Novès : « L’espoir plus fort que tout »

Publié le 11/07/17

Guy Novès revient sur la tournée de juin mais surtout sur ses ambitions pour la saison prochaine.

Quel bilan tirez-vous de cette tournée de juin ?

Guy NOVES (Manager XV de France) : Trois défaites en autant de tests contre les Springboks, en ayant pris trente points à chaque fois, je ne m’attendais pas à ça. On ne s’attend jamais à ce genre de mésaventure même si on envisage tous les scénarios. Trente points, les Lions les ont pris également face aux All Blacks. Est-ce que les Lions s’attendaient à prendre 30 points ? Ils ne s’y attendaient pas non plus. Alors oui, je suis marqué. Mais abattu, certainement pas. Je suis marqué aujourd’hui, au lendemain de cette troisième défaite à l’Ellis Park de Johannesburg mais, dans une semaine, je repartirai au combat. Comme il m’est arrivé de le faire au Stade Toulousain. L’espoir reprendra le dessus.

D’autant que vous pourrez bénéficier la saison prochaine de la nouvelle Convention pour le XV de France ?

Guy NOVES : La nouvelle convention signée par la FFR et la LNR, qui permettra de protéger quarante-cinq joueurs internationaux, est une belle avancée. C’est un accord important. Les six semaines de travail qui suivront les quatre semaines de repos obligatoire octroyées aux joueurs concernés permettront, je l’espère, de transformer des joueurs solides en véritables athlètes. Ils ne seront plus absorbés par la reprise du Top 14 et se verront offrir des rythmes de travail intéressants. Cela créera de nouvelles mentalités et de nouveaux joueurs.

L’idée de permettre aux joueurs de combler le retard est séduisante. Elle aidera à ne pas rester sur cette impression que l’adversaire a deux niveaux d’écart avec le XV de France. Julien Deloire et nos préparateurs physiques, Bruno Dalla Riva et Robin Ladauge, ont concocté des programmes de réathlétisation qui correspondent aux besoins des joueurs. Certains ont besoin de prendre de la masse musculaire, d’autres ont besoin de gagner de la vitesse. Je ne m’attends pas que ceux-là gagnent une seconde sur 100 m en six semaines, mais ils peuvent changer de rythme, d’intensité.

L’exemple des Springboks, réputés massifs, et qui sont tous devenus un peu plus dynamiques, est à suivre. La morphologie des avants sud-africains n’est pas supérieure à celle de notre huit de devant ; le gabarit de leurs trois-quarts n’est pas supérieur aux nôtres. Mais lorsqu’ils accélèrent dans les intervalles, on sent tout de suite la différence. J’ai en mémoire l’image de Camile Lopez s’échappant sur l’aile face aux All Blacks, en novembre dernier, et repris à un mètre de la ligne par Beauden Barrett. Si Lopez marque, on gagne peut-être le test… Ces lacunes de vitesse, de capacité à reproduire des efforts intensifs dans la durée, on ne les a pas découvertes en Afrique du Sud. Elles ont toujours été identifiées. Mais aujourd’hui, nous avons à notre disposition les moyens de faire ce qu’il faut. Nous ne sommes pas capables actuellement de tenir la même intensité tout au long du match comme l’ont montré les Sud-Africains. Le travail physique réalisé jusque-là correspondait bien à ce qui attendait les joueurs en championnat, mais on touchait déjà ses limites lorsqu’arrivait la Coupe d’Europe et le constat est suffoquant lorsqu’on aborde le très haut niveau.

Allez-vous changer des choses dans votre approche de la tournée de novembre ?

Guy NOVES : Il faut désormais que les joueurs comprennent qu’ils n’ont pas le choix s’ils veulent réaliser les objectifs fixés pour faire partie du XV de France. Notre discours va être plus directif, plus dur. Car nous sommes dans la situation des élèves qui prépareraient médecine. Deux mille au départ, cent cinquante élus. Ceux qui veulent se battre et consentir les efforts nécessaires seront avec nous au mois de novembre. Les autres resteront à la maison !

J’ai entendu les propos de Bernard Laporte au lendemain du troisième test perdu. Il est dans son rôle, celui du Président qui doit motiver ses troupes. Il connaît le haut niveau, la difficulté des chemins qui y mènent. Il comprend vraiment ce qui se passe à l’intérieur. Il est le patron du garage après en avoir été le garagiste qui sait ce que mettre les mains dans le cambouis signifie. Il a eu en Afrique du Sud un excellent comportement, en restant dans son rôle de Président. Je comprends sa position. La mienne est de garder espoir. L’espoir que les garçons soient capables de rivaliser avec les meilleurs.

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