termine sur une hausse du nombre de licenciés …
Alain DOUCET : La hausse des licenciés tient à plusieurs paramètres. Le premier, c’est la bonne image du rugby attachée à la Coupe du monde mais aussi à l’exposition médiatique de nos clubs professionnels. Ensuite, il y a tout le travail de nos équipes techniques sur le terrain renforcées par l’arrivée des STAPS. Et enfin, le travail des clubs et de tous ces gens de l’ombre. La conjoncture de tous ces éléments s’avère porteuse pour le rugby. Aujourd’hui, nous surfons sur la vague du succès. Si nous véhiculons une image de sport de contact sur le terrain, en dehors, nos supporters sont exemplaires. Nous réussissons à promouvoir auprès du
grand public, les qualités propres à notre sport. L’engagement physique et la confrontation à l’autre se marient avec le respect, la solidarité, l’amitié, le courage. Les débordements sont très rares en comparaison du nombre de rencontres par week-end. Ce que l’on vit sur le terrain, on le ressent dans les tribunes.
D’autant que vous serez encore plus sévère la saison prochaine avec ces fameux débordements …
Alain DOUCET : Nous considérons que lorsque nous avons des abcès, il faut les crever ! Les gens qui ne nous apportent rien, nous préférons nous en séparer. Ceux qui viennent sur le terrain pour se défouler sur un autre, nous n’en voulons pas ! Ce sport doit rester un jeu sain que l’on puisse faire pratiquer à tous. La saison prochaine, nous serons très sévères avec les comportements agressifs sur les bancs de touche et cela à tous les niveaux. Nous ne supportons plus les éducateurs, qui détiennent la vérité absolue, qui se permettent d’insulter l’arbitre ou les officiels de match. Je défie tous ces gens qui ont inventé le rugby, de prendre un maillot vert et un sifflet ! Après ils auront le droit de s’exprimer !
Alain DOUCET : C’est une saison classique qui se termine avec, pour notre grand bonheur, la compétition du Jean Prat qui monte en puissance d’année en année, malgré les nostalgiques qui veulent changer le format de nos compétitions tous les quatre matins. Globalement, nous sommes satisfaits même si dans l’avenir, il faudra que nous nous penchions sur la réforme profonde des compétitions cadets et juniors. Je reste persuadé que si nous voulons développer le rugby aux quatre coins de notre pays, il faut que les compétitions de jeunes soient adaptées aux zones géographiques avec des matches de proximité. Il faudra un jour perdre de vue le classement des équipes de jeunes par référence à celui de l’équipe première. Strasbourg, Nantes ou Lille ne doivent pas limiter leur formation chez les jeunes à cause du niveau de leur équipe senior.
Vous semblez plus préoccupé par l’extra sportif ?
Alain DOUCET : C’est vrai, nous sommes de plus en plus inquiets sur le dépassement des masses salariales, sur le fait que de nombreux clubs amateurs ne comprennent pas les signaux d’alarme que nous tirons depuis quelques temps. Il y a peu, la DNACG était confrontée à un ou deux clubs en difficulté. Aujourd’hui, nous avons à étudier beaucoup plus de dossiers notamment dans la partie nord de la France. Cela nous interpelle parce que ces clubs, pour se mettre à la hauteur des compétitions, prennent trop de risques. Ils confondent formation et armement artificiel à coup de transferts onéreux. Il faut poser un club dans la continuité et non pas chercher à percer absolument par tous les moyens possibles. Le retour de bâton n’en est que plus violent.
Est-ce dans cette optique que vous avez modifié le règlement des mutations ?
Alain DOUCET : J’attends beaucoup de cette réforme des mutations et j’en profite pour remercier le Comité Directeur de la FFR qui a accepté toutes nos propositions. Fin septembre, tous les clubs devront avoir bâti leurs équipes pour la saison et elles ne pourront plus prendre des joueurs en cours de championnat. Dans le même ordre d’idée, l’indemnité de formation pour les joueurs étrangers rétablira la discrimination dans le recrutement des joueurs espoirs.
La Coupe du monde arrive à grands pas et les Comités Territoriaux foisonnent de projets, vous attendiez-vous à un tel engouement ?
