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Date de publication : 24 Juillet 2007

« Nous avons une mission »

Après deux semaines de stage loin du CNR, Jo Maso, Manager du XV de France, revient sur le premier mois de préparation physique des tricolores.
Quel bilan tirez-vous des deux semaines de stage, à Val d’Isère et à Font Romeu ? 

Jo MASO : C’est très positif sur plusieurs plans. D’abord sur la détermination et l’esprit de conquête de nos joueurs. Ils n’ont rechigné sur aucune des propositions qu’on leur a faites que ce soit sur le plan physique, de la musculation, de l’entraînement sur le terrain. C’est la principale indication pour nous. Ensuite, c’est tout l’engouement qu’il y a pu avoir autour de l’équipe. On pensait qu’il y aurait du monde, mais de là à rallier 3 000 à 4000 personnes à Font-Romeu, 500 à 600 à Val d’Isère, c’était vraiment une surprise très agréable pour moi qui ait vécu deux autres préparations de Coupe de monde. Cela a demandé de la correction en terme d’organisation mais tout est rentré dans l’ordre. Ces encouragements ont été une vraie force pour l’équipe ! C’était surprenant mais agréable. 

Justement allez-vous ouvrir les entraînements au public ? 

Jo MASO : L'Équipe de France aura 3 cessions d'entraînement public pendant le mois d'août et 2 cessions pendant la compétition. (NDRL : pour le mois d'Août : les mercredi 8, 15 et 22 le matin de 10 h 00 à 11h30). Ces entraînements ne sont pas ouverts au sens propre, ils sont sur invitation du public par les collectivités territoriales. En effet, le site du CNR ne peut pas accueillir plus de 800 personnes dans sa tribune, et pour des raisons de sécurité nous avons mis en place cette solution afin de permettre de tenir ces sessions d'entraînement public. 

Vous avez confronté vos joueurs à un stage commando de deux jours ? 

Jo MASO : Le discours que l’on a tenu au colonel et aux quatre personnes qui encadraient ce stage était de faire très attention aux exercices périlleux pour éviter les blessures. Nous sommes contents parce que nous n’avons pas de blessures à déplorer. Tous les joueurs sont revenus sans problème avec une grosse fringale parce que qu’ils ont fait à manger eux-mêmes. Ils ont fait le pain, ils ont fait cuire les aliments à leur disposition. Ce n’était pas la colonie de vacances. Ils étaient contents de rentrer chez eux après quinze jours entre nous. Ils étaient heureux d’avoir bien bossé, que ce soit les plus jeunes ou ceux qui ont déjà vécu des Coupes du monde. Ils étaient contents d’avoir donné tout ce qu’ils pouvaient en terme d’implication individuelle. Notre staff qui les encadre a été surpris par leur capacité à se dépasser dans certaines actions mises en place. Les joueurs étaient hyper enthousiastes. Cela faisait plaisir à voir. Jamais je n’ai entendu quelqu’un se plaindre, ils ont encaissé la préparation physique avec hargne. Ils savent où ils vont ! On les pèse toutes les semaines. C’est un critère pour voir le pourcentage de masse musculaire. Petit à petit, ils arrivent à un poids de forme, un poids idéal. 

Après trois semaines, comment sentez-vous les joueurs ? 

Jo MASO : Les joueurs sont hyper motivés pour toucher le ballon, quand je vois des joueurs comme Michalak ou Pelous, je sens qu’Ils ont vraiment envie. C’est la première fois en trois préparations de Coupe du monde que je les sens aussi déterminés en avance. On sent que c’est une Coupe du monde particulière parce qu’elle est jouée chez nous. Tous veulent montrer qu’ils peuvent y participer. Ils sont dans les trente, mais après ils voudront tous jouer les matches. Aucun ne rechigne à faire ce qu’on leur propose. Par exemple, les joueurs ont décidé de dormir à la belle étoile pendant le stage commando et d’aller jusqu’au bout des exercices alors que nous avions prévu qu’ils reviendraient à la caserne. C’est intéressant pour nous parce que plus ils prendront des initiatives, moins ils nous donneront à bosser, plus on sera content. On a affaire à des joueurs adultes, qui savent exactement ce qu’ils veulent et qui donnent du sens à cette préparation. Cela débouche sur une vraie détermination. 

Trouvez-vous une évolution des joueurs par rapport aux précédentes préparations ? 

Jo MASO : Je dirai qu’ils sont plus déterminés notamment chez les anciens parce qu’ils savent que c’est la dernière compétition majeure pour eux. Ils sont en train de booster tout le groupe. Dominici, Ibanez, Pelous sont hyper déterminants dans la volonté globale du groupe. Ca, je ne l’avais jamais vécu avant. Je les sens plus adulte. Ils donnent du sens à cette préparation. Avant, les joueurs avaient tendance à suivre nos instructions, nous dictions en permanence ce qu’ils fallaient faire. Ils sont partis prenante du projet à 100% 

Justement, les joueurs ont-ils un droit de regard sur le contenu de la préparation ? 

Jo MASO : Comme tous les lundi, on a justement une réunion avec nos leaders (ndlr : Ibanez, Pelous, Betsen, Dominici, Jauzion + deux joueurs qui tournent à chaque fois) pour faire le point sur ce qui a très bien fonctionné ou ce qui a moins été, que ce soit de leur côté ou du notre. Nous avançons bien et les rapports sont très conviviaux parce qu’on partage les bons et moins bons moments en essayant de corriger les problèmes. Nous abordons le programme sportif et le programme en dehors du terrain. 

Comment abordez-vous les trois matches de préparation ? 

Jo MASO : Pour les trois, on va faire tourner toute l’équipe. Tout le monde va jouer. Mais sur le troisième match, les leaders ne seront peut-être pas impliqués parce que le match contre l’Argentine se jouera deux semaines après et c’est notre objectif primordial. Nous ne devons pas nous manquer. L’Argentine est une grande équipe, on connaît ses joueurs, leurs qualités. Ils sont à 80 % dans notre championnat. Si on n’est pas à fond sur tous les plans, mental et physique, on ne gagnera pas. C’est aussi simple que cela. Pour avoir discuté avec Raphaël Ibanez, Fabien Pelous et Jérôme Thion, qui les ont déjà joués plusieurs fois, je sens qu’il y a une vraie détermination chez eux pour ne pas manquer ce match. Franchement, pour le moment nous n’avons rien défini parce que nous sortons d’une phase de préparation physique. Nous allons entrer désormais dans la phase technique.