Vakatawa : « Les Jeux, j’y pense depuis longtemps »

Publié le 12/05/16

A quelques heures du début du Paris 7S, Virimi Vakatawa s’est confié sur son parcours qui l’a amené des Fidji à Marcoussis.

SES DÉBUTS AUX FIDJI

« Au lycée, je jouais à XIII ; on gagnait tout »

« J’ai commencé le rugby aux îles Fidji, mon pays natal. A l’âge de 9 ou 10 ans. À l’école, comme tout le monde. Là-bas, ce sport est une culture. Tous les enfants jouent avec le ballon. Mes parents l’avaient fait avant moi, mais sans que cela devienne pour eux une carrière. Mes deux sœurs aussi ont joué au rugby, en loisir. J’habitais un village d’une centaine d’habitants, Naluwai, dans la province de Naitaisiri. J’ai commencé à l’école, puis j’ai poursuivi au lycée, sans jamais intégrer un club. On s’entraînait tous les soirs, après la classe, pendant environ 1h30. Les matchs avaient lieu le vendredi et le samedi.
Je jouais à XV ou à XIII, selon les années. Mais au lycée, je me suis spécialisé dans le rugby à XIII. Sans vraiment l’avoir choisi. Il se trouve que l’établissement où j’étais inscrit dominait le pays dans cette discipline. Nous gagnions tous les trophées. J’y ai beaucoup progressé. À l’âge de 17 ans, j’appartenais à l’équipe des Fidji des -19 ans. Lors de ma première année, nous sommes allés aux Samoa pour disputer un tournoi des îles du Pacifique. J’ai été désigné meilleur joueur. J’aurais dû partir en Nouvelle-Zélande. En 2009, j’avais obtenu une bourse pour aller faire mes études là-bas. Mais la fédération fidjienne n’a pas voulu me laisser partir. Elle a bloqué le processus. Du coup, je ne suis jamais parti en Nouvelle-Zélande. À la même époque, j’ai reçu un appel au téléphone de Sireli Bobo, l’ailier fidjien du Racing 92. Il m’a proposé de le rejoindre en France. J’ai accepté. »

SON ARRIVÉE EN FRANCE

« J’ai passé un examen pour devenir français »

«Avant de débarquer au Racing en 2010, je savais seulement que la France était un pays. Pour le reste, je ne connaissais rien, sauf peut-être la Tour Eiffel. J’avais aussi retenu le nom de quelques joueurs français, que j’avais vus à la télévision aux Fidji. Sébastien Chabal, surtout. Finalement, j’ai joué avec lui, sous le maillot du Racing. Avec lui et Lionel Nallet. Mes premiers mois en France ont été difficiles. Une expérience compliquée. Je ne parlais pas un mot de la langue. Et je n’étais pas très habitué au climat. Je ne comprenais pas grand-chose à ce qui se passait autour de moi. Je pouvais seulement parler en anglais avec les joueurs étrangers du club. J’ai suivi des cours de français, avec le Racing. Puis je me suis inscrit à un examen, avec Bernard Le Roux, pour obtenir la nationalité française. À ma première tentative, j’ai été recalé. Je ne devais pas avoir le niveau. Mais j’ai insisté. J’ai étudié. Quand nous partions à l’étranger, avec France 7, je ne dormais pas dans l’avion, j’étais plongé dans mes bouquins de français. J’ai finalement eu mon examen, à mon deuxième essai. J’ai entrepris moi-même les démarches pour devenir français. Rien n’a été facile. Mais Jean-Claude Skrela m’a beaucoup aidé pour y parvenir. Je voulais devenir Français. Je savais que, si j’obtenais la nationalité, je pourrais jouer pour l’équipe de France de rugby à 7 et peut-être participer aux Jeux de Rio. Les JO ont beaucoup compté dans mon choix. Ils ont constitué une grosse motivation. J’y pense beaucoup. L’expérience va être énorme. »

DU XV AU 7

« L’important c’est de jouer »

