Top menu



Vous êtes ici : historique > 2007 > « Je suis plus posé et appliqué »
  Imprimer cette page






Date de publication : 05 Septembre 2007

« Je suis plus posé et appliqué »

Imanol HARINORDOQUY nous explique l’importance du travail réalisé par les avants sur et autour de la mêlée, une des clés du match d’ouverture de la Coupe du monde

La mêlée, traditionnel point fort des Argentins, sera-t-elle une des clés du match ?

Imanol HARINORDOQUY : Si nous tenons bien la mêlée comme en novembre, où nous avions été bien en bousculant les Argentins dans ce secteur, le match en sera d’autant plus facile. Maintenant, c’est certain que si nous avons une mêlée chahutée avec Pichot qui te traîne dans les pattes, ça sera plus compliqué. Ils essaient souvent d’orienter les mêlées en fermant le grand côté pour enfermer le jeu dans un petit secteur. A nous d’être très costauds sur ces phases !

Justement, pensez-vous avoir progressé dans la phase de sortie de mêlée ?

Imanol HARINORDOQUY : Je pense que je suis plus posé, moins fou à vouloir sortir le ballon à tout prix. Je suis plus appliqué notamment dans la conduite de balle avec les pieds. J’ai beaucoup travaillé là dessus avec Pierre Mignoni. Des sorties propres et puis des sorties difficiles pour pouvoir nous ajuster au mieux et trouver des solutions. J’y suis confronté souvent en club notamment à cause des conditions climatiques qui viennent compliquer la sortie des ballons. Avec l’expérience, j’ai appris à être plus patient, à savoir annuler des combinaisons et ne pas tenter le diable quitte à refaire le jeu derrière. Il faut absolument sécuriser le ballon et ne pas se précipiter pour le jouer surtout face aux Argentins.

L’attente de la première annonce des titulaires a été longue, comment basculez-vous désormais dans la préparation du match ?

Imanol HARINORDOQUY : Ce match, je le prépare depuis un petit moment même si les matches de préparation m’ont focalisé sur autre chose mais j’ai cette rencontre en point de mire depuis quelques semaines. C’est le premier match de la Coupe du monde et c’est important de faire partie de l’équipe qui va débuter même si nous aurons besoin des 30 joueurs pour gagner cette compétition. Ce match contre l’Argentine sera le plus difficile mais je n’ai pas de préparation spécifique pour ce match même si je vais me coucher plus tôt cette semaine pour pouvoir emmagasiner le plus d’énergie possible. Les Argentins ne lâchent rien et sautent sur tout le monde aux quatre coins du terrain. C’est une bande de copains qui ne lâchent rien et ils sont toujours très difficiles à jouer. Il faudra que nous soyons performants sur les zones de rucks où ils ralentissent énormément les ballons et sur la mêlée.

Avez-vous étudié spécifiquement le jeu de vos adversaires directs ?

Imanol HARINORDOQUY : Avec toute la troisième ligne, nous avons étudié à la vidéo ce qui se faisait au niveau de l’attaque et de la défense de leur équipe. Nous avons regardé leurs derniers matches même celui contre l’Angleterre parce que les Anglais leur avaient posé pas mal de problèmes devant sur les ballons portés. Nous avons regardé ce qui se faisait pour nous en inspirer. Sur les ballons portés, les Pumas ont une grosse capacité à déstructurer les mauls adverses en les empêchant d’avancer. Leur troisième ligne est très active avec notamment Longo très présent dans le jeu, il démarre neuf fois sur dix dans les mêlées. Ce sont des détails mais cela nous aide par moment en match parce que nous savons quelles sont les habitudes de nos adversaires. C’est important de regarder le jeu de l’équipe adverse mais c’est encore plus important de savoir ce que nous voulons faire. Si on regarde, ils ne font pas beaucoup le jeu parce qu’ils jouent beaucoup au pied chez l’adversaire. Une fois qu’ils sont loin de leur ligne, ils savent garder le ballon longtemps avec du jeu d’avant, du jeu à une passe pour obtenir les fautes et enquiller les pénalités. Quand ils n’ont pas le ballon, ils sont performants en défense avec une ligne qui monte rapidement, ils bataillent beaucoup dans les zones de rucks. Il ne faut pas s’amuser à trop jouer dans notre camp parce que nous prendrons une grosse pression

Le fait de jouer un match d’ouverture change-t-il votre façon d’aborder le match ?

Imanol HARINORDOQUY : Il faut que nous nous préparions à l’évènement parce qu’il y a une cérémonie d’ouverture, je ne sais pas exactement le protocole mais le coup d’envoi peut être décalé. Il ne faut pas se faire manger par ce qu’il y a aura autour. Il faut qu’on se prépare à ne pas subir l’évènement pour ne pas être perturbé si les choses changent dans la préparation classique d’un match. Les joueurs sont concentrés et prêts pour cette Coupe du monde. Autant, nous vivons très bien ensemble, autant quand l’entraînement ou la vidéo commencent, personne ne rigole et tout le monde est concentré. Souvent ce sont des petits détails qui montrent que l’équipe est prête ! 

Crédit photo : FFR / I.Picarel