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Date de publication : 13 Septembre 2007

« Remettre les choses dans l’ordre »

Après la déception de l’Argentine, Clément POITRENAUD réintègre le groupe France et retrouvera le terrain et Toulouse avec des ambitions personnelles et collectives.

Comment avez-vous vécu le match contre l’Argentine dans les tribunes ?

Clément POITRENAUD : Ne pas être dans le groupe, être impuissant, ce n’est pas évident, je ne suis pas le seul dans ce cas. Chaque joueur qui était dans les tribunes a vécu des moments difficiles mais heureusement parce que cela veut dire que nous ne sommes pas indifférents et que nous sommes concernés par ce qui se passe et que nous faisons partie de ce groupe. Nous avons vécu tous ensemble une défaite frustrante, la différence est que nous n’avons pas pu extérioriser cette gêne alors que les autres ont pu le faire sur le terrain. Nous les avons senti fébriles lors des 20 premières minutes avec des erreurs que nous n’avons pas l’habitude de faire, avec des fautes de main, de placement, des détails qui ne sont pas normaux chez les joueurs.

Comment avez-vous réagi sur le tumulte autour de la lecture de la lettre de Guy Môquet ?

Clément POITRENAUD : Cette lettre fait partie d’un contexte bien particulier que nous avions bien en tête mais qui a été sortie de son contexte pour en faire quelque chose qui n’est pas conforme à la réalité. Bien entendu que jouer un match de Coupe du monde n’a rien à voir avec le fait de mourir pour son pays, nous sommes tous bien conscients de cela mais par contre cela fait appel à des notions de courage, de solidarité, de camaraderie, qui ne sont pas étrangères dans notre sport. Si on prend l’enchaînement des faits, cette lettre venait rebondir parfaitement sur le discours de Bernard Laporte, juste avant où il faisait appel à notre solidarité sur le terrain, à la fierté de pouvoir endosser le maillot tricolore. Les séquences ont été prises et sorties de leur contexte mais ce sont des moments d’intimité du vestiaire qui ne peuvent pas être isolés car ils participent à une montée en pression globale. Si on voit uniquement Clément Poitrenaud, lire une lettre de façon très solennelle, on peut se dire, ils sont fous, ils ne partent pas à la guerre. Mais si on regarde l’intégralité de la préparation du match, c’est 5 minutes d’une journée avec la remise des maillots, le discours de l’entraîneur… Il ne faut pas déformer la réalité des choses.

Après l’annonce de l’équipe pour l’Argentine, avez-vous douté de n’être confiné qu’à des rôles secondaires ?

Clément POITRENAUD : Pas du tout ! Les sélectionneurs m’ont expliqué clairement pourquoi je n’étais pas dans le groupe. Tout simplement parce qu’il y avait 5 avants sur le banc des remplaçants pour seulement deux trois-quarts et que Cédric Heymans était le plus polyvalent d’entre nous pour couvrir plusieurs postes. Entre le fait que cela soit difficile à vivre et le fait de renoncer, il y a quand même une séparation. Je l’ai compris, je l’ai accepté, ce sont les choix des entraîneurs et je n’ai pas à les commenter.

Comment abordez-vous le match contre la Namibie qui semblait n’être qu’une formalité au départ ?

Clément POITRENAUD : Nous nous sommes mis dans la difficulté en perdant ce premier match, nous n’avons pas de question à nous poser, il va falloir se lâcher et marquer quatre essais. Nous allons rentrer sur le terrain pour gagner, remettre les choses dans l’ordre et notamment sur nos fondamentaux, la conquête et l’occupation du terrain. Maintenant, nous savons que ce ne sera pas un match facile, sauf si nous le rendons facile ! Toutes les équipes sont bien préparées même les plus petites, mais elles craquent au bout d’un moment, nous devrons être patients et ne pas nous prendre la tête au bout de dix minutes, si nous tombons sur un mur. Nous devons retrouver de la confiance dans des choses simples. C’est un match international comme un autre !

Vous devez être heureux de vous retrouvez à huit toulousains parmi les titulaires …

Clément POITRENAUD : Je suis très content de pouvoir jouer ce match à Toulouse, face à notre public. Cela apporte une saveur particulière à cette rencontre. Mais c’est surtout le fait de pouvoir jouer avec Vincent et Cédric (NDRL : Clerc et Heymans). Nous aimons bien nous retrouver sur le terrain ensemble. Nous avons déjà eu l’occasion de le faire face à l’Ecosse lors du dernier match du Tournoi. Nous aurions fait le Grand Chelem avec Yannick Jauzion mais il ne peut pas jouer tous les matches, il a besoin de se reposer et il aura fort à faire face à l’Irlande face à la paire O’Driscoll-D’Arcy. Et puis avec Damien Traille et David Marty, nous nous entendons bien et je pense que nous prendrons du plaisir à jouer ensemble.