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Date de publication : 07 Septembre 2007

« Le théâtre de nos rêves »

En dix photos, Raphaël IBANEZ nous parle du rugby, de sa carrière et des émotions que lui procurent son ultime défi international, la Coupe du monde

LES PREMIERES SELECTIONS

Comment avez-vous vécu vos premières sélections ?

Tout est allé assez vite parce que je n’avais pas un passé de joueur important à l’approche de ma première sélection en 1996 (NDRL : 16 mars 1996, Pays de Galles – France 16-15) puisque j’avais deux ou trois années de 1ère division avec mon club de Dax. J’avais la chance de gravir les échelons à travers les différentes sélections de jeunes et le capitanat qui va avec ! Cette photo qui date de 1998 représente beaucoup pour moi parce que je n’avais pas beaucoup de sélections avant de connaître le Grand Chelem (NDRL : 6 sélections).

Surtout que vous arrivez dans un groupe avec des légendes vivantes …

Tout à fait ! C’était très difficile pour moi de trouver une place dans un collectif qui se connaît très bien. Les joueurs en place avaient un vécu énorme et moi j’arrivais sur la pointe des pieds. En général, tu t’intègres en douceur mais ce qui compte plus que tout, c’est d’être efficace et présent sur le terrain. J’ai surtout pris conscience de mon intégration en équipe de France lors de la tournée d’été de 1997 en Australie. Cette tournée avait été très difficile puisque nous étions restés cinq semaines ensemble. Au contact des joueurs de l’hémisphère sud, j’avais compris que si je voulais rester à ce niveau là, il allait falloir beaucoup travailler.

Est-ce que vous vous revoyez aujourd’hui face à des jeunes qui arrivent en équipe de France ?

Je n’ai jamais été très timide et j’ai toujours essayé d’être ouvert par rapport aux autres. Quand tu arrives en sélection pour la première fois, tu es dans une phase d’écoute et d’observation. Ce à quoi je m’attache actuellement vis-à-vis de ces jeunes joueurs, c’est qu’il ne reste pas trop dans cette phase d’observation, à partir d’un moment, il faut qu’ils franchissent le cap et s’affirment parce que s’ils sont là, c’est parce qu’ils le méritent et ils doivent trouver leur place pour exister. 






COUPE DU MONDE 1999

N’aviez-vous pas joué votre finale face au Nouvelle Zélande ?

C’est ce que beaucoup de monde dit et c’est aussi ce que je pense. D’ailleurs les Australiens l’avaient relevé à l’issue de notre demi-finale. Quand ils ont vu la façon dont nous avons célébré cette victoire face aux Blacks, ils ont pris confiance. Parce qu’avec le recul, il est très compliqué d’enchaîner en aussi peu de temps et de se remettre dans le bain et nous l’avons payé très cher parce que c’était quand même une finale de Coupe du monde.

Auriez-vous pu gagner cette finale ?

Je crois qu’on avait atteint notre sommet de jeu et de forme sur la demi-finale. Si on considère l’adversaire, je pense que l’Australie de 1999 avait atteint un summum. Ils étaient tellement bien organisés, très vite dans le match et au bout de vingt minutes, j’ai compris au fond de moi que nous ne pourrions pas l’emporter. Je n’ai jamais revu le match mais j’ai quelques flashes, notamment ce ballon d’Abdel Benazzi avec cet essai refusé pour en avant, mais au fond de moi, nous avons été pris dans un étau. Il y avait une forme de résolution des Australiens pour l’emporter. Nous avions aussi vécu une saison très délicate au niveau international. Lors de notre phase de préparation, nous ne nous sommes jamais réellement dit que nous nous préparions pour être champion du monde. Et d’un seul coup, nous nous sommes retrouvés devant une possibilité que nous n’avions pas envisagée. En 1999, nous avions des joueurs avec de très forts caractères et ça a fait des étincelles durant notre préparation mais cela reste une aventure humaine formidable parce qu’on apprend beaucoup de ces situations. Il n’y avait pas de conflit entre nous mais ce qui nous a permis de nous dépasser, c’est l’évènement et une sorte d’orgueil personnel. OK, collectivement, on a du mal mais je vais prouver au copain d’à côté que je vais aller au bout. C’était assez étrange mais finalement, nous sommes allés jusqu’au bout … enfin presque. 







