« Je suis fier des joueurs français »
Spécialiste de la défense depuis huit ans au sein de l’équipe de France, David ELLIS, le plus Français des Anglais, nous parle des progrès tricolores dans ce secteur devenu la clé du succès.
Comment vivez-vous les confrontations entre la France et l’Angleterre ?
David ELLIS : Cela fait huit ans que je suis avec l’équipe de France, j’ai l’habitude maintenant ! C’est surtout plus compliqué pour ma famille et pour ma mère particulièrement. Quand elle va au magasin pour faire le shopping, c’est difficile car elle supporte l’équipe de France (rires). En 2006, elle a assisté au match contre les Anglais au Stade de France. Avant le match, elle parlait avec Fabien Pelous, c’est une grande supportrice des Bleus.
Quels sont les côtés positifs anglais que vous apportez aux Français ?
David ELLIS : Quand j’ai commencé, il a fallu mettre l’accent sur la discipline parce que votre côté latin vous faisait faire pas mal de fautes. La rigueur anglaise a été un plus que j’ai apporté à l’équipe de France. Maintenant, les joueurs sont professionnels et ils sont hyper disciplinés. Ce sont deux cultures très différentes mais nous avons fait chacun un pas les uns vers les autres. Les Français sont passionnés pour le rugby et cela n’existe pas ailleurs. C’est en ça que vous êtes extraordinaires, vous êtes capables de vous dépasser uniquement par passion. C’est pour cela que l’équipe de France peut surprendre n’importe qui, n’importe quand.
Qu’est-ce qui fait une bonne défense ou un bon défenseur ?
David ELLIS : Quand on commence à organiser une défense, on prend le joueur et on lui dit, tu dois plaquer comme ça mais pour améliorer la qualité du placage d’un joueur, il faut plusieurs années. Au début, j’ai commencé à parler d’organisation défensive collective. Petit à petit, j’ai utilisé les qualités de chacun. Par exemple, Thierry Dusautoir et Jean-Baptiste Elissalde ont fait des placages énormes face à la Nouvelle Zélande. Dusautoir en avançant sur Collins ou McCaw et en deuxième rideau, Elissalde sauve le match sur Nick Evans. Il prend le short, il le lâche pour prendre les jambes. Dans l’organisation défensive, il faut des joueurs bons plaqueurs mais qui savent s’intégrer dans une organisation collective. On peut avoir 15 très bons plaqueurs et avoir une faible défense. Aujourd’hui, les Français ont une très bonne organisation avec des joueurs qui possèdent une bonne technique de placage, l’ensemble est redoutable.
Culturellement parlant, la défense n’était pas le point fort de l’équipe de France, comment avez-vous fait pour l’amener à un tel niveau ?
David ELLIS : J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec Jacques Brunel et Bernard Laporte. Ils ont mis beaucoup d’énergie sur la défense, ils étaient en avance sur les autres. Je n’ai jamais renoncé et j’avais déjà une petite expérience avec le Bataillon de Joinville et Villeneuve sur Lot en rugby à XIII. Ca n’a pas toujours été facile avec les Français mais il nous fallait du temps pour progresser. Les Français sont intelligents et l’encadrement est très professionnel.
Est-ce qu’il existe un placage idéal ?
David ELLIS : Franchement, cela dépend des situations. Jean-Baptiste Elissalde a réalisé le placage idéal parce que le Néo-Zélandais partait à l’essai mais Yannick Jauzion réalise aussi un placage impressionnant sur So’oialo. J’ai toujours gardé des images avec moi et pendant longtemps, j’ai gardé celle de Fabien Pelous sur Rowntree en 2002. Il le détruit littéralement dans l’axe du regroupement. Aujourd’hui, des images comme celle là, j’en ai plusieurs par match. Cela veut dire que nous avons progressé et c’est le plus important.
Comment êtes-vous devenu spécialiste de la défense ?
David ELLIS : Quand je jouais au rugby à XIII, c’était mon métier la défense ! Je devais descendre tout le monde. J’ai joué quatre ans en Australie et mon surnom était « petit terminator ». J’ai toujours bien aimé le placage, la technique qu’il faut mettre en place, quelle épaule il faut utiliser. Je me suis spécialisé naturellement là dedans.
Quel est le meilleur plaqueur de l’équipe de France ?
David ELLIS : C’est difficile à dire parce que tous ont des styles différents. Pour moi, un joueur qui est extraordinaire au placage, c’est Olivier Milloud. Il prend les joueurs très bas, il gagne souvent le titre de tondeuse à gazon. Techniquement, il est très fort dans la technique de placage parce qu’il descend aux chevilles et fait tomber l’adversaire. Après Dusautoir, Betsen, Jauzion, Skrela et Michalak sont très forts au placage. Cette équipe de France est très homogène et pour moi, c’est assez simple de pouvoir monter une organisation défensive performante.
