#BienJoué : La machine est lancée !

Publié le 05/12/18

Quelques semaines après le lancement officiel de « Rugby #BienJoué », Didier Retière continue sa tournée de promotion du programme à Angers. Et le DTN a déjà pu constater quelques-unes de ses vertus

Un heureux événement empêche ce jour-là le président du SCO RC Angers, Jean-Benoît Portier, d’assister à cette réunion organisée chez lui. Une autre naissance est à célébrer ce samedi matin sur les bords de la Maine : celle de la nouvelle charte du rugby amateur français, en vigueur depuis son accouchement sans douleur à Amiens, trois semaines plus tôt.

Petit rappel condensé du plan « Rugby #Bienjoué » par Dominique Coquelet, président de la Ligue Pays de Loire et maître de cérémonie : « Ce sont 14 mesures qui prônent davantaged’espaces, de plaisir et de sécurité.Selon moi, c’est une forme de révolutionculturelle sportive. » Et la région n’est pas choisie au hasard.

Première zone d’expérimentation du déploiement des Conseillers techniques de club (CTC), elle possède un petit temps d’avance sur ses consœurs. « On se félicite d’être ce laboratoire d’expérimentationpour le rugby français. On ne mesure pas aujourd’hui tous les tenantset aboutissants, on fera ça dans sept ouhuit ans. Mais notre territoire possède unfort potentiel de développement et on pensepouvoir tirer assez vite des conclusions decette politique fédérale », poursuit-il.

Les huit CTC, au travail depuis le début de l’année, répondent tous présents. Philippe Poulain est d’ailleurs ravi du boulot abattu en seulement neuf petits mois. « Avec tousces changements, c’était un peu difficile audébut avec les éducateurs, mais ça changedéjà. Tous commencent à voir le bienfait deces mesures. » Ce qui paraît être un très bon début.

Ce n’est que ça, un début. Les premiers frémissements se font pourtant déjà sentir à tous les niveaux, de la DTN aux petits clubs. « On se rend compte que les éducateurssont à fond avec nous, qu’il existe unvrai consensus autour du projet. Ça nousmotive encore plus », assure Didier Retière. Un enthousiasme partagé à tous les étages de la pyramide. « L’enseignementest beaucoup plus qualitatifaujourd’hui, c’estune certitude ; et çajoue mieux. Il y ade la passe.Les gosses réfléchissentplus et mieux », renchérit Yohann Martin, éducateur sportif au Rugby Olympique Choletais et responsable de son école de rugby. Comme tous les éducateurs de la région, il savoure le privilège d’être parmi les premiers (des)servis par les CTC.

Les Pays de la Loire, au côté de l’Occitanie, ont également été promus zone-test dès cet automne pour la règle qui a le plus suscité de réactions : le passage en force (NDLR : déjà utilisé auhand et au basket). Cette nouvelle règle démontre que le rugby des grands et des petits n’est pas le même et renforce le rôle des éducateurs. « Je trouve que c’est un très beau chantier,une solution concrète aux commotionsqui impulse également une bonnedynamique au niveau du jeu. Ça suscitedu débat et ce n’est pas plus mal », pose Francis Costa, DTL de la Supra Ligue Grand Ouest.

« J’aitrouvé ça un peu bizarre au début.C’est un interdit et je ne suis passûr que le biais pris soit le bon.Mais on verra bien… », tempère Yohann. « Je n’ai eu quede bons échos surcette nouvelle règle, rétorque Didier Retière.J’ai vu plusde 300 éducateursimpliqués, je n’airessenti aucun doute,entendu aucune critique.Il reste des détails à régler, quelques précisionsà apporter, de l’affinage.Cela fait partie d’une dynamiquegénérale qui est entrain de s’installer. Ona envie de faire leschoses ensemble etça s’est génial », se réjouit-il.