LE TOURNOI ET LE GRAND CHELEM


Quelle est la particularité de cet évènement ?

Je vis ça avec le cœur. Le Tournoi est une telle tradition dans l’esprit des gens. Cela me ramène à l’enfance, à ces samedis où l’on fermait tout dans le salon et seul l’écran télé était allumé pour regarder les matches du Tournoi des V Nations. C’était presque religieux … Ensuite, je n’avais qu’une envie, celle d’aller courir et jouer avec cette balle bizarre ! Quand on a la chance d’être acteur dans un Tournoi, de partir en procession dans les Iles Britanniques, ce sont des moments extraordinaires.

… et le Grand Chelem ?

C’est difficile de gagner le Grand Chelem ! C’est ce qui rend sa beauté à ce type d’exploit et nous courons tous après ça. Là aussi, ça ramène à l’histoire de notre sport. Tu as le sentiment de réaliser quelque chose de fort avec tes partenaires. Soulever des coupes, c’est sensationnel mais c’est surtout des souvenirs de personnes. Cette photo me ramène au groupe qui composait l’équipe avec déjà des têtes connues. Quand tu es joueur, tu ne te souviens pas forcément des scores mais des visages. Chaque Grand Chelem, c’est une série de visages avec lesquels, j’ai partagé des victoires. 















































CAPITAINE IBANEZ


Raphaël Ibanez capitaine, c’était écrit ?

Je ne sais pas si c’était écrit. Sans doute qu’il y a un côté lié à ma personnalité que je ne contrôle pas forcément. Enfant, j’aimais rassembler, organiser, amener mon groupe de copains. Cela se faisait naturellement et les potes l’acceptaient. J’ai eu la chance de m’exprimer dans le sport, au rugby mais aussi au basket où j’étais aussi capitaine. Je ne sais pas d’où ça vient ni comment ça vient. J’aime comprendre mes partenaires, c’est ce qu’il y a de plus essentiel dans le rôle de capitaine, être à l’écoute des autres en permanence. C’est ce que j’apprends tous les jours en tant qu’homme de mes partenaires. Après c’est un honneur extraordinaire de représenter ton pays.

Dans cette logique, vous avez du apprendre le premier capitanat de Serge Betsen avec plaisir ?

Je me suis battu pour être un des premiers pour le féliciter au milieu de la mêlée qui s’était formée. Je suis très fier pour lui parce que c’est un joueur qui donne beaucoup pour l’équipe et qui est très généreux et pour être capitaine, il faut l’être. 







TOURNEE D’AUTOMNE 2006


Est-ce que l’on peut accepter la défaite au très haut niveau ?

C’est très dur notamment quand tu prépares un test match pendant une semaine. Tu concentres sept jours sur 80 minutes. Lorsque tu perds, ça remet en question tout ce que tu as fait auparavant, tout ce travail, la construction que tu as eue pour arriver à ce match. C’est difficile à avaler. J’ai toujours beaucoup de mal. Sur la photo, j’ai l’air fair-play mais sans le dévoiler, je sais aussi ce qui se passe dans ma tête à ce moment là.

Et il se passe quoi ?

J’ai une colère intérieure, je bouillonne. Sur ce match de Saint Denis, c’est une réhabilitation parce que le traumatisme de Lyon a été incroyable. Il est resté longtemps présent dans nos têtes. Sur ces matches, il n’y a rien à dire. Le souvenir que j’en ai, c’est que durant la semaine avant le match de Saint Denis, le traumatisme de Lyon était tellement présent qu’il fallait réunir toutes nos forces pour faire jeu égal et montrer que nous n’étions pas à la rue. Et je pense qu’au niveau de l’engagement physique, nous n’avons pas déçu mais techniquement, ce n’était pas suffisant pour les battre.

Et le centenaire dans tout ça, avez-vous eu le temps d’apprécier ?