David ELLIS : Cela fait huit ans que je suis avec l’équipe de France, j’ai l’habitude maintenant ! C’est surtout plus compliqué pour ma famille et pour ma mère particulièrement. Quand elle va au magasin pour faire le shopping, c’est difficile car elle supporte l’équipe de France (rires). En 2006, elle a assisté au match contre les Anglais au Stade de France. Avant le match, elle parlait avec Fabien Pelous, c’est une grande supportrice des Bleus.
Quels sont les côtés positifs anglais que vous apportez aux Français ?
David ELLIS : Quand j’ai commencé, il a fallu mettre l’accent sur la discipline parce que votre côté latin vous faisait faire pas mal de fautes. La rigueur anglaise a été un plus que j’ai apporté à l’équipe de France. Maintenant, les joueurs sont professionnels et ils sont hyper disciplinés. Ce sont deux cultures très différentes mais nous avons fait chacun un pas les uns vers les autres. Les Français sont passionnés pour le rugby et cela n’existe pas ailleurs. C’est en ça que vous êtes extraordinaires, vous êtes capables de vous dépasser uniquement par passion. C’est pour cela que l’équipe de France peut surprendre n’importe qui, n’importe quand.
Qu’est-ce qui fait une bonne défense ou un bon défenseur ?
David ELLIS : Quand on commence à organiser une défense, on prend le joueur et on lui dit, tu dois plaquer comme ça mais pour améliorer la qualité du placage d’un joueur, il faut plusieurs années. Au début, j’ai commencé à parler d’organisation défensive collective. Petit à petit, j’ai utilisé les qualités de chacun. Par exemple, Thierry Dusautoir et Jean-Baptiste Elissalde ont fait des placages énormes face à la Nouvelle Zélande. Dusautoir en avançant sur Collins ou McCaw et en deuxième rideau, Elissalde sauve le match sur Nick Evans. Il prend le short, il le lâche pour prendre les jambes. Dans l’organisation défensive, il faut des joueurs bons plaqueurs mais qui savent s’intégrer dans une organisation collective. On peut avoir 15 très bons plaqueurs et avoir une faible défense. Aujourd’hui, les Français ont une très bonne organisation avec des joueurs qui possèdent une bonne technique de placage, l’ensemble est redoutable.
Culturellement parlant, la défense n’était pas le point fort de l’équipe de France, comment avez-vous fait pour l’amener à un tel niveau ?
David ELLIS : J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec Jacques Brunel et Bernard Laporte. Ils ont mis beaucoup d’énergie sur la défense, ils étaient en avance sur les autres. Je n’ai jamais renoncé et j’avais déjà une petite expérience avec le Bataillon de Joinville et Villeneuve sur Lot en rugby à XIII. Ca n’a pas toujours été facile avec les Français mais il nous fallait du temps pour progresser. Les Français sont intelligents et l’encadrement est très professionnel.
Est-ce qu’il existe un placage idéal ?
David ELLIS : Franchement, cela dépend des situations. Jean-Baptiste Elissalde a réalisé le placage idéal parce que le Néo-Zélandais partait à l’essai mais Yannick Jauzion réalise aussi un placage impressionnant sur So’oialo. J’ai toujours gardé des images avec moi et pendant longtemps, j’ai gardé celle de Fabien Pelous sur Rowntree en 2002. Il le détruit littéralement dans l’axe du regroupement. Aujourd’hui, des images comme celle là, j’en ai plusieurs par match. Cela veut dire que nous avons progressé et c’est le plus important.
Comment êtes-vous devenu spécialiste de la défense ?
David ELLIS : Quand je jouais au rugby à XIII, c’était mon métier la défense ! Je devais descendre tout le monde. J’ai joué quatre ans en Australie et mon surnom était « petit terminator ». J’ai toujours bien aimé le placage, la technique qu’il faut mettre en place, quelle épaule il faut utiliser. Je me suis spécialisé naturellement là dedans.
Quel est le meilleur plaqueur de l’équipe de France ?
David ELLIS : C’est difficile à dire parce que tous ont des styles différents. Pour moi, un joueur qui est extraordinaire au placage, c’est Olivier Milloud. Il prend les joueurs très bas, il gagne souvent le titre de tondeuse à gazon. Techniquement, il est très fort dans la technique de placage parce qu’il descend aux chevilles et fait tomber l’adversaire. Après Dusautoir, Betsen, Jauzion, Skrela et Michalak sont très forts au placage. Cette équipe de France est très homogène et pour moi, c’est assez simple de pouvoir monter une organisation défensive performante.











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