« Impulser un changement culturel »
Alain DOUCET, Secrétaire Général de la FFR, nous explique les mesures prises par la Fédération face à la hausse du nombre de licenciés et nous parle des pistes de réflexion pour conserver les jeunes qui découvrent le rugby.
Est-ce que pour vous, les retombées de la Coupe du monde sont aussi au-delà de vos espérances ?
Alain DOUCET : On m’annonce partout des fréquentations extraordinaires mais je tiens à mettre un bémol. Où place t-on la curiosité, l’attrait du tout neuf ? Le travail de chacun de nous, famille du rugby, est d’intéresser le gamin. Côté Fédération, nous avons déjà mis en place toute une série de subventions en matériel, remboursement du prix de la licence, nous avons fait notre travail administratif et notre travail d’accompagnement. Maintenant, il est clair que l’éducateur qui a 50 poussins sous la main, s’il veut être champion départemental, il va garder les 15 meilleurs et les 35 autres nous allons les perdre et ils ne reviendront jamais parce qu’ils seront déçus des valeurs du rugby que nous n’aurons pas su véhiculer. En revanche, si ce garçon a la volonté de faire jouer ces 50 gamins, d’engager plusieurs équipes, de mixer les vrais débutants avec les confirmés, je pense que nous pourrons garder ces enfants qui viendront alimenter nos équipes seniors par la suite. Nous faisons une confiance totale aux éducateurs pour comprendre ces subtilités et les mettre en route. Si nous ne cassons pas les structures classiques, les enfants vont s’ennuyer par manque d’éducateurs, de matériels, de structures. J’ai demandé à tous les comités départementaux de réunir leurs responsables des écoles de rugby pour tout mettre en route. Nous n’allons pas inventer en huit jours ce que nous n’avons pas. La FFR a fait des efforts financiers au niveau des comités territoriaux et départementaux en demandant de répercuter au niveau des clubs. Je suis d’accord pour dire que notre partie du travail était la plus facile maintenant les hommes de terrains doivent impulser ce changement culturel. L’Ecole de Rugby ne doit plus être tous les mercredis à 14h, tous les mômes arrivent et c’est du n’importe quoi. Chacun doit trouver sa propre organisation selon les paramètres humains, structurels et matériels. Il ne faut pas qu’un enfant parte du rugby avec une mauvaise image de nous ! L’enjeu est là et pas ailleurs, notre objectif n’est pas de faire 150 champions.
La hausse du nombre de licenciés a entraîné un problème d’infrastructure, que peut faire la FFR dans ce domaine ?
Alain DOUCET : Beaucoup de clubs n’ont pas attendu qu’on leur dise ce qu’il fallait faire et ils ont travaillé sur le moyen et le long terme en rencontrant leur municipalité pour avoir des plaines de jeu accessibles au plus grand nombre. Nous devons gérer le court terme et nous avons réfléchi à pas mal de choses. Nous préconisons une notion d’éclatement à celle de regroupement. Le club principal utilise les infrastructures des clubs satellitaires pour pouvoir y faire jouer certaines catégories d’Ecoles de rugby. Nous préconisons un étalonnage des catégories pour les moins de 15 ans pour une utilisation planifiée de l’usage des terrains. Nous préconisons aussi d’autres pratiques sur des surfaces différentes. La préparation athlétique peut se faire sur des pistes d’athlétismes ou autre. On peut travailler sous des préaux. Nous concevons très bien qu’une séance de poussins ne peut pas dépasser plus d’une heure et demie. Il faut planifier dans la journée la répartition des différentes séances des catégories. Pourquoi pas les poussins de 13h à 14h, les benjamins de 14h30 à 15h30 et ainsi de suite. Il faut trouver une nouvelle organisation et il n’ y a pas de règle générale. Il faut étaler les séances dans le temps. Certains éducateurs peuvent doubler les entraînements, pédagogiquement cela peut être intéressant.
Quels bilans tirez-vous de la journée découverte du rugby qui s’est déroulée le 20 octobre dans les comités ?
Alain DOUCET : Dans certains endroits, les remontées sont extrêmement positives. Le retour de Jean-Claude Tardieu, Président du Lot, est extraordinaire. Je comprends que les gens aient été débordés mais il y a des priorités quand on se veut dirigeant fédéral, régional ou départemental. La journée du 20 octobre était à mes yeux d’une haute importance. Il faut que chaque dirigeant comprenne qu’ils n’ont pas que des missions de gestion mais qu’ils aillent sur des missions de projet. Il faut dépasser le routinier, l’habituel, la gestion quotidienne. On ne peut pas avoir des têtes pensantes partout mais je crois qu’il y a des moments où il faut se surpasser.