C’est un souvenir extraordinaire avec une tenue spéciale en relation avec les anciens joueurs de l’équipe de France. C’était un symbole fort par rapport à tous ces anciens, je me souviens notamment à l’échauffement quand ils ont fait le tour du terrain, ça m’avait donné pas mal d’émotions.

Est-ce qu’après ces deux matches, il y a de la résignation ?

Non, de la résignation jamais ! Je n’ai jamais été résigné pour quoi que ce soit mais je suis réaliste. Les Blacks ont marqué leur territoire, ils sont en train de marquer psychologiquement les esprits. On ne peut pas leur contester leur supériorité. Le rugby de haut niveau peut vite évoluer. De notre côté, nous travaillons avec humilité, application, pour nous donner le droit de les rencontrer à nouveau. 






L’ANGLETERRE ET LES WASPS


Pourquoi êtes-vous parti alors que beaucoup de joueurs de votre expérience ont préféré rester en France ?

Pour le défi, le challenge ! Je crois que je suis quelqu’un qui aime bien aller au bout des choses. J’aime bien me mettre en danger parce qu’un joueur de rugby ne doit pas accepter d’être dans une zone de confort parce que sinon il s’endort. J’ai toujours agi comme cela. Parfois cela m’a joué des tours et parfois, ce n’était pas le chemin le plus évident comme ce départ pour l’Angleterre, dans l’inconnu, une semaine après la défaite en Coupe du monde face à ces mêmes anglais. C’était le 1er décembre 2003, je me retrouve à Londres, il fait nuit à 16h00 ! C’était un grand plongeon dans l’inconnu mais avec une certaine forme de responsabilité parce que tu entraînes ta famille, tes proches dans une nouvelle vie. Tu t’éloignes de tes racines avec une nouvelle culture à t’approprier comme la langue. Entre dire « je pars » et franchir le pas, il y a une différence et je suis fier d’avoir réalisé ce parcours qui n’a pas été très évident notamment au départ avec les Saracens. Les torts sont partagés parce que c’est vrai que ma motivation n’était pas la même. Je n’avais toujours pas digéré la déception de cette demi-finale de Coupe du monde 2003 et de l’autre côté, on ne m’a pas forcément aidé dans ce club. Mais à force d’entêtement et d’orgueil, assez marqué chez moi, j’ai changé d’option et je suis parti chez les Wasps où la barre est très haute avec notamment ce titre de Coupe d’Europe.

Finalement, les contraires s’attirent entre la chaleur humaine du sud-ouest et la froideur anglo-saxonne …

Mon regard a changé sur les Anglais ! Ce la m’a ouvert l’esprit sur leur mode de fonctionnement et sur moi-même. Aujourd’hui, je crois avoir gagné encore un peu plus en maturité et en réflexion. Je suis profondément attaché à mes racines, je me considère comme un latin à 100%, du sud avec tous ces excès mais en même temps, j’ai découvert une autre forme de culture et je m’en suis inspiré pour me préparer pour définir les objectifs. Ce qui est très marquant chez eux, c’est la valorisation du succès. Ca m’aide beaucoup aujourd’hui dans ma façon de fonctionner.

Le fait que beaucoup de joueurs français évoluent en Angleterre a fait aussi changer le regard que l’on pouvait porter sur des joueurs comme Dallaglio …

Je pourrai en parler longtemps de Lawrence ! C’est certainement un des joueurs que j’ai le plus détesté sur le terrain parce que c’était l’archétype du joueur anglais. Le contraire de ce que j’imaginais pour un joueur de rugby. Cette forme d’arrogance, on était dans la guerre de cent ans, dans un cliché total. Après j’ai appris à être son adversaire et puis son partenaire. J’ai cherché à comprendre le personnage et finalement, c’est quelqu’un de très attachant avec des origines italiennes mais à la sauce anglaise avec cette rigueur et cette confiance qui font souvent penser à de l’arrogance. Mais en fait ils savent où ils veulent aller, ils en sont certains et c’est parfois mal interprété. Ils ne sont pas dans le doute permanent ! 






LES RECORDS

Dans votre vie de sportif de haut niveau, quelle place accordez-vous au record ?

