Equipes de France : Hommes-Femmes, mode d’exploit

Publié le 08/11/18

À moins d’un an de la prochaine Coupe du monde, le XV de France attaque la dernière ligne droite vers le Japon en affrontant la moitié du Rugby Championship et les Fidji. Le challenge des filles, qui se frottent deux fois aux N°1 mondiales néo-zélandaises, est tout aussi excitant.

Pour les garçons, le Japon est déjà en point de mire, à une distance de dix mois et onze matches, les trois premiers en ce mois de novembre. Pour les filles, la quête d’un ou deux exploit(s) face aux invincibles Néo-Zélandaises est un merveilleux objectif.

Deux très beaux défis à relever pour nos Bleu(e)s. Et la tension va monter, le pouls s’accélérer, de Toulon au Stade de France en passant par Grenoble et Lille. C’est à Mayol que les filles inaugurent cet alléchant programme automnal. L’affiche est historique à plus d’un titre. Elle oppose en toute simplicité les championnes du monde aux championnes d’Europe, pour une grande première entre les deux nations en France. Elle sera immédiatement suivie d’une deuxième, dans ce stade des Alpes qui a déjà hurlé sa passion pour les filles face à l’Angleterre lors du dernier 6 Nations (NDLR : victoire décisive vers le Grand Chelem et record mondial d’affluence pour un match féminin avec 17 440 spectateurs). De quoi donner envie aux joueuses de retrouver l’Isère en automne. « On est sûres que ça sepassera bien au stade des Alpes et on espèreaussi une très belle ambiance à Toulon », confie Pauline Bourdon, la demie de mêlée tricolore. Le Stade de France aussi devrait être copieusement garni le lendemain pour le premier des trois Tests des Bleus face à l’Afrique du Sud, avant l’Argentine et les Fidji. Du très lourd pour tout le monde. « On adeux semainespour bien sepréparer et mettredes choses en placepour affronter l’Afrique du Sud,qui sort d’un gros Rugby Championship,comme l’Argentine. Le Tournoi vavite arriver, la Coupe du monde aussi.Engranger de la confiance passe pardes victoires cet automne », assure Baptiste Serin.

Le demi de mêlée tricolore a déjà affronté cinq fois la Nouvelle-Zélande dans sa jeune carrière. C’est une fois de plus que les Bleues dans toute leur histoire. La première opposition face aux Black Ferns en 1996 restera à jamais, espérons-le, la plus lourde défaite d’un XV de France (NDLR : 109-0 à Edmonton au Canada). Mais comment juger de l’écart actuel entre les deux équipes quand elles ne sont plus affrontées depuis 2010, en demi-finale de la Coupe du monde en Angleterre (7-45) ?

Depuis 1991, les Néo- Zélandaises n’ont perdu qu’un match en six Coupes du monde et remporté cinq fois l’épreuve en six participations. La seule qui manque à leur palmarès ? Celle disputée… en France, en 2014, où elles ont été battues en poule par l’Irlande (5e au final). Les joueuses d’Annick Hayraud, Samuel Cherouk et Olivier Lièvremont ont très envie d’offrir aux Black Ferns un autre mauvais souvenir de leur passage en France. « On sait à quoi s’attendre,beaucoup de combat, de vitesse. Maiselles ont deux bras et deux jambes commenous. On va se préoccuper de notre projet dejeu et on verra. C’est une belle occasion de montrerqu’on comble un peu l’écart avec elles. Ontravaille dur pour battre des équipes comme ça et ça marquerait les esprits », analyse la centre Carla Niesen.

Le manager des N°1 mondiales, Glenn Moore, est très prudent avant ce double affrontement. « Selon moi,la France aurait très bien pu être notreadversaire en finale. C’est une excellenteéquipe, grande, costaude, athlétique, uneréelle menace », a prévenu un coach qui n’a connu qu’une seule défaite depuis son intronisation il y a trois ans. Ses joueuses auront d’abord fait une escale à Chicago pour affronter les États-Unis, avec déjà dans les pattes deux matches en août face à l’Australie. Les Françaises, elles, n’ont plus évolué ensemble depuis la mi-mars et la dernière levée de leur cinquième Grand Chelem au pays de Galles. « On est toutescontentes de retrouver le groupe, de repartirsur une nouvelle saison. On va bien préparerces deux matches et retrouver notre jeu,celui qui nous a permis de gagner le Tournoil’hiver dernier. Il n’y a aucune crainte,que de l’excitation », s’enthousiasme la pétillante Pauline Bourdon.

Il y a un an, la France a acquis de haute lutte le droit d’organiser la Coupe du monde 2023 masculine. Si elle est déjà dans quelques têtes, c’est surtout le périple au Japon à l’automne prochain qui obnubile le staff tricolore et sa sélection. Une preuve sans doute qu’il y a aussi du positif à retenir de la Tournée d’été en Nouvelle-Zélande : pas moins de dix-sept joueurs ont été retenus dans la liste de Jacques Brunel.

De la stabilité dans le jeu et les joueurs, une option choisie avec pertinence. Cette équipe doit avancer groupée et solidaire vers l’échéance mondiale. « Cette stabilitéest une volonté du staff, elle permetde travailler dans la continuité. Face àces trois adversaires, le contenu sera important.La victoire aussi. C’est quandmême beaucoup plus facile de travaillersur une dynamique positive », assure encore un demi de mêlée, l’explosif Antoine Dupont. Comme tous ses coéquipiers, ceux en salle d’attente ou à l’infirmerie, il sait qu’il ne restera après cette Tournée que le Tournoi des 6 Nations pour élire les trente élus au voyage au Japon. Une petite dose de pression supplémentaire sur chaque paire d’épaules.

Cet automne, les Bleus auront forcément un appétit féroce de victoire, qu’ils n’ont connue que deux fois en 2018, face à l’Italie et l’Angleterre. Les Springboks, sur une série de six succès de rang face à la France, seront les premiers à se dresser sur leur route. Pour donner une idée des forces de l’opposition à venir, les Sud-Africains ont fait tomber les All Blacks chez eux il y a moins de deux mois (36-34). Pour commémorer les soixante ans de l’historique Tournée de la bande à Lucien Mias au pays arc-en-ciel et parfaitement lancer la dernière ligne droite vers Tokyo, un succès au Stade de France serait plus que bienvenu. Il permettrait aux ouailles de Jacques Brunel de s’avancer vers le défi argentin au stade Pierre-Mauroy de Lille une semaine plus tard avec une confiance restaurée. Griffer les Pumas avant de les retrouver dans la capitale nippone le 21 septembre prochain serait une excellente idée. Il faudra enfin se méfier des imprévisibles Fidjiens, dont treize évoluent en France.

Les Bleus n’ont jamais perdu face à cet adversaire en neuf oppositions. Et ce n’est certainement pas le bon moment de briser la série. « En pensant à laCoupe du monde, battre l’Argentine serait agréable mais on veutbattre tout le monde. Une équipe se crée depuis le dernier Tournoi,même si ça a été dur en Nouvelle-Zélande. Du travail a étéaccompli. Il faut le poursuivre jusqu’à la Coupe du monde.Ça passe déjà par cette Tournée », conclut Baptiste Serin. Il y a des matches et des cœurs à gagner, pour les filles comme pour les garçons. Pour que cet automne annonce des lendemains qui chantent.

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