Retière : « Un partenariat avec les clubs »

Publié le 08/09/17

Avant la reprise de la saison internationale, Didier Retière, Directeur Technique National, nous explique ce qui va changer dans l’organisation sportive.

Comment la Direction Sportive aborde cette saison 2017-2018 ?

Didier RETIERE (Directeur Technique National) : « Nous avons restructuré complètement la Direction Sportive. Nous allons avoir une gestion avec beaucoup plus d’échanges entre la formation, le haut niveau et le développement. Nous travaillons sur le service à nos clubs, nos équipes pour être plus performants. C’est une réforme globale qui se concrétise par un nouvel organigramme, une intégration plus poussée entre salarié et cadre technique avec l’objectif de proximité et de flexibilité. Nous voulons éclater le fonctionnement en silo qui générait beaucoup d’inertie, de la prise de décision à son application. Nous devons être plus accessibles et cela rentre dans le cadre de la politique voulue par Bernard Laporte pour être en soutien de nos clubs. »

Quel impact sur les équipes de France ?

Didier RETIERE : « Nous avons décliné les mutations de la Direction Sportive sur le haut niveau. Nous voulons mettre en avant la collaboration et la dynamique commune avec les clubs. C’est ce qui a guidé cette réforme et cela s’est traduit par une première décision importante, une vraie rupture dans la culture fédérale, la décentralisation du Pôle France. J’ai entendu qu’il disparaissait, c’est faux ! La réalité, c’est que ces joueurs qui étaient dans le Pôle France sont aussi dans des centres de formation. Le fait d’avoir deux projets différents amenaient le joueur à se disperser et les clubs à un manque d’implication. Il y avait deux projets en parallèle que nous n’optimisions pas du tout. Le joueur doit être au centre de nos préoccupations et l’idée est de mettre en commun nos énergies. La Fédération doit travailler sur la cohérence du projet au niveau national, donner des références par rapport aux exigences du niveau international, … Nous travaillons en partenariat avec les clubs. Les joueurs sont formés dans les clubs par des staffs compétents et nous allons les aider et les accompagner dans cette recherche de la performance. »

Cela implique une réforme du calendrier ?

Didier RETIERE : « Complètement ! Le joueur était perdu entre les sélections et les compétitions domestiques, à jouer pendant 15 jours avec son club avant de passer une semaine avec une sélection régionale ou une équipe de France avec des projets de jeu différents. Nous avons balisé des périodes ciblées avec une grande phase de développement entre juillet et début septembre. Une reprise avec du rugby à 7 pour toutes les catégories d’âge à partir des moins de 14 ans. Derrière, une grosse phase de clubs qui va se dérouler entre septembre et début janvier. A partir de janvier, la phase de sélection régionale et nationale jusqu’au mois de mars avant de rebasculer complètement sur le club avec les phases finales. Nous avons une saison mieux rythmée et plus homogène dans son fonctionnement. »

Pourquoi ne pas avoir fait ce travail avant ?

Didier RETIERE : « Personne ne voulait perdre ses prérogatives. Tout le monde défendait ses missions. C’est une évolution mais si je prends comme exemple le Pôle France, ce n’est pas un échec, c’est une structure qui a été très efficace à sa création et qui répondait à un besoin de l’époque. Cela nous a permis d’être champion du monde des moins 21 ans. L’erreur est de l’avoir fait durer trop longtemps. Le basket est exactement dans la même démarche concernant leur Pôle France. En tant que fédération, nous devons nous adapter à notre environnement et les réponses d’aujourd’hui ne seront pas celles que l’on aura demain. Nous avons la même réflexion avec le 7 et le 15. Les deux pratiques ne sont pas incompatibles, le 7 est un formidable outil de développement des joueurs de haut niveau. Nous avons des profils de joueurs qui ont besoin de passer par le 7 pour poursuivre leur progression alors que d’autres ont déjà les qualités pour jouer à haut niveau dans les clubs professionnels et n’ont pas besoin de passer par une autre pratique. Nous devons basculer dans une approche individualisée pour permettre aux joueurs de progresser et par rebond à nos équipes de France d’être performantes. »

Cette approche individualisée est une nouveauté ?

Didier RETIERE : « On justifiait souvent la qualité de notre travail à travers les résultats de ceux qui étaient passés dans la filière et de ne pas donner voix au chapitre à ceux qui n’y passaient pas. On était tout le temps dans la défense de nos structures. C’est ce qui a amené toutes les incompréhensions du passé. C’est difficile de placer le curseur entre l’individualisation et la cohérence. Il faut s’adapter constamment au profil différent des joueurs et joueuses de haut niveau ou à l’environnement avec des résultats quasi-immédiats. Nous avons fait un premier essai avec les moins 19 ans où les staffs des clubs ont été impliqués dans la préparation de la tournée d’été. Nous avons assisté à un vrai changement de mentalités des joueurs, des encadrements fédéraux et de ceux des clubs. Les résultats ont suivi, il n’y a pas d’homme providentiel. Nous devons nous servir du potentiel et de l’énergie de chacun. »

Reste à valider ces changements par des titres ?

Didier RETIERE : « Nous sommes dans un sport de compétition et nous devons faire le maximum pour gagner. Après, c’est gagné à quel prix ? Je ne parle pas du XV de France mais nous sommes aussi là pour faire de la formation. Ces mauvais résultats, malheureusement, ont traduit le manque de cohérence à créer des synergies. J’ai vraiment le sentiment que cela change. Nos résultats sont insatisfaisants par rapport à la place du rugby en France. Paradoxalement, ces échecs sont peut-être le départ d’une nouvelle dynamique. »

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