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Date de publication : 07 Novembre 2007

« Je me suis régalé »

Fabien Pelous a annoncé sa retraite internationale lors d’une conférence de presse au siège de la Fédération Française de Rugby, aux côtés du Président Bernard Lapasset.

Recordman des sélections et 42 fois capitaine de l’équipe de France (118), Fabien Pelous poursuit sa carrière sportive avec son club, le Stade Toulousain, où il s’est forgé un palmarès unique dans le rugby français comme l’a souligné Bernard Lapasset pour qui « une page importante du rugby français qui se tourne aujourd’hui. Fabien, par ses qualités tant sportives qu’humaines, a marqué de son empreinte les performances du XV de France, sur tous les terrains du monde. ». Le Président de la FFR a conclu en ajoutant qu’il « souhaitait, à l’issue de sa carrière, retrouver Fabien au sein des instances dirigeantes du rugby français. Il en a l’étoffe et la stature. Je lui souhaite bonne chance pour cette prochaine saison avec le Stade Toulousain. » 

L'INTERVIEW

Quand avez-vous pris votre décision ?

Fabien PELOUS : Je ne m’interdisais rien mais je voulais laisser passer la Coupe du monde, voir comment cela allait se passer. Dans mon esprit, j’avais quand même l’intention d’arrêter après la Coupe du monde. Si nous avions été champions, cela n’aurait fait qu’amplifier ma décision. Je suis prêt dans ma tête à me dire que c’est terminé. Je pense avoir fait ce que j’avais à faire en tant que joueur de rugby et c’est très bien comme ça. Je ne regrette rien, mes 118 matches représentent deux ans de ma vie avec l’équipe de France au CNR ou au Château Ricard. Ce n’est pas anodin, cela marque une vie, je suis à jamais marqué par ce maillot.

Qu’est-ce qui lâche en premier, le mental ou le physique ?

Fabien PELOUS : Le physique sans aucun doute parce que mentalement, je suis encore prêt à en découdre mais physiquement, mon corps m’envoie des signes de fatigue. Cela fait deux ans, que j’ai des blessures à répétition, j’ai de plus en plus de mal à récupérer. Il faut savoir dire stop et tourner la page pour passer à autre chose. Je le fais sans aucune amertume, je le fais de bon cœur parce que j’ai fait mon temps et je suis très heureux de ce que j’ai réalisé en tant que joueur de l’équipe de France. Je ne regrette pas une minute le temps que j’ai passé avec les Bleus.

D’autant que vous avez connu le temps de l’amateurisme et celui du professionnalisme …

Fabien PELOUS : Avant tout je suis un passionné de ce sport. Déjà le fait d’être sur le terrain pour les entraînements ou pour les matches, cela suffit à mon bonheur. Après, il y a beaucoup de différence entre mes débuts et maintenant mais l’essence de ce sport n’a pas changé. Le partage des choses entre joueurs est toujours aussi important.

Ne pas avoir gagner la Coupe du monde, cela restera-t-il comme une plaie ouverte ?

Fabien PELOUS : Non, il y a l’amertume de ne pas être champion du monde mais j’ai vécu cette Coupe du monde très sereinement et positivement parce que j’ai tout donné ! Il y a beaucoup de joueurs qui n’ont jamais été champions du monde. J’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose qui se termine maintenant et j’en suis très fier. Je ne suis pas champion du monde et alors … J’ai vécu 34 ans sans ce titre et je vivrai le reste de ma vie sans cela.

Vous avez néanmoins décidé de continuer avec le Stade toulousain …

Fabien PELOUS : Comme pour l’équipe de France, j’ai l’objectif de bien finir avec le Stade toulousain et tenter de conquérir un titre de champion de France ou d’Europe. Après il se passera ce qui se passera mais je veux me donner les moyens d’être au plus haut niveau avec ce club auquel je dois énormément.

Que vous inspire votre parcours ?

Fabien PELOUS : Je n’ai pas abordé le rugby en me disant je vais être international, je vais battre le record de sélections. J’ai abordé le rugby en me disant « prends du plaisir, fais le maximum » pour profiter du rugby. Voilà où ça m’a mené, c’était un bon raisonnement. Lundi, un copain d’enfance m’a amené un DVD de mon premier match Saverdun. J’avais 17 ans, cadet 2ème année et j’avais joué en première. Ca m’a montré que j’ai joué mon dernier match en 2007 mais j’avais le même état d’esprit à mes débuts. Je voulais gagner le match avec mes moyens. Je ne suis pas un monstre de physique, je ne suis pas le meilleur joueur de la planète mais j’ai donné le maximum à chaque sortie avec le maillot tricolore. Je remercie mes parents de la robustesse génétique qu’ils m’ont transmis. J’ai aussi eu une très bonne formation rugbystique parce que j’ai su m’adapter à toutes les formes de jeu à deux postes différents.

