Jefferson Poirot, cœur de France !

Publié le 07/03/18

Titulaire indiscutable et indiscuté depuis quelques mois, Jefferson Poirot est fier de ses origines et de son club de l’US Lalinde.

Si l’US Lalinde (Dordogne) est fière de son premier international, Jefferson Poirot l’est pareillement de ses origines. Il porte le tee-shirt de l’USL et revient à chaque occasion dans la commune et au stade dont il vante la pelouse. Il a offert à son premier club le maillot de sa première titularisation dans le XV de France.

Quand Lalinde fit citoyen d’honneur Jefferson Poirot et qu’il reçut de son club d’origine un tee-shirt jaune et noir qu’il porte très souvent depuis, le garçon put s’étonner que l’écusson n’ait pas été placé côté cœur. Car si le nouveau pilier du XV de France a obtenu la consécration sous la bannière de l’UBB, son cœur est à Lalinde où il vient rendre visite à sa mère dès qu’il le peut, retrouver ses copains et encourager l’équipe.

Son président Laurent Marti, ancien sociétaire de Bergerac, ne saurait lui en tenir rigueur… Jefferson, prénom choisi par sa tante pour départager en quelque sorte ses parents, vous conduit ainsi avec empressement au stade de La Maroutine, en bordure duquel passe la micheline de Bordeaux de 16h15, signal du dénouement imminent du match de l’USL. Pour Poirot, il s’agit carrément « du plus beau stade de France et sa pelouse est de meilleure qualité que certaines du Top 14 ! » Il l’a foulée pendant huit ans avant celle du Stade de France qu’il retrouvera ce week-end.

Avant que Jefferson Poirot ne reçoive la cape, le Lindois le plus huppé était le deuxième ligne international B (au Stade Bordelais en 1947 et 1948) Jean Hernandez, figure emblématique du club dont le nom a été donné au stade en 1995.

« IL FALLAIT QU’IL PARTE POUR DEVENIR PILIER »

Quasiment tous les sports sont pratiqués dans la cité mais c’est le rugby qui occupe la pole position, attirant régulièrement 400 à 500 spectateurs au stade. Le club compte 130 gamins à l’école de rugby que fonda, à la fin des années 50, l’ancien ailier du XV de France Jo Baladié, champion de France 1945 avec le SU Agen. Le titre Phliponneau de 2015 atteste éloquemment la qualité de la formation lindoise.

Mais son plus beau fleuron n’eût sans doute jamais manié l’ovale si sa mère, tombée amoureuse du coin lors des vacances 1998, n’avait déménagé de Franconville à Saint-Capraise de Lalinde l’année suivante ; et si un camarade de classe de Saint-Capraise n’avait persuadé Jeff de le rejoindre à l’USL. Il avait alors huit ans et il n’a pas oublié que sa première saison « ne fut pas brillante ». Mais il était déjà plus grand et plus costaud que les autres. Guy Poyrault, mari de la responsable de l’école de rugby, ajoute en souriant : « Il ressortait du lot, il gagnait les matchs presque à lui seul. À chaque tournoi, nos adversaires demandaient systématiquement sa licence pour vérifier. Nous ne risquions pas de l’oublier ».

Poirot XV de France

Poirot évolua au centre ou à l’aile des trois-quarts jusqu’à 13 ans, avant de passer en troisième ligne, à l’occasion en deuxième. C’est seulement à Brive, en moins de 18 ans, qu’il monta en première ligne : « Je dois cette reconversion à Nicolas Godignon. Il m’a clairement prévenu qu’il comptait ne m’utiliser qu’à cette place et qu’il me voyait même y faire carrière, aussi bien à droite qu’à gauche ». L’actuel entraîneur de l’USL Thierry Grangier était alors responsable de la formation et il confirme : « Il fallait que Jeff parte de Lalinde pour devenir pilier. Ici, il ne voulait pas entendre parler de ce poste ». L’intéressé admet : « Je jouais derrière parce que j’aimais beaucoup toucher le ballon. J’ai compris ensuite qu’un pilier pouvait également le toucher ».

L’AUTRE LICENCE

Jefferson avoue qu’il a pas mal souffert à droite les premiers temps, également à ses débuts bordelais. Avec les Crabos et Espoirs de Brive, il jouait des deux côtés, jusqu’à ce que les blessures des gauchers corréziens l’installent là pour sept matchs, plus trois au talonnage.

A son arrivée dans le Top 14, sa tenue de mêlée suscitait des réserves. Avec son club, il s’est astreint à une sévère besogne dont les effets ont été spectaculaires : il a progressé à pas de géants et, malgré une luxation acromio-claviculaire (huit semaines d’indisponibilité) avant le Tournoi et une opération du ménisque avant la tournée en Argentine, il s’est imposé cette année chez les Bleus, au point de dicter sa loi aux Pumas.

En démontrant une puissance exceptionnelle et une rare détermination à atteindre ses objectifs, le Bordelais de Lalinde a gagné la confiance des entraîneurs des avants tricolores qui lui promettent, s’il maintient le cap, une riche carrière. Et peut-être de hautes responsabilités car le jeune homme a également développé le muscle cher à Olivier Roumat, celui qui se situe entre les deux oreilles.

En effet, Jefferson Poirot ne possède pas qu’une licence de rugby : il a réussi à concilier l’inconciliable et à obtenir après son bac STI, en cinq ans, une licence commercial-marketing international. Il envisageait naguère l’après-rugby dans le commerce automobile, aujourd’hui plutôt dans le marketing du sport ou l’événementiel, tandis que ses amis de Lalinde le voient très bien consultant télé… ou coach. D’ailleurs, l’objectif à court terme du pilier tricolore, pour l’année prochaine sans doute, est le diplôme d’entraîneur : « Baptiste Serin et moi comptons bien le passer ensemble ». Il semble bien que le plus beau chapitre de la carrière de Jefferson Poirot et du livre d’or de l’US Lalinde reste à écrire.

Réseaux sociaux

Suivez l'actualité des équipes de France et de la FFR sur nos réseaux sociaux

Boutique

Mettez-vous aux couleurs du XV de France et encouragez les Bleu(e)s.

Billetterie

Achetez vos billets pour les matches du XV de France et des équipes de France