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Date de publication : 17 Octobre 2007

« Nous devons nous imposer pour notre public »

Bernard LAPORTE entame sa dernière semaine à la tête du XV de France. Le sélectionneur tricolore revient sur la composition de l’équipe qui affrontera l’Argentine et sur ses sentiments à l’entame du dernier chapitre de son histoire à la tête des Bleus.

Sur quels critères vous êtes vous appuyé pour composer cette équipe ?

Bernard LAPORTE : Déjà, nous avons trois forfaits, Fabien Pelous, Olivier Milloud et Yannick Jauzion. Nous avons tenu compte de la fraîcheur de nos troupes, de la capacité de certains joueurs à pouvoir enchaîner trois matches consécutifs. Nous avions envie que les huit qui n’ont pas joué contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande soient dans les 22 parce qu’ils ont été exemplaires depuis le début de la compétition. Parfois, je sais que ça a été difficile pour eux mais ils ont toujours joué le jeu, ils n’ont jamais tiré l’équipe en arrière. A la mêlée, Pierre Mignoni n’a pas 80 minutes dans les jambes, mais tous les remplaçants rentreront et devront nous apporter cette fraîcheur nécessaire dans les 30 dernières minutes. Cette équipe devra nous permettre de sortir la tête haute. C’est notre volonté, nous devons nous imposer pour notre public. Ce sera une façon de les remercier même si nous voulions aller au bout pour pouvoir partager le titre de Champion du monde.

N’avez-vous pas eu l’intention de faire jouer ceux qui vont arrêter ?

Bernard LAPORTE : Non pas du tout ! Serge Betsen par exemple n’est pas dans les 22 parce qu’il est fatigué, émoussé. Nous avons hésité à le mettre sur le banc mais Rémy Martin a de l’enthousiasme. Nous ne sommes pas là pour faire des cadeaux mais pour gagner ce match pour la 3ème place. Nous ne pouvons pas dire aux huit qui n’ont pas joué, on va faire le jubilé de cinq de nos joueurs ! Ils ne comprendraient pas et de toute façon, ce n’est pas dans notre mentalité. Nous devons bien terminer la compétition en alignant l’équipe en forme du moment.

Qu’attendez-vous de la revanche face aux Argentins ?

Bernard LAPORTE : Premièrement, nous avons perdu 5 matches sur 6 contre eux et nous voulons mettre fin à cette hémorragie. Ensuite, dans le jeu, nous n’avons pas pu jouer nos ballons contre l’Angleterre parce qu’ils nous ont perturbé dans tous les secteurs. Sur la touche ou sur la mêlée, nous ne pouvions pas lancer notre jeu, nous sommes tous par terre et eux tous debout parce qu’ils nous ont écroulé nos mauls. Il faudra que nous soyons forts devant pour bien négocier nos ballons. Nous devons remédier à ce problème parce que le rugby commence par là ! Dans l’alternance, nous n’avons pas trop abusé des ballons portés mais nous le rendons trop vite après.

Quel discours tenez-vous aux joueurs ?

Bernard LAPORTE : Je pense qu’ils n’ont pas envie de galvauder ce match, je leur ai dit que le rugby ne s’arrêtait pas avec la fin de la Coupe du monde. A part quelques joueurs qui vont mettre un terme à leur carrière, 90% de l’équipe sera là pour le Tournoi des VI Nations 2008. Dans trois mois, la saison internationale recommence. C’est une étape de plus pour l’avenir, certains doivent profiter de ce match pour montrer qu’ils seront présents dans le futur.

Comment vivez-vous votre dernière semaine à la tête de l’équipe de France ?

Bernard LAPORTE : C’est assez étrange, c’est vrai. Je pense que cela me fera vraiment quelque chose à la remise des maillots. En début de semaine, je suis encore dans le match, j’ai encore des choses à vivre avec eux. C’est aussi la dernière de certains joueurs, je ne veux pas que l’on se focalise sur moi parce que ce sera aussi le dernier match ou la dernière semaine de certains joueurs qui ont écrit l’histoire de l’équipe de France. Je m’exprimerais certainement la veille mais je ne veux pas perturber la préparation du match et la remise des maillots se fera normalement.