Question quizz, sur les 18 nations que vous avez rencontrées, il y a en a qu’une que vous n’avez pas battue, laquelle ?

Fabien PELOUS : … (réflexion) … Le Tonga ? … Oui, c’est ça, nous les avions joué en 1999 avant la Coupe du monde, au cours d’une tournée qui avait été catastrophique. C’est une anecdote amusante !

A travers vos 118 sélections, laquelle est le plus marquante ?

Fabien PELOUS : Franchement, c’est compliqué d’en sortir une ! Ils sont tous différents, j’en ai joué beaucoup. Je me rappelle de la défaite au Parc des Princes en 1997 contre l’Afrique du Sud (NDRL : 10-52). A l’opposé, la victoire en 1998 au Pays de Galles (NDRL : victoire 51-0 à Wembley) m’a marqué. J’avais le sentiment que nous étions inaretables. Nous étions vraiment au top, c’était notre 2ème Grand Chelem consécutif. Cela faisait six mois que nous avions pris la claque au Parc des Princes, l’équipe avait changé complètement. Nous repartions sur ma génération avec le premier capitanat de Raphaël Ibanez. C’est un moment que je n’ai pas oublié !

Avez-vous déjà une idée de votre après-rugby ?

Fabien PELOUS : J’ai des projets mais c’est encore flou ! Ce qui est certain, c‘est que je ne vais pas m’éloigner toute ma vie de ma passion qu’est le rugby. Je vais m’éloigner un peu pour profiter de ma famille et de mon fils. Ma famille a fait beaucoup de sacrifices et j’ai envie de leur rendre la monnaie de la pièce. Fatalement, je reviendrai au rugby, je ne sais pas par quel biais. Je ne suis pas forcément tenté par une carrière d’entraîneur pour le moment.

Avant de raccrocher définitivement ce maillot bleu, un dernier mot ?

Fabien PELOUS : Je voudrais remercier Jean-Claude Skrela pour m’avoir fait confiance et m’avoir sélectionné. D’autant plus que mes débuts ont été compliqués puisque j’ai pris le seul carton rouge de ma carrière, le samedi avant ma sélection. Un grand merci à Bernard Laporte également parce que pendant huit ans, il m’a fait confiance et il a cru en moi comme peu de gens y ont cru. J’espère avoir été à la hauteur de ses espérances. Merci aussi à mes entraîneurs successifs et notamment le dernier, Guy Novès qui a tout fait pour que je puisse maintenir mon niveau pendant les 11 années que j’ai partagé avec lui. Pour finir, un énorme merci à toute ma famille et plus particulièrement un hommage à mon épouse, parce que si j’ai vécu des moments fabuleux, je sais qu’elle a vécu des moments d’attente et de frustration. Si j’ai pu évolué à ce niveau, c’est en grande partie grâce à elle.


LA FICHE DE FABIEN PELOUS

Date de naissance : 07/12/1973

PALMARES

Vainqueur du Tournoi en 1997, 1998, 2002, 2004, 2006
Grand Chelem 1997, 1998, 2002, 2004
Vainqueur de la coupe Latine en 1995, 1997
Champion du monde Universitaire en 1996
Champion du monde FIRA en 1992
Champion de France en 1999, 2001 (Toulouse)
Vainqueur de la Coupe d'Europe en 2003, 2005 (Toulouse)

PARCOURS EN CLUB

1983-1991 : Saverdun
1991-1995 : SC Graulhet
1995-1997 : US Dax
Depuis 1997 : Stade toulousain

EQUIPE DE FRANCE

1ère sélection : 1995 contre la Roumanie
Nombre de sélections (record) : 118
Nombre de fois capitaine (record) : 42
Nombre de points marqués : 40 (8 essais)

Victoires : 87
Défaites : 31


Angleterre : 16 matches (10 victoires / 6 défaites)
Pays de Galles : 13 matches (9 victoires / 4 défaites)
Irlande : 12 matches (9 victoires / 3 défaites)
Ecosse : 11 matches (10 victoires / 1 défaite)
Nouvelle Zélande : 11 matches (4 victoires / 6 défaites / 1 nul)
Argentine : 10 matches (7 victoires / 3 défaites)
Italie : 10 matches (9 victoires / 1 défaite)
Australie : 9 matches (2 victoires / 7 défaites)
Roumanie : 7 matches (7 victoires)
Afrique du Sud : 6 matches (2 victoires / 4 défaites)
Fidji : 3 matches (3 victoires)
Canada : 3 matches (3 victoires)
Namibie : 2 matches (2 victoires)
Samoa : 1 match (1 victoire)
Tonga : 1 match (1 défaite)
Japon : 1 match (1 victoire)
USA : 1 match (1 victoire)
Géorgie : 1 match (1 victoire)


 Retrouvez les fiches techniques des 118 sélections