« Nous avons des certitudes collectives »
Avec le retour des entraînements avec opposition, Raphaël IBANEZ nous explique le changement d’état d’esprit du groupe France.
Etes-vous surpris par l’intensité que l’équipe de France met dans sa préparation depuis 5 semaines ?
Raphaël IBANEZ : La position de l’équipe de France avant cette Coupe du monde est assez inédite parce que nous recevons les autres nations chez nous et que notre poule n’a jamais été aussi relevée. Cela fait que nous devons être prêts très tôt, c’est pour cela qu’en amont, nous avons dû travailler dans le qualitatif avec une préparation physique assez intense. C’est vrai que parfois certaines séances sont violentes mais il faut savoir ce que l’on veut. Nous sommes exactement dans le type de préparation d’une équipe qui prétend devenir championne du monde.
On sent un nouvel état d’esprit dans l’intensité que vous mettez à l’entraînement …
Raphaël IBANEZ : Sur l’engagement au niveau des entraînements, c’est solide … (rires) … très solide ! Tout simplement parce que les joueurs, en dehors des séances de courses ou de musculation très éprouvante, sont contents de retrouver le ballon, le contact. C’est un soulagement de retrouver ce qui fait notre nature de joueur de rugby même si cela se fait parfois au détriment de l’aspect technique dans la continuité du jeu. On le voit sur des entraînements en opposition, sur des séquences courtes, il y a encore pas mal de ballons échappés. Sans le vouloir, cela nous permet de travailler le passage attaque défense. En terme de jeu, nous avons encore besoin de précision !
La concurrence est un élément moteur de ce nouvel état d’esprit ?
Raphaël IBANEZ : Cela serait très malheureux si les joueurs partaient battu d’avance mais je crois que tout le monde l’a compris. Personnellement, je ne me sens pas protégé par mon statut de capitaine et je ne veux surtout pas l’être. Je me dois de prendre en compte la concurrence dans ma préparation parce qu’elle est essentiel pour être performant sur le terrain quelque soit le statut du joueur. Comme le dit Christophe Dominici, être cadre ne veut pas dire être titulaire. Ce sont les plus méritants et les plus en forme qui joueront cette Coupe du monde.
Où en êtes-vous au niveau du jeu ?
Raphaël IBANEZ : Nous avons des certitudes collectives qui existent depuis quelques années mais nous avons besoin de jouer des matches amicaux pour peaufiner notre jeu. Ca peut paraître bateau ce que je dis mais le jeu sera à l’image des joueurs, ce sont eux qui le font. Le profil des joueurs des l’équipe de France est très intéressant, nous avons des joueurs capables de franchir la ligne d’avantage, d’autres qui sont capables de créer des espaces. Nous n’allons pas modifier notre jeu qui reste performant depuis quelques années. Mais nous apporterons quelques innovations qui, sur une compétition à niveau égal, peuvent faire la différence.
L’encadrement a annoncé que le score des matches amicaux n’était pas très important, en tant que joueur partagez-vous le même avis ?
Raphaël IBANEZ : De toute façon, les matches contre l’Angleterre n’ont et n’auront jamais rien d’amical. Le terme est dépassé, à la limite ce sont des rencontres de préparation mais en aucun cas un match amical. C’est la suprématie sur l’hémisphère nord qui se joue. Ces matches ont toujours un caractère spécial au niveau de l’engagement, de l’intensité. Ces trois rencontres comptent beaucoup pour nous les joueurs. Nous avons une vision différente de l’encadrement qui veut voir le comportement global de l’équipe, qui tire son épingle du jeu, les complémentarités qui existent entre nous. Après ces trois rencontres, nous aurons des réponses sur nos capacités au niveau stratégique, tactique, technique avec des lancements de jeu que nous allons essayer. Un joueur de rugby est d’abord un compétiteur, nous nous entraînons très dur pour ne pas tenir compte du résultat !
Est-ce que les trois matches amicaux peuvent remettre en question votre sérénité ?
Raphaël IBANEZ : Bien entendu ! L’équipe va être secouée parce qu’il y aura des choix de l’encadrement, des repères à trouver ou à retrouver. Nous allons être moins guidés que depuis le départ. Mais c’est cette part d’inconnu qui est excitante. Il faut que nous soyons face à nous-mêmes et que nous nous libérions sur des matches de rugby.
Quel écueil devez-vous éviter dans les semaines qui viennent ?
Raphaël IBANEZ : Il ne faut surtout pas se faire « bouffer » par l’évènement. Nous ne devons pas céder du terrain parce que nous prenons trop la mesure de l’évènement. L’idée, c’est d’imposer nos volontés individuelles et collectives et que chacun n’attende pas la solution du copain d’à côté. Nous devons nous servir de l’émotion que va générer la Coupe du monde pour la rendre positive, c’est la clé de notre approche mentale de la compétition. C’est un tel bonheur pour une équipe de pouvoir jouer la plus grande épreuve sur son territoire que nous ne devons pas passer à côté.
Votre expérience anglaise vous aide t-elle à gérer ce côté émotionnel ?
Raphaël IBANEZ : Il y a toujours eu chez moi cette dualité entre l’agressivité naturelle et ce besoin d’être lucide dans les situations de pressions extrêmes. Mon passage à la culture anglaise m’a beaucoup apporté parce que j’ai pu mettre en relief certains aspects de ma personnalité. Je crois que tant que jouerais au rugby, j’aurai toujours cet équilibre à trouver, cette compétition entre deux éléments de ma personnalité. La passion fait partie de notre caractère latin que je revendique complètement mais j’ai ajouté un certain regard anglo-saxon qui me permet de prendre plus de recul qu’avant.
