Arbitrage : Attalah l’Africain !

Publié le 06/02/18

A peine le sifflet rangé, l’arbitre du Comité de Franche-Comté a voulu transmettre son expertise aux jeunes arbitres Africains.

Une aventure humaine qui a ramené Salem sur le sol Algérien, berceau de la famille Attalah, mais aussi dans tous les pays francophones attirés par le rugby…et la passion de l’arbitrage.

Comment tout a commencé avec Rugby Afrique ?

Salim ATTALAH : « Lors du Tournoi des Tri-Nations du Maghreb, à Oran, en décembre 2017, j’ai été désigné par Rugby Afrique comme arbitre de centre aux côtés de deux assistants, Sénégalais et Tunisien. A la fin des matches comme je le faisais en TOP14, j’ai proposé à mes collègues de revoir la rencontre à la vidéo. Dès les premières images les erreurs de jugement, les miennes comme les leurs, sont apparues évidentes. Ils ont été très surpris par l’exercice que moi je considère comme indispensable pour l’avoir pratiqué pendant de nombreuses saisons. Mais pour eux ce fut une véritable découverte et en même temps un déclic pour moi et mon après carrière. Je cherchais à transmettre mon savoir et à rendre au rugby ce qu’il m’avait apporté, je venais de le découvrir. »

Quel a été le sens de votre démarche auprès de Rugby Afrique ?

Salim ATTALAH : « J’ai rencontré le président, Aziz Bougja, à qui j’ai proposé de contribuer à la formation des arbitres dans les pays francophones. (Tunisie, Maroc, Algérie, Gana, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Sénégal, Gabon, Nigéria, Mali, Madagascar). Mon argument a été de dire : “vous faites venir des techniciens européens qui font progresser les joueurs Africains et le jeu, mais si parallèlement vos arbitres ne sont pas formés en même temps ils seront vite dépassés. “ Le président qui a une vision globale du rugby et des ambitions pour ce sport en Afrique, m’a proposé d’accompagner le développement des arbitres au cours de stages réguliers. J’ai accepté avec enthousiasme ! »

Quelle méthode avez-vous adopté ?

Salim ATTALAH : « Il n’y pas de secret. Tests physiques, vidéo, réunions techniques sur des thématiques précises, communication entre arbitres sur le terrain, l’image de l’arbitre dans la société et sa place lors d’une rencontre. C’est vrai qu’il leur faut assimiler beaucoup de choses mais ils sont tellement avides d’apprendre que les progrès sont déjà sensibles. L’objectif étant de former assez rapidement un groupe élite de 6 arbitres capables d’intervenir lors de matchs importants sur le continent et pourquoi pas ensuite sur notre sol, en championnat de Fédérale voire de PROD2. L’arbitrage africain doit trouver sa place dans le monde du rugby. »

La formation concerne aussi bien les filles que les garçons ?

Salim ATTALAH : « Vous savez, le rugby en Afrique bénéficie d’un vrai capital de sympathie. Le Tournoi International des U 20 (Côte d’Ivoire, Sénégal, Tunisie et Maroc) qui va se dérouler à Monastir est déjà très attendu par tous les amoureux de rugby sur le sol Africain. De même, lors du Tournoi de rugby à 7 féminin de Monastir 16 et 17 septembre 2017, j’ai eu en formation des jeunes femmes arbitres désignées pour la compétition qualificative à la coupe du monde en 2018 à San Francisco. Trois jours de stage intense avant le coup d’envoi des rencontres, avec des jeunes filles motivées, aux cultures parfois très différentes (certaines arbitrent voilées), mais toutes passionnées. Ce stage et ce tournoi ont permis de mettre en valeur et en lumière la femme africaine rugbywomen. Le rugby et l’arbitrage permettent le partage et l’échange, une manière de transmettre des valeurs et un savoir-faire français C’est le sens de ma mission. »

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