A l'école, vendredi, c'est rugby !

Publié le 03/11/14

Profitant de la réforme des rythmes scolaires, Vincent Peyrade, éducateur du Stade Blayais Rugby, fait le tour des 14 écoles de la communauté de communes pour initier un millier d'élèves de 6 à 11 ans aux joies du ballon ovale.

C'est quasiment de l'ordre du rituel. Quand Vincent Peyrade dépose son sac de sport dans la cour de l'école primaire où l'éducateur sportif s'apprête à officier, il trouve toujours de petits curieux pressés de savoir à quoi « Vincent », comme les élèves l'appellent tous, va les faire jouer. Et, en ce vendredi estival d'octobre, la découverte des ballons ovales provoque la même réaction : « Ouais super, c'est du rugby. »

Du rugby ou plutôt du ballon ovale, mais dans le canton de Blaye tous les élèves des écoles primaires seront de la partie, via la réforme des rythmes scolaires. En Haute-Gironde, on ne fait pas les choses à moitié puisque cette découverte ovale concerne les quatorze écoles de onze communes, soit de 800 à 1000 enfants âgés de 6 à 11 ans, impliqués dans un cycle de sept séances de quarante-cinq minutes. D'aucuns se disent déjà, c'est très bien mais la Gironde, c'est le sud-ouest, donc le pays du rugby et ce n'est pas représentatif de l'Hexagone. Un postulat réfuté par Michel Sarton, vice-président de la communauté de commune, maire de Saint-Genès et responsable de l'école de rugby du club de Blaye, qui corrige : «Nous sommes proche de Poitou-Charentes, en plein cœur d'une région de football. Nous n'avons pas un autre club de rugby dans un rayon de trente kilomètres ! »

Car Blaye, à 32 kilomètres au nord de Bordeaux, se trouve à l'amorce de l'estuaire de la Gironde. La majestueuse citadelle dessinée par Vauban domine la cité et attire les peintres amateurs comme les touristes gourmets des vins de la région. Blaye, c'est en effet d'abord des vignes. Avec du rugby en prime ! L'ovale y a fait son nid depuis longtemps, le collège a même ouvert une section rugby et si le club s'emploie à sortir de l'ornière de la division d'honneur, les effectifs de jeunes ont explosé en trois ans, passant de 90 à 180 licenciés.

L'effet de la dernière Coupe du Monde a certes joué son rôle, mais depuis lors, le club continue de rallier de nouveaux adeptes et nul doute que l'implication du club local dans le milieu scolaire n'est pas étrangère à cet afflux.
L'activité se traduit par des jeux classiques, le jeu du béret ou de l'épervier, adaptés au rugby. On court, on se passe le ballon, on apprend à l'apprivoiser, on s'amuse, mais sans jouer au pied ni plaquer. Une découverte de l'ovale ludique, sans contact et sécuritaire.

« Nous n'avons pas attendu la réforme des rythmes scolaires pour proposer l'activité ovale aux écoles du canton, rappelle Michel Sarton. Ces trois dernières années, Vincent Peyrade œuvrait ainsi sur quatre cantons. Avec la réforme, on a poursuivi ce travail et concentré notre effort sur notre canton. »

Avec l'espoir de voir quelques néophytes en culottes courtes s'enticher de rugby… « Je ne vais pas débaucher les jeunes qui pratiquent déjà un autre sport, mais si l'un d'eux est libre et présente des capacités ou un gabarit intéressant, je peux le guider vers le club », explique Vincent Peyrade, demi d'ouverture du Stade Blayais et entraîneur des cadets.

Retour dans ces deux écoles du canton et à ces élèves de CM1-CM2, dédiés en ce vendredi à la balle ovale. Car dans les faits, l'enseignement périscolaire est multi-sport, l'ovale n'étant qu'une option privilégiée. L'activité se traduit par des jeux classiques, tels le jeu du béret ou de l'épervier, adaptés au « rugby ». On court, on se passe le ballon, on apprend à l'apprivoiser, on s'amuse, mais on ne joue pas au pied. « Est-ce qu'on peut plaquer ? » est le second leitmotiv des enfants, mais là encore, c'est non.

La séance se traduit par une découverte de l'ovale ludique, sans contact et sécuritaire. « Mais passe en arrière, comme au rugby », conseille un enfant à son copain. Certains oseront même singer une amorce de « haka » !
Vincent Peyrade doit aussi s'adapter à toutes les circonstances. Aux pieds des vignes et sur une pelouse, comme dans la campagne de Saint-Paul, ou au cœoeur de la ville de Blaye et sur un carré de bitume. « On peut marquer des essais quand même et ça j'aime bien », annonce Anatole. Fin de séance avec la « banane », le rugby a fait son œœuvre, d'autant que c'est aussi les vacances de la Toussaint.

Pour Vincent Peyrade, à la rentrée, il faudra faire connaissance avec de nouveaux élèves à initier, mais à ce rythme-là, on connait déjà le grand vainqueur de l'opération : le rugby blayais. De quoi donner des idées.
Un ballon dans la vitrine

Du rugby à l'école, c'est possible, ça l'est même encore plus grâce à l'aménagement des rythmes scolaires. Mais au-delà des craintes qui peuvent animer enseignants, parents ou édiles des cités devant l'activité rugby, Michel Sarton avance une parade de nature à rassurer tout le monde : « Parlons d'abord de ''ballon ovale''. On sera mieux accueilli et entendu que si on parle rugby qui peut susciter des réticences. »

Avec le rugby à 5 , le rugby dispose d'une discipline ludique, pratique et sécuritaire pour tous. Quant à la démarche préconisée de proposer l'activité « ballon ovale » dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, la FFR, via la DTN, a réalisé un document pédagogique détaillé à l'attention de tous les clubs, avec en prime un panel de réponses aux questions de base que tout le monde se pose à l'origine.

« Si j'avais un conseil à donner, ce serait de suivre ce document fédéral », reprend le Blayais Michel Sarton avant d'ajouter : « L'essentiel, c'est de parvenir à pénétrer l'école primaire. Pour cela, chacun peut se référer aux conventions signées avec l'USEP (ou l'UGSEL pour les établissements privés). »

A charge ensuite de s'organiser pour trouver un éducateur disponible sur le terrain. Michel Sarton poursuit : « C'est une difficulté et si l'on veut créer un poste à plein temps comme chez nous, il faut un budget. Heureusement, avec les prestations rémunérées dans le cadre de la réforme, nous récupérons 10.000 euros qui couvrent une partie du salaire annuel de Vincent. Ce n'est pas rien pour un club comme le nôtre. »

Une réelle incitation, au final, pour proposer l'activité ovale au sein de sa commune ou de son canton. 
 

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