Raphaël IBANEZ : La position de l’équipe de France avant cette Coupe du monde est assez inédite parce que nous recevons les autres nations chez nous et que notre poule n’a jamais été aussi relevée. Cela fait que nous devons être prêts très tôt, c’est pour cela qu’en amont, nous avons dû travailler dans le qualitatif avec une préparation physique assez intense. C’est vrai que parfois certaines séances sont violentes mais il faut savoir ce que l’on veut. Nous sommes exactement dans le type de préparation d’une équipe qui prétend devenir championne du monde.
On sent un nouvel état d’esprit dans l’intensité que vous mettez à l’entraînement …
Raphaël IBANEZ : Sur l’engagement au niveau des entraînements, c’est solide … (rires) … très solide ! Tout simplement parce que les joueurs, en dehors des séances de courses ou de musculation très éprouvante, sont contents de retrouver le ballon, le contact. C’est un soulagement de retrouver ce qui fait notre nature de joueur de rugby même si cela se fait parfois au détriment de l’aspect technique dans la continuité du jeu. On le voit sur des entraînements en opposition, sur des séquences courtes, il y a encore pas mal de ballons échappés. Sans le vouloir, cela nous permet de travailler le passage attaque défense. En terme de jeu, nous avons encore besoin de précision !
La concurrence est un élément moteur de ce nouvel état d’esprit ?
Raphaël IBANEZ : Cela serait très malheureux si les joueurs partaient battu d’avance mais je crois que tout le monde l’a compris. Personnellement, je ne me sens pas protégé par mon statut de capitaine et je ne veux surtout pas l’être. Je me dois de prendre en compte la concurrence dans ma préparation parce qu’elle est essentiel pour être performant sur le terrain quelque soit le statut du joueur. Comme le dit Christophe Dominici, être cadre ne veut pas dire être titulaire. Ce sont les plus méritants et les plus en forme qui joueront cette Coupe du monde.
Où en êtes-vous au niveau du jeu ?
Raphaël IBANEZ : Nous avons des certitudes collectives qui existent depuis quelques années mais nous avons besoin de jouer des matches amicaux pour peaufiner notre jeu. Ca peut paraître bateau ce que je dis mais le jeu sera à l’image des joueurs, ce sont eux qui le font. Le profil des joueurs des l’équipe de France est très intéressant, nous avons des joueurs capables de franchir la ligne d’avantage, d’autres qui sont capables de créer des espaces. Nous n’allons pas modifier notre jeu qui reste performant depuis quelques années. Mais nous apporterons quelques innovations qui, sur une compétition à niveau égal, peuvent faire la différence.
L’encadrement a annoncé que le score des matches amicaux n’était pas très important, en tant que joueur partagez-vous le même avis ?
Raphaël IBANEZ : De toute façon, les matches contre l’Angleterre n’ont et n’auront jamais rien d’amical. Le terme est dépassé, à la limite ce sont des rencontres de préparation mais en aucun cas un match amical. C’est la suprématie sur l’hémisphère nord qui se joue. Ces matches ont toujours un caractère spécial au niveau de l’engagement, de l’intensité. Ces trois rencontres comptent beaucoup pour nous les joueurs. Nous avons une vision différente de l’encadrement qui veut voir le comportement global de l’équipe, qui tire son épingle du jeu, les complémentarités qui existent entre nous. Après ces trois rencontres, nous aurons des réponses sur nos capacités au niveau stratégique, tactique, technique avec des lancements de jeu que nous allons essayer. Un joueur de rugby est d’abord un compétiteur, nous nous entraînons très dur pour ne pas tenir compte du résultat !
Est-ce que les trois matches amicaux peuvent remettre en question votre sérénité ?
Raphaël IBANEZ : Bien entendu ! L’équipe va être secouée parce qu’il y aura des choix de l’encadrement, des repères à trouver ou à retrouver. Nous allons être moins guidés que depuis le départ. Mais c’est cette part d’inconnu qui est excitante. Il faut que nous soyons face à nous-mêmes et que nous nous libérions sur des matches de rugby.
Quel écueil devez-vous éviter dans les semaines qui viennent ?
Raphaël IBANEZ : Il ne faut surtout pas se faire « bouffer » par l’évènement. Nous ne devons pas céder du terrain parce que nous prenons trop la mesure de l’évènement. L’idée, c’est d’imposer nos volontés individuelles et collectives et que chacun n’attende pas la solution du copain d’à côté. Nous devons nous servir de l’émotion que va générer la Coupe du monde pour la rendre positive, c’est la clé de notre approche mentale de la compétition. C’est un tel bonheur pour une équipe de pouvoir jouer la plus grande épreuve sur son territoire que nous ne devons pas passer à côté.
Votre expérience anglaise vous aide t-elle à gérer ce côté émotionnel ?
Raphaël IBANEZ : Il y a toujours eu chez moi cette dualité entre l’agressivité naturelle et ce besoin d’être lucide dans les situations de pressions extrêmes. Mon passage à la culture anglaise m’a beaucoup apporté parce que j’ai pu mettre en relief certains aspects de ma personnalité. Je crois que tant que jouerais au rugby, j’aurai toujours cet équilibre à trouver, cette compétition entre deux éléments de ma personnalité. La passion fait partie de notre caractère latin que je revendique complètement mais j’ai ajouté un certain regard anglo-saxon qui me permet de prendre plus de recul qu’avant.











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