L'envol de la fusée Pôle France

Publié le 01/10/14

Ce n'est plus une mais trois catégories d'âge qui sont désormais concernées par la nouvelle organisation du Pôle France, telle une fusée à trois étages. Ainsi, depuis la mi-septembre, une cinquantaine de jeunes espoirs (des -18 aux -20 ans) se côtoient à Marcoussis, sous la direction des entraîneurs nationaux. Objectif, « remuscler » la formation à la française.

 On n'avait jamais vu ça à cette période de l'année. Du 15 au 18 septembre, le site de Marcoussis ressemblait à un essaim d'internationaux en herbe, avec trois catégories d'âge réunies la même semaine à Marcoussis ! Car, à partir de cette année, le Pôle France évolue et ne se limite plus à une grosse vingtaine d'espoirs de moins de 19 ans. La tête de pont de la formation française brasse plus large, puisque des moins de 18 aux moins de 20 ans, ils seront dorénavant plus d'une cinquantaine réunis une fois par mois dans les murs de la FFR. « Arrêtons de nous satisfaire du niveau de nos jeunes à l'échelon national car, à travers le prisme international, nous sommes en retard et loin du top », admet Didier Retière, directeur du Pôle France et maître d'œouvre de cette fusée tricolore à trois étages.

A compter de cette année, ce Pôle intègre toujours le noyau dur des moins de 19 ans, lesquels passeront trois semaines par mois à Marcoussis, la dernière leur permettant de garder le lien avec leur club. Ce Pôle regroupera aussi une poignée, triée sur le volet, de moins de 18 ans (six en l'occurrence), présents dans la continuité à Marcoussis, avec une dernière semaine à dominante scolaire, mais rugbystiquement pointue grâce à un suivi technique individualisé.

Une semaine par mois enfin, LA semaine la plus animée, on retrouvera les moins de 20 ans en prime, soit une possibilité pour un espoir de passer désormais deux, voire même trois ans au Pôle, au lieu du « one shot » traditionnel. « Nous sommes encore en phase de transition, puisque la saison prochaine, nous procèderons à une restructuration de nos Pôles Espoirs, mais, au Pôle France, on sent déjà chez tout le monde une envie d'aller de l'avant, une nouvelle dynamique autour d'un vrai projet », soutient Didier Retière.

« L'architecture du Pôle change beaucoup, notre façon de travailler aussi, mais ce sera profitable pour nos jeunes. Il y aura davantage d'intensité dans nos séances, de continuité dans l'entraînement, sans nuire au temps d'études, d'harmonie aussi avec les centres de formation des clubs. » Philippe Boher, entraîneur national.

Même la grève aérienne de mi-septembre, qui a contraint l'aréopage du Pôle à lâcher une partie des joueurs une demi-journée plus tôt que prévu, n'a pas douché l'enthousiasme perceptible des entraîneurs nationaux, à l'instar d'un Philippe Boher plus gaillard que jamais : « L'architecture du Pôle change beaucoup, notre façon de travailler aussi, mais le plan individuel de formation mis en place sera profitable pour nos jeunes. Il y aura davantage d'intensité dans nos séances avec des séquences courtes et rythmées, de continuité dans l'entraînement grâce à des blocs renforcés sans nuire au temps d'études, d'harmonie aussi dans le travail accompli de concert avec les centres de formation des clubs. »

Un vent frais souffle sur Marcoussis, venu des Assises de 2012 dont est directement issue cette réforme. « Nous nous inscrivons dans cette logique de débats qui nous permet de faire évoluer une structure ancienne de plus d'une décennie », rappelle Didier Retière.

Et sans copier sur qui que ce soit, les responsables tricolores n'ont pas hésité à s'inspirer de ce qui se fait de mieux ailleurs pour affiner la nouvelle structure du Pôle, comme l'avoue le futur DTN. « Des Irlandais et des Gallois, on a repris le travail de plusieurs années réalisé sur une génération. Des Anglais, on s'est inspiré de programmes divers et de la mise en place de nos centres d'entraînement régionaux pour les moins de 15 ans. L'intégration du 7 dans notre cursus a été reprise aux pays de l'hémisphère sud. Nous sommes ouverts et Gérald Bastide, qui a passé une semaine avec les Auckland Blues, nous a aussi fait remonter des idées à reprendre, même si nous restons fidèle à notre culture », ajoute Didier Retière.
Tout est mis en place pour rendre la formation de nos espoirs plus performante, avec des effets à court et long termes, Didier Retière n'hésitant pas à se projeter, en avouant : « Le temps passe tellement vite qu'on travaille déjà sur la Coupe du Monde 2023. » D'ici là, rendez-vous dès la mi-octobre pour écouter le site fédéral bourdonner de plus belle.

L'INTERVIEW DE FABIEN PELOUS

« Le critère physique est primordial »

Votre rapport sur les filières de formation est à l'origine d'une réforme au sein de laquelle se trouve l'évolution du Pôle France. Qu'en attendez-vous ?
Fabien PELOUS : On souhaite devenir plus performant sur la formation et, dans ce but, développer le joueur le plus rapidement possible. Notre objectif, c'est gagner du temps et maximiser le potentiel de nos espoirs. La formation est en perpétuelle évolution, elle ne s'arrête jamais et on peut toujours l'améliorer. Je défends une vision pragmatique.

Comment traduire le pragmatisme dans l'évolution du Pôle ?
Fabien PELOUS : Je mettrai en avant la prise de conscience du potentiel physique. Toute lacune de ce type s'avère rédhibitoire pour l'accès vers le haut niveau. Les jeunes qui arrivent le plus vite à jouer en Top 14, et même au-delà, sont aussi ceux qui disposent du physique leur permettant de tenir le rythme. Il faut faire évoluer nos mentalités à ce sujet sans être dogmatique. Il faut garder la filière ouverte à tous les profils, mais la technique ne compense pas tout. Le critère physique est primordial et la technique fera ensuite la différence. Ce Pôle France permettra un développement individuel du joueur, aussi bien sur le plan physique que technique, sur plusieurs années. Le tout en accord avec les clubs.

Les clubs seront donc un élément moteur, eux aussi ?
Fabien PELOUS : Il a pu y avoir, par le passé, quelques tiraillements entre les clubs et la filière fédérale, mais aujourd'hui, nous travaillons ensemble. Au Pôle, un travail axé sur le développement individuel que les clubs n'ont pas toujours le temps de réaliser. A ces derniers, l'approche stratégique liée à la compétition qui n'existe pas au Pôle. Nous serons complémentaires et les joueurs disposeront d'un carnet d'entraînement vérifié et partagé par les centres de formation des clubs comme par le Pôle. S'ils arrivent vite, tant mieux, sinon, nous attendrons sur du plus long terme. Nous espérons surtout avoir deux effets majeurs : sur les résultats des équipes de France jeunes d'abord, mais aussi sur le nombre de joueurs susceptibles de postuler le plus vite possible au Top 14. (Et Didier Retière ajoute : en terme de résultats, nous avons deux compétitions de référence avec le championnat du monde des moins de 20 ans et le championnat d'Europe FIRA des moins de 18 ans. Chez les moins de 20, le bénéfice pourrait se faire sentir rapidement, dès 2015 ou 2016.)

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