Top menu



Vous êtes ici : historique > 2007 > « De la cohérence et de la continuité »
  Imprimer cette page






Date de publication : 20 Décembre 2007

« De la cohérence et de la continuité »

A deux mois du début du Tournoi des VI Nations, Marc LIEVREMONT, Sélectionneur de l’équipe de France, fait le point sur les nombreux chantiers qui entourent le XV de France.

Où en êtes-vous à deux mois du début du Tournoi des VI Nations ?

Marc LIEVREMONT : Nous sommes en train de compléter l’organigramme que nous avons dévoilé début décembre. Nous sommes sur la piste d’un deuxième préparateur physique parce que nous aimerions partir en tournée en juin avec deux préparateurs physiques. Dans le même temps, nous avons entamé notre tour des clubs du Top 14. Nous échangeons beaucoup avec les entraîneurs et nous leur présentons notre organigramme.

Justement, quels sont les retours des clubs ?

Marc LIEVREMONT : Nous sommes à l’écoute des clubs et nous leur avons notamment confirmé que nous ne convoquerons plus les joueurs pour des tests physiques. D’une manière générale, nous avons échangé sur des méthodes pour pouvoir harmoniser au mieux nos relations. Les portes sont grandes ouvertes, ce qui est très positif. Nous les connaissons déjà à travers nos différentes expériences sportives et cela permet d’avancer rapidement sur certains sujets. Mais il n’y a pas que nous qui rencontrons les clubs, Jean-Philippe Hager, le médecin du XV de France va prendre contact avec les médecins de clubs pour savoir comment échanger des informations. Parallèlement, Jean-Luc Arnaud, préparateur physique du XV de France, va aussi se rapprocher avec ses homologues des clubs pour échanger sur les méthodes d’entraînement, savoir si nous pouvons récupérer une partie des tests des joueurs. Nous sommes en train de discuter de tout cela afin d’harmoniser nos méthodes de préparation afin que le joueur, les clubs et l’équipe de France puissent en bénéficier

Est-ce que cela peut-être fait avant le tournoi ?

Marc LIEVREMONT : Non, le Tournoi, c’est demain. Nous nous donnons six à huit mois pour tout mettre en place et trouver les compétences. Cela commence à se faire avec des choix précis notamment au niveau médical. Nous avons ouvert un chantier énorme avec une mentalité différente de ce qui a pu se faire et nous ne pouvons pas tout régler en un mois.

En pleine reconstruction, quel est votre objectif sur ce Tournoi 2008 ?

Marc LIEVREMONT : Dans ce Tournoi 2008, nous ne sommes pas à la recherche de la victoire à tout prix. Nous voulons qu’il y ait une continuité, nous ne sommes pas dans une phase d’évaluation d’un potentiel de 50 joueurs. Si nous voulons de la cohérence dans le jeu, il faut de la continuité dans les hommes. Nous suivons un grand nombre de joueurs. Nous sortons de deux journées de Coupe d’Europe et nous avons vu pas mal de joueurs qui peuvent nous intéresser dans les clubs français ou étrangers. Nous avons eu plus de confirmation que de révélation. Les joueurs qui ont marqué des points sont des joueurs qui étaient déjà en équipe de France. Maintenant, nous sommes aussi très prudents parce qu’il reste encore des matches à jouer avant d’attaquer le Tournoi et nous pouvons facilement nous retrouver avec 7 ou 8 joueurs blessés. Les certitudes que nous avons, peuvent être à tout moment emportées par des incidents de jeu.

Qu’est-ce qui fera la décision dans les choix ?

Marc LIEVREMONT : Il faudra de la cohérence et de l’homogénéité. Il est inutile de bombarder une vingtaine de nouveaux sélectionnés sans expérience du haut niveau. Il faudra trouver la bonne alchimie entre le jeu que nous voulons pratiquer et l’état d’esprit que nous voulons insuffler à cette équipe de France. Il va falloir être compétitif dès février pour pouvoir imposer une construction de jeu cohérente.

Personnellement, êtes-vous définitivement rentré dans la peau du sélectionneur du XV de France ?

Marc LIEVREMONT : Ce qui est frustrant pour le moment, c’est que je fais du virtuel avec une équipe qui n’existe pas réellement au quotidien. J’ai l’habitude de parler de mes joueurs quand j’étais en club mais là, ils le sont tous potentiellement mais je n’en ai aucun sous la main. C’est vrai que par rapport à ce que j’ai vécu en club, c’est très frustrant. Le terrain, les odeurs, les vestiaires me manquent. Il me tarde d’arriver au Tournoi des VI Nations, ce n’est pas simple d’évoquer des choses alors que nous n’avons pas encore joué un seul match. Maintenant, nous travaillons de façon très constructive à la création d’une véritable structure de performance de haut niveau et c’est en cela que ce métier est très intéressant.