Ca marque le parcours d’un joueur ! Je sais que Fabien Pelous est très détaché avec cela mais en ce qui me concerne, je suis un compétiteur et je veux dépasser les limites. Aujourd’hui, être parmi des joueurs comme Blanco, Sella, Pelous … (reflexion) … si c’est pas repousser les limites de ce que je pouvais faire ! Ca me donne de l’émotion. Philippe Sella c’est le joueur inscrit dans l’imaginaire collectif, c’est la légende du rugby. Ce qu’il a accomplit est extraordinaire, c’est un véritable exemple. Mais pour moi, si je devais mentionner un record particulier qui me tient à cœur, c’est surtout que je vais bientôt, enfin je l‘espère, dépasser Sean Fitzpatrick (NDRL : 92 sélections) qui détient le record du nombre de sélections pour un talonneur. Et quand on parle de légende, en voilà une autre !

Seriez-vous prêt à continuer votre carrière pour être centenaire ?

Je ne pense pas. Il ne faut pas calculer comme ça. Au rugby, sans les autres, tu n’es rien et je ne veux pas une fin de carrière comme Jason Leonard avec des petits bouts de matches pour t’emmener à un record. Il ne faut pas forcer la nature, je pense que ce que j’ai réalisé est déjà pas mal. Je ne veux pas être sélectionner pour autre chose que mes qualités de joueur. 






LA MELEE


Est-ce que c’est la phase de jeu qui symbolise le plus ce qu’est le rugby ?

Oui clairement ! C’est la phase de jeu où l’on sent battre le poul de l’équipe. Surtout pour le talonneur qui est dans l’affrontement direct avec l’adversaire en permanence. C’est un poste unique qui donne un avantage sur les autres coéquipiers. C’est là où tu sens le rapport de force entre les deux équipes et tu es au cœur du combat.

Mais est-ce qu’il n’y a pas un forme d’inconscience pour être face à 900kg, les bras en croix ?

Ah … (rires) … C’est un poste particulier. C’est paradoxal parce que nous avons des partenaires que nous devons amener au combat mais nous sommes prisonniers de la mêlée mais c’est le seul endroit où tu es libre. Tu es libre de ton engagement … L’engagement que tu mets, c’est tellement personnel que tu réalises si tu as été efficace. Il faut avoir pratiqué les mêlées pour avoir ressenti la force collective et le rapport de dominant-dominé, c’est une belle leçon de vie. Il faut parfois savoir perdre pour avancer. On voit beaucoup de collectif dans la mêlée mais en première ligne, il y a du un contre un. C’est ce qui fait l’excellence de nos postes. Dans la préparation du match, plus l’on approche de la rencontre, plus ma concentration se rapproche de mon adversaire. Est-ce que j’aurais du être boxeur ? Je ne sais pas mais je pense que j’aurais pu et cela m’aurait plu. Sans avoir les gants, nous sommes au milieu du ring et en vis-à-vis ton partenaire.

Les premières lignes sont-ils une caste à part ?

C’est une ligne respectée par ses partenaires parce que ce sont les premiers au combat. Ils vont donner le ton du match. Il y a une forme de respect parce qu’ils savent ce qu’ils nous doivent. Les joueurs que tu vois marquer en bout de ligne, ne sont que l’aboutissement d’un travail collectif. A Marseille, samedi dernier, il n’y a eu aucune démonstration de joie du cinq de devant après l’essai de Yannick Jauzion parce que nous étions en train de nous remplacer pour le coup d’envoi et tous les trois-quarts sont venus nous voir pour nous remercier. Ca fait chaud au cœur et cela permet de connaître le rôle que tu as dans l’équipe.

Mais n’est-ce pas difficile d’être toujours dans l’ombre du projecteur ?

Ca convient bien aux personnalités des joueurs qui composent le cinq de devant. Ca ne convient pas toujours au talonneur parce qu’il a envie d’être plus démonstratif mais dans l’ensemble, nous n’aimons pas trop la lumière mais plutôt gagner le respect sur le terrain. 






TALONNEUR


Ce poste est-il une évidence ou auriez-vous aimer évoluer autre part ?