Tolérance zéro sur les comportements inacceptables

Comme pour toute expérimentation, il faut attendre des résultats concrets pour en tirer les bonnes leçons. « On veut voir ceque ça génère en termes de comportementdans nos écoles de rugby. Est-ce facile àenseigner, à arbitrer ? Le gamin s’y retrouve-t-il ? Le jeu produit derrière est-ilintéressant ? », interroge le DTN avant d’exposer par l’image sur grand écran les principes de base de ce passage en force.

Son application fait hurler quelques éducateurs passéistes ; elle risque aussi de faire hurler quelques parents indélicats, au moins pendant quelque temps. Mais deux des quatorze mesures de « Rugby #Bien- Joué » abordent cet épineux problème de l’attitude des accompagnants : la « tolérance zéro sur les comportements inacceptables » et le port d’une chasuble « Je suis un exemple » par tous les éducateurs, afin qu’ils soient reconnaissables par tous les acteurs du jeu. « Tout sauf une mesuregadget », intervient le DTN.

La formation des éducateurs est à la base du projet

Retour au terrain, celui de ces écoles de rugby où tant de choses ont changé sur le territoire ligérien depuis l’arrivée effective des CTC. « Ça a pris unpeu de temps pour que tout se metteen place, mais le bilan est largementpositif. Nos missions sont plus claireset il y a un gros partage avec les éducateurs.J’étais Conseiller de rugbyterritorial avant, je vois bien qu’onest beaucoup plus proches des clubs », savoure Philippe Poulain, l’un des huit premiers CTC du pays. Marie Hay en est une « On connaît mieux les éducateurs, laparole est plus directe, plus franche,la confiance est plus grande. Commetout changement, le message n’est pastoujours simple à faire passer. On yarrive par l’échange, pas en force », sourit-elle.

Relais indispensables de Rugby #BienJoué, « les CTC sont lesrelais actifs de la FFR. Ils sont làpour faire passer le message fédéral etmettre en œuvre ces mesures », précise Dominique Coquelet. Les éducateurs étant concernés au premier niveau par ce nouveau programme, leur formation est à la base du projet. « Il ya une grosse demande des clubs, deséducateurs, sur le contenu des séancespar exemple. Ils étaient un peu réfractaires au début, mais ont vite comprisqu’on est là pour les accompagner, paspour juger », tranche Philippe Poulain.

« Nos relations sont beaucoup plus simples, ils sont bien répartis. On sait qui appeler, ils se déplacent facilement, un vrai bonheur », savoure…son fils, Axel Poulain, éducateur sportif au SCO, également impliqué dans l’école de rugby angevine.Le rugby, espérons-le, restera toujours une histoire de famille. On y tient à la famille, on ne veut que son bonheur, pas entendre parler de commotion cérébrale tous les week-ends ou d’un petit KO ressenti comme une fierté.

Même dans le rugby pro,source de trop de dérives pour les jeunes rugbymen, cet art suranné du choc frontal ne fait plus la joie de personne.« La vraie question à se poser est celle-ci : Quel rugby veut-on pour demain ? La réponse est claire : celui avec des courses, des duels, des franchissements, pas un rugby d’affrontement stéréotypé comme on en voit à la télé tous les week-ends. Les All Blacks dominent le rugby mondial avec un jeu de prises de risques et d’espaces. Nos U20 n’ont pas été champions du monde en faisant de mauls et des chandelles »,insiste Didier Retière.

Il n’a même pas à intervenir sur le terrain lors de la mise en application de la règle du passage en force par quelques jeunes du club. Éducateur et enfants, tous ont déjà bien assimilé le changement. « Maintenant, on va suivre tout ça de très près, affirme le DTN. On a lancé la machine, enclenché ce projet qu’on va maintenant continuer à faire évoluer. Une vraie vague de renouveau est en train de se mettre en place. Une lame de fond va amener un état esprit nouveau, entreprenant, avec des gens positifs qui ont envie de faire passer un message. Ce message est simple : le rugby amateur peut faire changer le rugby pro. »

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