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 « En arrivant en France, je ne pensais pas du tout me retrouver un jour dans une équipe de rugby à 7. Je suis venu à Paris et au Racing pour faire carrière dans le XV. Changer de  discipline a été pour moi une grande surprise. Mais au Racing, je n’avais pas assez de temps de jeu. J’ai demandé à essayer le 7, comme d’autres l’avaient fait avant moi. Un jour, j’ai  reçu un appel de Frédéric Pomarel (l’entraîneur de France 7). Il m’a expliqué être intéressé par mon profil. J’ai été essayé sur deux tournois, à Tokyo et Hong Kong. Je crois que l’essai  a été concluant. Puis j’ai terminé la saison, à Glasgow et à Londres. La Fédération m’a ensuite proposé un contrat de deux ans pour intégrer l’équipe France 7 à Marcoussis. Je n’ai pas  hésité. Aujourd’hui, je n’ai pas de regrets. L’argent n’est pas tout. Moi, je veux d’abord jouer au rugby. Je suis venu en France avec cette idée. Mais passer d’une discipline à l’autre n’a  pas été facile. Au Racing, à mes débuts, j’ai pris du poids, environ 6 kg, grâce à un programme de musculation. J’ai perdu un peu ma vitesse. Je courais moins. La rapidité a toujours  été l’un de mes points forts. Aux Fidji, j’ai été chronométré en 11 secondes au 100 m, à 17 ans, en courant pieds nus. A l’époque, j’étais moins lourd, je devais peser 83 kg.  Au rugby  à XV, les espaces sont moins nombreux, les contacts plus fréquents et violents. Quand l’action ne se déroule pas de votre côté, il est toujours possible de récupérer. À 7, au contraire,  on court sans arrêt, en attaque comme en défense, les espaces sont considérables. Quand j’ai été appelé pour le XV de France, j’ai dû m’adapter. Je n’avais plus joué à XV depuis deux  ans. Je devais réapprendre beaucoup de choses. Mais le staff m’a beaucoup aidé, Jeff Dubois surtout. Après le Tournoi, il m’a fallu une nouvelle fois retrouver mes repères, mais dans  l’autre sens, pour revenir au 7. Pas facile non plus. »

SES RACINES

« Maintenant, je suis connu aux Fidji »

« Je conserve des liens très forts avec les îles Fidji. J’y retourne régulière¬ment, pour les vacances. Je sais que mes progrès sont suivis de près là-bas. Désormais, les gens me connaissent. Pendant le Tournoi des 6 Nations, j’ai été sollicité par des médias fidjiens. Quand je ne joue pas au rugby, j’ai besoin de me reposer. Je dors beaucoup, je suis comme ça. A chaque moment de répit, j’en profite pour dormir. Le reste du temps, j’aime jouer de la guitare. Seul. Je joue des airs traditionnels fidjiens. Je suis aussi fan de shopping. Je m’achète des fringues. Quand je vois sur Internet quelque chose qui me plaît, j’ai besoin d’aller très vite dans Paris pour essayer de le trouver ! »

SON PREMIER TOURNOI

« Je retiens l’aventure collective »

«Le Tournoi des 6 Nations, je n’y avais jamais pensé. Au retour d’une tournée avec France 7, Guy Novès m’a fait savoir qu’il voulait me voir. Il m’a annoncé qu’il voulait m’essayer et me donner ma chance, mais en précisant que je devrai travailler. Il n’a pas évoqué le Tournoi, seulement les deux semaines de stage avec les Bleus. J’étais déjà très heureux d’être retenu, je ne voyais pas plus loin. Je connaissais le Tournoi et son niveau par la télévision. Au début, je ne pensais pas jouer. Surtout, je n’imaginais pas disputer tous les matchs. Louis Picamoles et Yoann Maestri m’ont beaucoup aidé à bien vivre cette première expérience. Ils m’ont parlé longuement, ils m’ont expliqué que je ne devais pas écouter ce qui se ra¬contait mais me concentrer sur mon jeu et mon rôle. Ils m’ont fait comprendre que tout se passerait bien si je faisais mon travail. Aujourd’hui, je ne sais pas trop quoi dire sur ma performance individuelle. Je n’ai pas non plus envie d’en parler. L’important a été l’aventure collective, l’expérience d’un premier Tournoi des 6 Nations. Entre le XV et le 7, je n’ai pas à choisir. Je n’ai pris aucune décision sur la suite de ma carrière. Il sera temps de le faire après les Jeux de Rio. Avec le 7, je peux toucher beaucoup de ballons, avec des espaces, faire des passes après contact. Cette forme de rugby permet aussi de beaucoup voyager, découvrir des pays nouveaux. À titre personnel, j’aime beau¬coup les Etats-Unis et Hong Kong. »

Fiches de joueurs

VAKATAWA Virimi.

1992Année de naissance

17 Nombre de tournois

FFRDernier club

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