C’est une question qui ramène très loin et peut-être à des raisons familiales parce que mon père jouait à ce poste dans les années 70 et que l’on a tous des modèles et il en était un pour moi. Peut être aussi parce que j’aime l’affrontement et que c’est certainement le poste où tu le ressens le plus. Ca m’a toujours fasciné. J’ai toujours aimé être le petit au milieu des grands costauds et puis peut-être aussi que je n’ai pas les qualités pour être troisième ligne centre … (rires) … même si j’ai joué à ce poste en cadet.

Ce poste vous plaît ?

Je pense que le poste de troisième ligne est le poste le plus complet. C’est un des plus beaux postes, il permet d’avoir une vraie vision du jeu, d’avoir un lien permanent entre les avants et les trois-quarts mais j’adore mon poste et je n’échangerai pas. Ca demande tellement d’engagement et je crois que je suis en permanence en train de chercher un équilibre entre l’agressivité et la force qu’il faut dégager à ce poste là et la lucidité nécessaire pour la touche, la mêlée.

Quelle forme d’affrontement retrouve-t-on de l’affrontement dans la touche ?

On ne peut pas être talonneur sans aimer lancer en touche. Ca me plait, je n’ai pas cette forme de réticence à me dire « ouah, en face, j’ai un contre, quatorze mecs qui me regardent ». Ai contraire, je prends du plaisir à lancer parce que c’est une phase difficile parce que cela demande tellement de timing et d’organisation. D’ailleurs, je lance encore comme les dinosaures avec une seule main … (rire) mais c’est difficile de modifier le lancer, c’est comme un buteur. Si tu es à l’aise avec un geste, il faut garder la même routine. 






LES STADES


Attachez-vous une importance au stade ?

J’attache beaucoup d’importance au contexte. Quand tu rentres dans un stade comme le Stade France, avec 80 000 personnes, tu prends un choc. C’est différent du stade d’entraînement de la veille. Je n’ai pas forcément besoin de prendre des repères mais c’est plutôt un ressenti. Cet hiver, je me posais des questions sur Croke Park et comme nous avons la chance de pouvoir nous entraîner la veille, j’ai pu prendre mes marques. Ce qui est important, c’est de prendre l’état de la pelouse et la direction du vent.

Est-ce qu’il y a un stade qui vous a marqué ?

Lansdowne Road ! Je suis un sentimental et j’ai eu l’occasion d’assister à mon premier match international dans les tribunes dans ce stade en 1994. J’avais 21 ans, j’étais au milieu des supporters irlandais, debout, en plein vent, derrière les poteaux. C’était le coup de foudre ! J’étais bouleversé par le spectacle, l’histoire de ce stade, la communion entre les gens. C’est une sorte de révélation pour moi, en voyant ça, je me suis dit, c’est ça que j’ai envie de faire ! Et j’y ai repensé quand j’ai foulé cette pelouse pour la première fois en tant que joueur … (réflexion) … j’ai fait du chemin, j’ai travaillé dur pour me donner la chance et le droit d’être là.

Quelle est votre relation avec le Stade de France ?

Je m’y sens bien, c’est le stade de l’équipe de France. Honnêtement, nous avons eu du mal à nous l’approprier pendant longtemps. Nous avons connu des revers mais l’équipe de France à cette période n’était pas performante. On peut invoquer que les supporters étaient trop éloignés, que c’était trop grandiose par rapport au Parc des Princes. Il y a eu quelques références au passé mais c’est ce que nous donnons sur le terrain qui fait réagir le public. Aujourd’hui, nous sommes à l’aise dans ce stade, c’est le théâtre de nos rêves.

Le 20 octobre à 23h00 si vous levez la Coupe du monde, à quoi penserez-vous ?

C’est assez difficile de l’imaginer parce que je ne veux pas me projeter. Déjà la Coupe, je ne la lèverai pas tout seul, je veux que tout le monde soit là. Mes pensées iront sur tout ce que nous avons entrepris depuis plusieurs années. La Coupe du monde, c’est nos Jeux Olympiques … alors mes pensées iront très loin, au moins sur les quatre années qui ont précédé cet évènement. Mais il faudra ne pas trop penser et ce laisser aller dans la célébration. 



Crédit photo : Gettyimages.com