Alain DOUCET : On m’annonce partout des fréquentations extraordinaires mais je tiens à mettre un bémol. Où place t-on la curiosité, l’attrait du tout neuf ? Le travail de chacun de nous, famille du rugby, est d’intéresser le gamin. Côté Fédération, nous avons déjà mis en place toute une série de subventions en matériel, remboursement du prix de la licence, nous avons fait notre travail administratif et notre travail d’accompagnement. Maintenant, il est clair que l’éducateur qui a 50 poussins sous la main, s’il veut être champion départemental, il va garder les 15 meilleurs et les 35 autres nous allons les perdre et ils ne reviendront jamais parce qu’ils seront déçus des valeurs du rugby que nous n’aurons pas su véhiculer. En revanche, si ce garçon a la volonté de faire jouer ces 50 gamins, d’engager plusieurs équipes, de mixer les vrais débutants avec les confirmés, je pense que nous pourrons garder ces enfants qui viendront alimenter nos équipes seniors par la suite. Nous faisons une confiance totale aux éducateurs pour comprendre ces subtilités et les mettre en route. Si nous ne cassons pas les structures classiques, les enfants vont s’ennuyer par manque d’éducateurs, de matériels, de structures. J’ai demandé à tous les comités départementaux de réunir leurs responsables des écoles de rugby pour tout mettre en route. Nous n’allons pas inventer en huit jours ce que nous n’avons pas. La FFR a fait des efforts financiers au niveau des comités territoriaux et départementaux en demandant de répercuter au niveau des clubs. Je suis d’accord pour dire que notre partie du travail était la plus facile maintenant les hommes de terrains doivent impulser ce changement culturel. L’Ecole de Rugby ne doit plus être tous les mercredis à 14h, tous les mômes arrivent et c’est du n’importe quoi. Chacun doit trouver sa propre organisation selon les paramètres humains, structurels et matériels. Il ne faut pas qu’un enfant parte du rugby avec une mauvaise image de nous ! L’enjeu est là et pas ailleurs, notre objectif n’est pas de faire 150 champions.
La hausse du nombre de licenciés a entraîné un problème d’infrastructure, que peut faire la FFR dans ce domaine ?
Alain DOUCET : Beaucoup de clubs n’ont pas attendu qu’on leur dise ce qu’il fallait faire et ils ont travaillé sur le moyen et le long terme en rencontrant leur municipalité pour avoir des plaines de jeu accessibles au plus grand nombre. Nous devons gérer le court terme et nous avons réfléchi à pas mal de choses. Nous préconisons une notion d’éclatement à celle de regroupement. Le club principal utilise les infrastructures des clubs satellitaires pour pouvoir y faire jouer certaines catégories d’Ecoles de rugby. Nous préconisons un étalonnage des catégories pour les moins de 15 ans pour une utilisation planifiée de l’usage des terrains. Nous préconisons aussi d’autres pratiques sur des surfaces différentes. La préparation athlétique peut se faire sur des pistes d’athlétismes ou autre. On peut travailler sous des préaux. Nous concevons très bien qu’une séance de poussins ne peut pas dépasser plus d’une heure et demie. Il faut planifier dans la journée la répartition des différentes séances des catégories. Pourquoi pas les poussins de 13h à 14h, les benjamins de 14h30 à 15h30 et ainsi de suite. Il faut trouver une nouvelle organisation et il n’ y a pas de règle générale. Il faut étaler les séances dans le temps. Certains éducateurs peuvent doubler les entraînements, pédagogiquement cela peut être intéressant.
Quels bilans tirez-vous de la journée découverte du rugby qui s’est déroulée le 20 octobre dans les comités ?
Alain DOUCET : Dans certains endroits, les remontées sont extrêmement positives. Le retour de Jean-Claude Tardieu, Président du Lot, est extraordinaire. Je comprends que les gens aient été débordés mais il y a des priorités quand on se veut dirigeant fédéral, régional ou départemental. La journée du 20 octobre était à mes yeux d’une haute importance. Il faut que chaque dirigeant comprenne qu’ils n’ont pas que des missions de gestion mais qu’ils aillent sur des missions de projet. Il faut dépasser le routinier, l’habituel, la gestion quotidienne. On ne peut pas avoir des têtes pensantes partout mais je crois qu’il y a des moments où il faut se surpasser.











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