Alain DOUCET : Des milliers d’animations voient le jour à travers le pays, je pense notamment au Béarn, à la Côte d’Azur, au Centre ou à la Franche-Comté qui foisonnent de projets. Cela fait quatre ans que le Président Lapasset met une pression positive énorme sur le rugby français pour que nous puissions nous impliquer complètement dans la Coupe du monde, à travers notre équipe nationale, le Comité d’organisation et les personnes qui composent notre famille. Bernard Lapasset tire les fruits de son investissement quand il a porté la bonne parole dans tout le territoire. La mise en place des CLC et des emplois STAPS a amené une véritable dynamique dans nos régions surtout aux endroits où il n’y a pas de matches de la Coupe du monde. Nous sommes prêts à accueillir de nouveaux licenciés mais nous ne sommes pas dans une quête permanente. Si on peut sensibiliser le plus grand nombre à notre sport, c’est déjà énorme. Les gens ont compris que nous voulons partager cet évènement avec des amateurs de rugby mais aussi avec des personnes qui ne nous connaissent pas mais veulent partager des émotions ou faire la fête. Vous attendez-vous à des difficultés la saison prochaine avec le départ tardif des compétitions après la Coupe du monde ?
Alain DOUCET : Nous ne serons pas dans une configuration classique, mais nos techniciens ont élaboré un calendrier solide qui ne devrait pas poser de soucis sauf si nous avons deux mois de neige et que nous devons faire face aux caprices de la météo. Nous ne pouvions pas faire autrement parce que les matches de la Coupe du monde ont lieu le samedi et le dimanche et il était inconcevable d’organiser nos matches de rugby amateur en même temps que ceux du Mondial. C’est notre Coupe du monde et nous pouvons nous payer le luxe d’une saison décalée quitte à ce que nous soyons confrontés à des problèmes d’organisation.
Cette organisation de la saison décalée est-elle pérenne ou est-ce juste à cause de la Coupe du monde ?
Alain DOUCET : Nous avons beaucoup de demandes pour décaler les saisons. Il y a trente ans, les championnats territoriaux commençaient en octobre. L’évolution de la société, de la pratique sportive, font que les clubs reprennent de plus en plus tôt. Les joueurs ont du plaisir à se retrouver et à pratiquer leur activité. Nous tirerons les conclusions à l’issue de cette saison mais nous ne sommes fermés sur aucune proposition.
Une nouvelle fois, la saison se termine sur une hausse du nombre de licenciés …
Alain DOUCET : La hausse des licenciés tient à plusieurs paramètres. Le premier, c’est la bonne image du rugby attachée à la Coupe du monde mais aussi à l’exposition médiatique de nos clubs professionnels. Ensuite, il y a tout le travail de nos équipes techniques sur le terrain renforcées par l’arrivée des STAPS. Et enfin, le travail des clubs et de tous ces gens de l’ombre. La conjoncture de tous ces éléments s’avère porteuse pour le rugby. Aujourd’hui, nous surfons sur la vague du succès. Si nous véhiculons une image de sport de contact sur le terrain, en dehors, nos supporters sont exemplaires. Nous réussissons à promouvoir auprès du
grand public, les qualités propres à notre sport. L’engagement physique et la confrontation à l’autre se marient avec le respect, la solidarité, l’amitié, le courage. Les débordements sont très rares en comparaison du nombre de rencontres par week-end. Ce que l’on vit sur le terrain, on le ressent dans les tribunes. D’autant que vous serez encore plus sévère la saison prochaine avec ces fameux débordements …
Alain DOUCET : Nous considérons que lorsque nous avons des abcès, il faut les crever ! Les gens qui ne nous apportent rien, nous préférons nous en séparer. Ceux qui viennent sur le terrain pour se défouler sur un autre, nous n’en voulons pas ! Ce sport doit rester un jeu sain que l’on puisse faire pratiquer à tous. La saison prochaine, nous serons très sévères avec les comportements agressifs sur les bancs de touche et cela à tous les niveaux. Nous ne supportons plus les éducateurs, qui détiennent la vérité absolue, qui se permettent d’insulter l’arbitre ou les officiels de match. Je défie tous ces gens qui ont inventé le rugby, de prendre un maillot vert et un sifflet ! Après ils auront le droit de s’exprimer !











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